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Les agences de la Côte-Nord : Club Voyages Baie-Comeau


Les agences de la Côte-Nord : Club Voyages Baie-Comeau

Notre journaliste se trouve actuellement sur la Côte-Nord où il a rendu visite aux agences de Baie-Comeau et de Sept-Îles. Pour cette première d’une série de petits reportages, il a rencontré Nancy Tremblay, propriétaire de Club Voyages Baie Comeau, et quelques membres de son équipe. Seul point de ventes de la ville, qui compte 22 400 habitants, l’agence est située dans la partie commerciale du secteur Hauterive. Il faut savoir que Baie Comeau est le produit de la fusion de deux agglomérations urbaines distantes de cinq kilomètres, l’une de l’autre : Baie Comeau et Hauterive.

Même si Sunwing dessert la Côte-Nord avec un vol vers le Sud au départ de Sept-Îles (à 200 kilomètres de Baie Comeau), depuis février 2009, le voyagiste à la livrée orange n’est pas nécessairement le fournisseur dominant sur la Côte Nord. «Vacances Air Canada nous offre un éventail de départs plus étoffé, avec de bonne correspondances à des tarifs intéressants depuis Baie-Comeau et c’est le grossiste que nous vendons le plus régulièrement pour le Sud», explique Nancy Tremblay, propriétaire de Club Voyages Baie-Comeau. «Sinon les gens sont habitués à faire quatre heures de route jusqu’à Québec, poursuit Nancy Tremblay. Souvent, il y ont de la famille ou des amis et ils en profitent pour les visiter.»

DSC_1988.jpeg Nancy Tremblay, propriétaire de Club Voyages Baie Comeau

Originaire des Forestville (à une centaine de kilomètres à l’ouest), mais installée à Baie Comeau depuis 15 ans, Nancy Tremblay a travaillé pendant 11 ans comme hygiéniste dentaire, avant de racheter l’agence fondée en 1991 par Marie Blais. Contrairement à beaucoup d’autres nouvelles venues dans l’industrie, ce n’est pas parce qu’elle était particulièrement attirée par le domaine du voyage qu’elle est devenue propriétaire d’une agence. «Je voulais devenir propriétaire d’une entreprise et, pour m’y préparer, j’ai suivi des cours de gestion et de comptabilité avec le réseau TELUQ (Télé-université, rattachée à l’Université du Québec), explique-t-elle. Par contre, je ne voulais pas démarrer une entreprise à partir de zéro : je préférais racheter un commerce déjà bien établi. Cependant, je n’avais aucune idée préconçue en ce qui concerne le secteur d’activités. J’ai considéré plusieurs options, avant de, finalement, me décider pour une agence de voyages.» Des agences, il n’y en avait pas des dizaines, à Baie-Comeau. En fait, la ville était desservie par un seul détaillant : Club Voyages Baie-Comeau. «Il y déjà eu deux autres, mais Marie Blais les avait rachetées et intégrées, dit Nancy Tremblay. Club Voyages Baie Comeau n’était pas à vendre, mais lorsque j’ai contacté Marie, elle m’a prêté une oreille attentive. Elle avait commencé à songer à la retraite et, comme elle n’avait pas de relève, elle a fini par accueillir favorablement ma proposition.» Nancy Tremblay est devenue officiellement propriétaire en août 2014.

On peut se demander ce qui a incité une jeune entrepreneure à porter son choix sur un secteur réputé en déclin à cause de la menace Internet? «Le domaine du voyage n’est pas le seul à faire face au défi Internet et les bouleversements qui affectent l’industrie – les coupures de commissions, par exemple – m’inquiétaient beaucoup moins qu’ils n’affectent les professionnels actifs dans le milieu depuis plus longtemps, observe-t-elle. J’avais conscience que bien des secteurs d’activités ont du se remettre en question pour s’adapter aux bouleversements induits par l’Internet et, pour moi, cela faisait partie du risque normal que courent tous les entrepreneurs. Cela m’a contraint à gérer de manière plus serrée, c’est tout. Mais après deux ans, les affaires vont de mieux en mieux.»

