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Samedi,  17 octobre 2026   17:05
Ottawa ouvre la porte au privé à Montréal-Trudeau et dans trois autres grands aéroports canadiens
Toronto Pearson. [Pax Global Media]


Le premier ministre Mark Carney a annoncé, le 15 septembre, que le gouvernement fédéral sollicitera des capitaux privés pour l’exploitation et le développement des quatre plus grands aéroports du pays : Montréal-Trudeau (YUL), Toronto Pearson (YYZ), Vancouver (YVR) et Calgary (YYC).

Présentée au Sommet canadien de l’investissement, à Toronto, cette orientation prévoit le maintien de la propriété fédérale des terrains et des actifs, tout en faisant appel à de nouveaux investisseurs pour les opérations et la croissance des installations.

Selon les précisions rapportées par plusieurs médias, Ottawa envisage de vendre des concessions d’exploitation d’une durée de 35 ou 50 ans. Les investisseurs sollicités pourraient être canadiens ou étrangers.


Consultations à venir

Les quatre aéroports sont actuellement exploités par des administrations sans but lucratif, dans le cadre de baux à long terme avec le gouvernement fédéral. Ces organismes réinvestissent leurs excédents dans leurs installations.

Le ministre des Transports, Steven MacKinnon, a indiqué à La Presse que des consultations auront lieu dans les prochaines semaines auprès des principaux intervenants. Le ministre des Transports, Steven MacKinnon, présenterait les modalités du projet plus tard cet automne.


Réinvestir dans les infrastructures

Mark Carney soutient que cette formule permettra d’améliorer l’expérience des passagers et de mobiliser des capitaux pour d’autres infrastructures, notamment les aéroports régionaux et les transports locaux.

Le premier ministre a également évoqué l’objectif d’offrir des liaisons aériennes régionales et vers les collectivités éloignées de meilleure qualité et plus abordables.

Il a souligné l’expertise des régimes de retraite canadiens qui investissent déjà dans des aéroports à l’étranger. Dans une déclaration transmise à Radio-Canada, La Caisse s’est dite ouverte à examiner les actifs concernés et à mettre son expertise au service des voyageurs et des transporteurs.


ADM se montre ouverte

ADM Aéroports de Montréal, qui gère Montréal-Trudeau et Mirabel, a également réagi à l’annonce.

Selon le communiqué cité par Radio-Canada, ADM voit dans les discussions à venir une occasion de mettre en valeur l’expertise de ses équipes en développement et en exploitation aéroportuaire. L’organisation souligne aussi l’importance de la collaboration annoncée pour la suite du projet.


LIRE PLUS – La privatisation des aéroports entraînerait des hausses des coûts pour les voyageurs



Des coûts pour les voyageurs ?

Le ministre MacKinnon assure que les investisseurs n’auront pas carte blanche. Selon ses propos rapportés par La Presse, le fédéral conservera un droit de regard sur les frais aéroportuaires, avec l’abordabilité parmi ses priorités.

Mark Carney affirme pour sa part que les rendements des investisseurs proviendront principalement des revenus commerciaux, notamment des magasins hors taxes.

Ces assurances interviennent alors que les syndicats dénoncent les risques d’une participation accrue du privé. Comme le rapportait PAX le 14 septembre, le Congrès du travail du Canada (CTC) estime que des investisseurs privés exigeraient une augmentation des revenus aéroportuaires de 15 % à 20 % pour obtenir des rendements concurrentiels.

Le CTC craint que cette recherche de rendement entraîne une hausse des coûts pour les voyageurs et des pressions sur les emplois. Unifor, qui a manifesté devant le sommet le 14 septembre, exprime également des inquiétudes concernant les frais, les salaires et les conditions de travail.






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