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Jeudi,  15 janvier 2026   0:28
La guerre commerciale pire que la pandémie? Critiquée, Wendy Paradis (ACTA) s’explique
Wendy Paradis, présidente de l’ACTA (à gauche), participe à une table ronde aux côtés de Zane Kerby, président et chef de la direction de l’ASTA, lors du Travel Market à Orlando, en Floride. [Pax Global Media]

Critiquée pour des propos qu’elle a récemment tenus au sujet des tarifs douaniers américains dans le cadre d’une table ronde, Wendy Paradis, présidente de l’ACTA, souhaite clarifier ceux-ci.

Rappelons que le 5 juin, lors d’un panel intitulé « Advocacy and Impact » à la conférence Travel Market du American Marketing Group, tenue au Hyatt Regency Grand Cypress Resort à Orlando, en Floride, Wendy Paradis avait déclaré que si les tarifs actuellement en vigueur aux États-Unis devaient se maintenir, leurs effets pourraient être pires que ceux de la pandémie de COVID-19.


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La discussion, suivie par plus de 1 000 professionnels du voyage et couverte par plusieurs publications spécialisées (dont PAX), portait sur les défis actuels de l’industrie du voyage.

Wendy Paradis a alors indiqué que « la principale problématique » pour les agences et conseillers en voyages canadiens résidait dans les répercussions potentielles des droits de douane et des guerres commerciales. Elle a précisé que si les tarifs devaient persister, l’impact serait particulièrement marqué en Ontario et au Québec, où l’industrie du voyage est la plus concentrée.

Elle a aussi évoqué des pertes d’emplois comme principale conséquence de cette situation : « Pour que les gens voyagent, ils doivent avoir un emploi et un revenu discrétionnaire », a-t-elle dit.


Des réactions négatives dans l’industrie

Ces propos, relayés par PAX et d’autres médias spécialisés, ont suscité en grande partie des réactions négatives dans l’industrie.

Une série de commentaires publiés sur la page Facebook de Pax News accusait Mme Paradis de faire preuve de catastrophisme à un moment où, dans l’ensemble, le secteur du voyage est en plein essor.

Plusieurs lecteurs – tant des conseillers que des fournisseurs – ont exprimé leur désaccord avec l’idée que les tarifs douaniers américains puissent être comparés à la pire crise de l’histoire de l’industrie canadienne du voyage.

Les critiques ont aussi résonné lors de la conférence Edge du Travel Leaders Network, cette semaine à Las Vegas, où au moins trois dirigeants, dans des échanges avec PAX, ont exprimé leur désapprobation à l’égard des propos de Mme Paradis.


Une lettre ouverte de Philippe Blain

Au Québec, Philippe Blain, vice-président, Voyage chez CAA-Québec, a publié, le 13 juin, une lettre ouverte dans laquelle il s’oppose frontalement à l’idée que les tarifs douaniers américains pourraient avoir un effet aussi dévastateur que la pandémie.

« Les voyageurs sont toujours en mouvement, les avions volent encore, et les agences continuent de planifier des voyages », écrit M. Blain. Il ajoute que l’industrie est « beaucoup mieux préparée à affronter les fluctuations économiques aujourd’hui qu’en 2020 ».

« C’est ce genre de message que j’aurais aimé entendre de la part de l’ACTA », souligne-t-il.


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Une mise au point de la présidente de l’ACTA

Estimant maintenant que ses propos ont été mal compris, Wendy Paradis souhaite remettre les pendules à l’heure.

Dans une déclaration envoyée par courriel à PAX vendredi matin (13 juin), elle indique que les articles publiés après son intervention au Travel Market « ont donné l’impression que je crois que les conséquences des tarifs pourraient être aussi graves que celles de la pandémie de COVID. »

« Ce que je voulais vraiment exprimer, c’est que les tarifs en vigueur au 4 juin 2025 – s’ils devaient se maintenir – sont prévus pour avoir un effet à long terme sur l’économie canadienne, et non spécifiquement sur l’industrie du voyage », explique-t-elle.

« Je n’ai certainement pas voulu dire que l’impact des tarifs serait plus grave pour l’industrie du voyage que la pandémie de COVID. La pandémie a mis notre industrie à l’arrêt pendant deux ans – il est peu probable que quoi que ce soit puisse égaler cela », poursuit-elle.

Elle reconnaît que cette nuance n’était pas claire lors de son intervention au Travel Market, puisque la discussion était centrée sur le secteur canadien du voyage.

Mme Paradis rappelle néanmoins avoir précisé, lors de sa présentation à Orlando, que les Canadiens ne seraient pas tous touchés de la même manière. En effet, comme l’a rapporté PAX, elle a notamment évoqué la résilience des baby-boomers – « le plus grand groupe de voyageurs au Canada à l’heure actuelle », dont bon nombre ont remboursé leur hypothèque et n’ont plus d’enfants à charge.

« Certains conseillers auront des clients très touchés et incapables de voyager, tandis que d’autres auront des clients moins affectés », résume-t-elle.

Cela dit, Wendy Paradis estime toujours que le ralentissement économique général causé par la guerre commerciale pourrait être plus long que la pandémie (qui a duré environ deux ans) et plus profond. Elle précise que, selon certains analystes, le différend tarifaire pourrait entraîner une perte durable du PIB canadien – contrairement au rebond relativement rapide observé après la pandémie.

« Mon message principal est que tous les Canadiens, et pas seulement les professionnels du voyage, gagneront à porter attention aux scénarios potentiels et à s’y préparer », insiste-t-elle.

« La bonne nouvelle, c’est que de nombreux membres de l’ACTA nous disent depuis plusieurs semaines que l’appétit pour le voyage est bien réel chez leurs clients et que, malgré une certaine prudence, les réservations demeurent solides », conclut Wendy Paradis.


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