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Samedi,  17 octobre 2026   17:59
La privatisation des aéroports entraînerait des hausses des coûts pour les voyageurs, selon le CTC
[Pexels : Berk Aktas]


Le Congrès du travail du Canada (CTC) met en garde contre les conséquences possibles d’une privatisation des aéroports canadiens, qui pourrait, selon lui, faire augmenter le coût des voyages en avion et fragiliser les emplois aéroportuaires.

Dans un rapport publié le 11 septembre, le CTC examine les expériences de privatisation menées en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Portugal, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Il affirme que celles-ci ont eu tendance à entraîner une hausse des frais, des pressions sur la main-d’œuvre et une diminution de la valeur publique à long terme.


Des revenus à accroître de 15 % à 20 %

Selon le rapport, des investisseurs privés exigeraient que les aéroports augmentent leurs revenus de 15 % à 20 % par rapport au modèle actuel afin de produire des rendements concurrentiels.

« Les Canadiennes et Canadiens paient déjà beaucoup trop cher leurs voyages en avion. La privatisation de nos aéroports risquerait d’aggraver le problème », affirme Lily Chang, secrétaire-trésorière du CTC.

Elle soutient que les rendements recherchés par les investisseurs pourraient provenir d’une hausse des prix imposés aux passagers, d’une réduction des coûts de main-d’œuvre et des effectifs, ou de revenus qui seraient autrement demeurés publics.


Les expériences australiennes citées

Pour appuyer sa position, le CTC cite notamment l’expérience de l’Australie. Selon son rapport, les voyageurs et les transporteurs aériens y ont dû payer davantage après la privatisation, tandis que les profits des aéroports augmentaient.

À l’aéroport de Perth, les revenus par passager provenant des transporteurs aériens auraient progressé de plus de 60 % en une décennie. L’aéroport de Sydney aurait pour sa part réduit ses effectifs de 40 % après l’expiration des mesures de protection des emplois mises en place lors de sa vente.

« Le personnel des aéroports du Canada doit déjà composer avec le transfert abusif de contrat, l’externalisation et les pressions visant à réduire les salaires et les effectifs », ajoute Lily Chang.


Le modèle canadien actuel

Les administrations aéroportuaires canadiennes sont actuellement des organismes sans but lucratif qui réinvestissent leurs excédents dans les aéroports. D’après le CTC, les loyers versés par les aéroports procurent également environ 525 M$ par année au gouvernement fédéral.

Le syndicat affirme que le gouvernement fédéral a indiqué à plusieurs reprises qu’il examinait des modèles de privatisation et d’autres formes de propriété. Bien que la privatisation des aéroports ne figure pas officiellement à l’ordre du jour du Sommet canadien de l’investissement, le CTC estime que cette possibilité pourrait faire partie des discussions.

L’organisation demande au gouvernement de rejeter la privatisation et de privilégier plutôt l’abordabilité du transport aérien, l’amélioration des infrastructures et des services ainsi que la création d’emplois syndiqués stables.



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