Depuis son arrivée à la barre de l’agence, elle a eu à faire face à quelques autres défis. «Baie Comeau a été affectée par des fermetures d’entreprises et des pertes d’emploi, constate-t-elle. Le climat d’incertitude créé par les soubresauts de l’économie a eu un impact sur la demande pour les voyages, naturellement. Mais là, on voit poindre des éclaircies. De nouvelles industries annoncent leur arrivée, notamment une minière qui devrait générer des emplois bien payés.» La minière en question est Mason Graphite, de Laval, qui se prépare à exploiter un des plus importants gisements de graphite au monde, situé au Lac Guéret, à 285 kilomètres de Baie Comeau (et qui sera accessible par la même route que celle qui mène de Baie Comeau à Manic V).

Outre sa propriétaire, qui agit également comme conseillère à temps plein («Je m’acquitte des tâches de gestion et j’assiste aux réunions en dehors des heures normales de travail», explique-t-elle), Club Voyages Baie Comeau emploie quatre agents à temps plein, dont deux – les conseillères Karianne Lévesque et Sherley Harvey – sont affectées aux comptes corporatifs. Même si la ville héberge les usines de deux très grandes entreprises (l’aluminerie d’Alcoa, principal employeur de la région, avec 875 salariés, et la papetière de Produit forestiers Résolu, qui appointe 246 personnes), ce sont surtout des PME qui font organiser leurs voyages par l’agence locale. «Malheureusement, la tendance, chez très grandes entreprises, est de rapatrier tous les comptes «voyages» pour les faire traiter à Montréal par les grandes agences corporatives comme American Express et deux ou trois autres, plutôt que de les confier aux agences locales, comme c’était jadis le cas, déplore Nancy Tremblay. Néanmoins, nous détenons un portefeuille de comptes de PME assez important.» Les comptes commerciaux pèsent pour 30% du chiffre d’affaires de l’agence. En ce qui concerne le secteur «loisirs», le «Sud» intervient pour 70% des ventes, mais il se vend également beaucoup d’Europe et d’Asie, chez Club Voyages Baie Comeau. «Certains de nos agents bénéficient d’une solide expérience», remarque Nancy Tremblay. «Et nous organisons des salons avec la collaboration des grossistes : un salon «Sud» et un salon «Europe» pour lesquels nous faisons monter de Montréal trois ou quatre représentants de voyagistes. Chaque année, nous introduisons une destination de l’Asie ou du Pacifique Sud dans le cadre du salon «Europe». Ainsi, cet automne, un représentant viendra faire une présentation sur la Polynésie.»

DSC_1977.jpeg Dans l’ordre habituel, on reconnaît les conseillers Michel Beaudet, Brigitte Truchon et Karianne Lévesque, en compagnie de Nancy Tremblay

Favorisée par le contexte démographique

Outre les quatre conseillères (et conseiller) à temps plein, l’agence affilie quatre agents externes. Elle est favorisée, puisqu’elle est le seul point de ventes à desservir une population de 29 000 personnes (avec les villages des environs). Rappelons qu’au Québec, on dénombre en moyenne un point de ventes pour 8 000 habitants. De plus, la clientèle vient aussi de Forestville (3 300 habitants) et de la réserve innue de Pessamit (anciennement Bersimis : 2 900 habitants), située à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest. «Je les ai contactés et ils m’ont invitée à venir faire une présentation qui a attiré une quarantaine de personnes, raconte Nancy Tremblay. Depuis nous comptons quelques clients réguliers au sein de la communauté.» Contrairement à ce qui se passe dans les grands centres, la clientèle des moins de 35 ans ne délaisse pas l’agence locale pour réaliser toutes ses transactions sur son smartphone. «Nous avons une importante clientèle de jeunes qui nous fait confiance», assure la propriétaire de Club Voyages Baie Comeau. «Et puis, nous sommes très présents sur Internet. Cinq pour cent de nos transactions se font en ligne. J’ai l’impression que c’est peu, mais à la centrale de Transat Distribution, on m’indique que nous nous classons en septième position parmi les Club Voyages, au chapitre des transactions réalisées en ligne.»

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