Politique en matière de cookies

Afin de vous offrir une service optimal, ce site utilise des cookies.
En utilisant notre site, vous acceptez notre utilisation des cookies. En savoir plus

Les agences de la Côte-Nord : Club Voyages Côte-Nord


Les agences de la Côte-Nord : Club Voyages Côte-Nord

Notre journaliste revient de la Côte-Nord où il a rendu visite aux agences actives dans la région. La semaine dernière, il était de passage à Sept-Îles, qui, avec 25 884 habitants, est la principale agglomération régionale. Aujourd’hui, il nous parle de Club Voyages Côte-Nord, où il a rencontré une des copropriétaires, Nadia Bélanger, et les conseillères Paulita Boucher et Betty Wright.

L’agence Club Voyages Côte-Nord est située dans les Galeries Montagnaises, le grand centre d’achat bordant le boulevard Laure, à l’entrée ouest de la ville de Sept-Îles.

Ici, on se trouve dans la réserve d’Uashat, un des deux territoires de la communauté innue de l’agglomération. Mais contrairement à l’autre réserve, celle de Mani-Utenam, qui est gérée par le même Conseil de bande et située, elle, à 15 kilomètres à l’est, Uashat est complètement englobée dans le tissu urbain.

Et, ne serait-ce que de quelques éléments décoratifs inspirés de la culture et des traditions autochtones, le visiteur non averti ne s’apercevrait pas qu’il se trouve au cœur d’une réserve indienne et que le centre d’achats est la propriété des Innus (c’est, avec un volume de ventes annuel de 90 millions $, le plus grand centre commercial autochtone du Canada et un des plus grands de l’agglomération de Sept-Îles).

«Et nous qui travaillons ici, nous n’y pensons même plus, la plupart du temps», observe Nadia Bélanger. «Le centre d’achats est fréquenté indistinctement par des clientèles des deux communautés et, si la majorité de nos clients sont «blancs», comme c’est le cas pour la majorité de la population de la ville, nous en comptons également au sein de la communauté innue. En fait, nous cohabitons harmonieusement depuis la fondation de l’agence, en 1982.»

DSC_2103.jpg Nadia Bélanger, Paulita Boucher et Betty Wright

Nadia Bélanger a fait ses débuts dans l’agence comme conseillère, au milieu des années quatre-vingt-dix. L’agence appartenait alors à la société des Autobus Blais, qui déployait un réseau de transport par autocar dans plusieurs régions du Québec. En 2004, l’entreprise a été rachetée par le Groupe Viens, filiale de la multinationale française Véolia.

«Pour eux, une agence de voyage constituait une incongruité au sein d’un groupe principalement actif dans le transport par autobus», remarque Nadia Bélanger. «Comme ils n’avaient pas envie de gérer une petite entité engagée dans un secteur d’activités qu’ils ne connaissaient pas, il ont mis l’agence en vente. Nous étions alors trois conseillères dans le point de ventes. Mes deux collègues et moi, nous nous sommes associées pour le racheter.»

Depuis le 1er janvier 2005, les trois conseillères, qui voulaient assurer la pérennité de l’entreprise, sont donc copropriétaires de Club Voyages Sept-Îles. Lors de mon passage, les deux autres copropriétaires, Gisèle Proulx et Jacinthe Landry, toutes deux actives dans l’agence depuis 25 ans, étaient en vacances.

Aujourd’hui, Club Voyages Sept-Îles emploie sept personnes (dont deux ne sont actives qu’en haute saison, c’est-à-dire de la mi-août à la mi-avril). La conseillère Paulita Boucher s’occupe essentiellement des comptes commerciaux, qui pèsent pour quelque 35% des activités, tandis que ses collègues se concentrent sur le secteur «loisirs».

«Notre clientèle corporative est assez diversifiées, note Nadia Bélanger. Il y a plusieurs compagnies minières, mais aussi des PME locales, la ville et quelques services gouvernementaux. Le «commercial» nous permet de stabiliser les ventes en basse saison.»

Lorsque nous évoquons Sunwing, qui, en hiver, exploite un vol hebdomadaire au départ de Sept-Îles, la copropriétaire de l’agence constate que ce service est très apprécié par la clientèle.

«La route jusqu’à Québec ou Montréal dans des conditions hivernales, c’est pénible, dit-elle. Par contre, nous n’avons aucun parti-pris pour un grossiste en particulier. Nous vendons autant de Transat ou de Vacances Air Canada. Ma collègue, Jacinthe Landry, accompagne des groupes de Groupes et Cie (anciennement Club Voyages Groupes). Dernièrement, elle en accompagnait un en Afrique du Sud et, en septembre, elle repart en Namibie.»

Lorsque nous évoquons les difficultés économiques qui affectent la Côte-Nord, depuis la chute des prix des matières premières et principalement celui du fer, dont le minerai extrait à Fermont ou au Labrador transite par le port de Sept-Îles, Nadia Bélanger se fait philosophe.

DSC_2019.jpg Vue sur le port de Sept-Îles, depuis l’île de la Grande Basque.

«Nous sommes dans une ville minière et comme le prix du fer a baissé, les compagnies ont procédé à des abolitions de postes, déplore-t-elle. Ces gens quittent la ville pour aller chercher du travail ailleurs, parce qu’ici il n’y en a plus pour eux. Et ceux qui restent voyagent moins, parce qu’ils ont peur pour leur emploi. Mais il s’agit d’un cycle. J’en ai vécu un à la fin des années quatre-vingt-dix. Depuis, nous avons eu le vent dans les voiles et la demande pour les voyages faisait l’objet de hausses continues. Voici deux ans, nous avons replongé dans un creux. Selon moi, nous en avons encore pour deux ans avant de remonter la pente. En attendant, nous nous ajustons en coupant dans la masse salariale, dans la publicité et les commandites.»

Car l’agence a demandé à ses employés de réduire leurs heures de travail.

«Cela nous permet de ne pas effectuer de mises à pied et de garder l’équipe en place jusqu’à ce que la demande reprenne de la vigueur», explique-t-elle.

Indicateur