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Vendredi,  23 janvier 2026   3:57
La guerre commerciale pire que la pandémie? Philippe Blain (CAA) réplique à Wendy Paradis (ACTA)
Philippe Blain, vice-président, Voyage à CAA-Québec, et Wendy Paradis, présidente de l’ACTA.


Philippe Blain, vice-président, Voyage à CAA-Québec, ne souscrit pas à l’opinion récemment exprimée par Wendy Paradis, présidente de l’ACTA, selon laquelle les tarifs douaniers actuellement en vigueur aux États-Unis pourraient nuire à l’industrie canadienne du voyage encore plus gravement que la pandémie de COVID-19.

Il lui répond par une lettre ouverte que nous publions aujourd’hui.


LIRE PLUS – Wendy Paradis (ACTA): la guerre commerciale pire que la pandémie pour l’industrie?  




Lettre ouverte

Le voyage ne s’arrête pas à la frontière des défis économiques

Les derniers mois ont été rocambolesques pour l’industrie du voyage, en raison de l’incertitude causée par la situation aux États-Unis. Malgré ces aléas géopolitiques, nous continuons d’accompagner les voyageurs dans leurs décisions, comme nous l’avons toujours fait par le passé, et nous remarquons une fois de plus l’engouement pour le voyage. 

C’est ainsi avec surprise que nous avons pris connaissance des propos de Mme Wendy Paradis, présidente de l’ACTA qui affirmait lors de la conférence Travel Market d’American Marketing Group, que l’imposition de tarifs douaniers par le président américain et les conséquences de cette guerre commerciale sur l’économie pourraient affecter l’industrie du voyage au même titre que la pandémie de COVID-19. 

Respectueusement, je ne suis pas d’accord et dirais plutôt que notre industrie a démontré au fil du temps une grande résilience et une incroyable capacité d’adaptation. Malgré les crises économiques mondiales, l’inflation, les préoccupations environnementales, les conflits et les enjeux de sécurité, les gens sont presque toujours restés en mouvement et ont continué de voyager aux quatre coins du monde.

En dépit d’un cycle économique difficile et des perspectives qui poseront assurément certains défis, nous devons rester optimistes, et surtout ne pas laisser entrevoir un horizon aussi sombre que celui dans lequel nous a plongés la pandémie. Il s’agissait d’un arrêt mondial et brutal, unique, et non d’un ralentissement progressif. Des dizaines de milliers d’agents de voyage, de transporteurs et d’entrepreneurs avaient vu leur activité réduite à néant du jour au lendemain, une épreuve qui leur sert aujourd’hui à anticiper les contrecoups de l’actualité mondiale.

Le comportement et l’attitude des consommateurs se verront certes modifiés, les destinations vont probablement changer, mais la situation actuelle et future ne menace ni la liberté de mouvement ni les capacités logistiques fondamentales du secteur. Jusqu’ici, les voyageurs continuent de circuler, les avions de voler, et les agences de planifier des séjours.

D’ailleurs, un sondage sur les intentions de vacances réalisé le mois dernier par CAA-Québec révèle que 18% des Québécois qui prendront des vacances cet été ont l’intention de voyager ailleurs qu’au Canada et aux États-Unis, comparativement à 14% en 2024. De plus lorsqu’on demande aux gens quelles destinations ils ont l’intention de visiter au cours des 5 prochaines années, l’Europe arrive en tête avec 61%, suivi de l’Asie à 23% et de l’Amérique centrale à 18%. Ces chiffres sont semblables aux données recueillies en 2024, ce qui démontre d’une certaine façon la volonté qu’ont les gens de voyager, malgré l’actualité politique et économique. 

J’en appelle ainsi à une mobilisation positive pour accompagner les voyageurs dans cette période d’ajustement avec, entre autres, la valorisation du tourisme local et responsable et la diversification des marchés. La relance postpandémique doit continuer de se faire avec tous les partenaires de notre industrie et les données actuelles nous laissent croire que le chaos du début d’année n’aura certainement pas autant d’impact que cette triste période.

Nous sommes, à mon avis, bien plus préparés à faire face aux soubresauts économiques que nous l’étions en 2020. C’est le message que j’aurais aimé entendre de l’ACTA.

Philippe Blain

Vice-président, Voyage – CAA-Québec 


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