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L’UE refuse de suspendre ses contrôles biométriques malgré les craintes de files d’attente
L’Union européenne (UE) a rejeté les appels des compagnies aériennes et des aéroports à suspendre le déploiement de son nouveau système biométrique de contrôle aux frontières, tout en reconnaissant l’existence d’une vingtaine de « points difficiles » – sur 1500 points de passage frontaliers – où de longues files d’attente et des problèmes opérationnels sont attendus, rapporte le Guardian.
À un peu plus d’une semaine du début de la haute saison estivale, des responsables européens ont reconnu, selon le quotidien britannique, que le système d’entrée et de sortie (EES) n’était « pas parfait », tout en soutenant qu’une suspension complète n’était ni nécessaire ni réalisable.
Rappelons que l’EES exige des voyageurs non ressortissants de l’UE qui entrent pour la première fois dans l’espace Schengen qu’ils enregistrent leurs empreintes digitales et leur image faciale.
Ces données biométriques sont ensuite utilisées pour vérifier leur identité chaque fois qu’ils quittent l’espace Schengen et y reviennent.
L’industrie du voyage a averti que le nouveau système pourrait entraîner d’importants retards à certaines des principales portes d’entrée touristiques d’Europe.
L’industrie réclame un report
La semaine dernière, le Conseil international des aéroports (ACI), Airlines for Europe (A4E) et l’Association du transport aérien international (IATA) ont demandé à l’UE de reporter la mise en œuvre des nouveaux contrôles jusqu’à l’été prochain, craignant que le système ne perturbe les déplacements pendant les mois les plus achalandés de l’année.
L’IATA a indiqué que des passagers subissaient déjà des retards et rataient des correspondances dans des aéroports du Portugal, de l’Espagne, de l’Italie, de la Grèce et de la Belgique.
Des responsables de l’UE ont indiqué que l’un des principaux goulots d’étranglement s’était produit dans un petit aéroport régional, où environ 3000 passagers sont arrivés en une seule heure sans pouvoir être traités rapidement, puisque seulement quatre postes de contrôle biométrique étaient disponibles.
Ils ont également précisé que cette congestion était largement saisonnière, l’aéroport desservant une destination touristique populaire et n’étant confronté à ces difficultés que « deux ou trois mois par année ».
Selon le Guardian, les responsables ont ajouté que l’aéroport de Lisbonne avait déjà réduit les temps d’attente en affectant du personnel supplémentaire, tandis que l’aéroport de Bruxelles devait recevoir 50 agents additionnels de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) afin de mieux gérer les flux de passagers.
Malgré les nombreuses préoccupations, des responsables européens ont affirmé que le système ne pouvait pas être suspendu dans certains pays tout en demeurant opérationnel dans d’autres. Une telle approche risquerait, selon eux, de créer la « situation regrettable de voyageurs bloqués aux postes-frontières ».
L’ETIAS ne serait pas lancé avant 2027
En revanche, l’UE envisagerait de reporter l’entrée en vigueur d’un autre dispositif européens lié aux voyageurs non européens : le Système européen d’information et d’autorisation concernant les voyages (ETIAS). Contrairement à l’EES, qui enregistre les entrées et sorties au moyen de données biométriques aux frontières, l’ETIAS est une autorisation de voyage préalable à obtenir en ligne avant le départ.
Selon un article du Financial Times, l’ETIAS ne serait pas lancé avant 2027.
WTTC : jusqu’à 41 millions d’arrivées potentiellement à risque
Des recherches du Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC) indiquent que des retards prolongés aux frontières associés au déploiement de l’EES pourraient avoir des répercussions importantes sur le tourisme international.
Selon les résultats publiés plus tôt ce mois-ci, si les voyageurs devaient régulièrement subir des délais de trois à quatre heures à leur entrée dans les pays de l’espace Schengen, environ le tiers seraient beaucoup moins susceptibles de se rendre dans la région ou choisiraient carrément d’autres destinations.
Appliquées aux projections d’arrivées de visiteurs pour 2026, ces réponses représentent un impact potentiel pouvant atteindre 41 millions d’arrivées et 45,4 milliards de dollars en dépenses touristiques à risque.
« L’introduction de l’EES constitue une étape importante dans la modernisation des frontières européennes et le renforcement de la sécurité », a déclaré Gloria Guevara, présidente et cheffe de la direction du WTTC.
« Nos recherches montrent clairement que les voyageurs appuient les systèmes frontaliers numériques et biométriques et comprennent les avantages à long terme qu’ils peuvent offrir », a-t-elle ajouté.
Selon Gloria Guevara, comme pour toute transformation majeure, des problèmes de mise en route sont inévitables.
« Le défi n’est maintenant pas de déterminer si l’EES doit aller de l’avant, mais plutôt de voir comment les gouvernements, les autorités frontalières et le secteur du voyage et du tourisme peuvent travailler ensemble afin que sa mise en œuvre soit aussi fluide que possible », a-t-elle déclaré.
La « bonne nouvelle », selon elle, est que « des solutions existent déjà ».
« En utilisant davantage les outils numériques de préenregistrement, en améliorant les communications avec les voyageurs et en assurant la préparation opérationnelle aux points de passage frontaliers, l’Europe peut réduire les irritants et offrir l’expérience fluide à laquelle les voyageurs s’attendent », a conclu Gloria Guevara.
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