Politique en matière de cookies

Afin de vous offrir une service optimal, ce site utilise des cookies.
En utilisant notre site, vous acceptez notre utilisation des cookies. En savoir plus

Dimanche,  9 août 2026   21:39
Europe : les réserves de carburéacteur tombent à un niveau critique
[Pax Global Media]


L'Europe amorce la haute saison des voyages avec moins d'un mois de réserves de carburéacteur, ce qui la rend plus vulnérable à d'éventuelles perturbations de l'approvisionnement alors que les tensions au Moyen-Orient continuent d'affecter les marchés mondiaux de l'énergie.

Selon l’agence Reuters, l'Europe fait actuellement face au marché du carburéacteur le plus tendu parmi les grandes régions aéronautiques du monde.

Le cabinet-conseil Energy Aspects estime que le continent disposait d'environ 38 millions de barils de carburéacteur au début de juin, soit moins de 30 jours de consommation. À titre de comparaison, les États-Unis détenaient environ 99 millions de barils.


Des tensions persistantes autour du détroit d'Ormuz

Les difficultés d'approvisionnement surviennent alors que la reprise des combats autour de l'Iran ravive les inquiétudes concernant les expéditions transitant par le détroit d'Ormuz, une voie maritime essentielle par laquelle transite habituellement environ le cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié transportés par voie maritime dans le monde.

Bien que le détroit ait été partiellement rouvert en juin à la faveur d'un cessez-le-feu temporaire, de nouvelles frappes militaires en juillet ont de nouveau soulevé des préoccupations quant à la fiabilité des livraisons de carburant.

Pour limiter les effets de cette situation, l'Europe a accru la production de ses raffineries, puisé dans ses stocks et augmenté ses importations de carburéacteur en provenance des États-Unis et de l'Asie.

Les analystes estiment toutefois que ces mesures ne procurent qu'un répit limité. Energy Aspects prévoit un déficit d'approvisionnement d'environ 600 000 barils par jour au troisième trimestre, alors que les États-Unis et la région Asie-Pacifique devraient demeurer en situation de surplus.

Le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne figurent parmi les marchés les plus exposés, plusieurs décennies de fermetures de raffineries ayant accru la dépendance de l'Europe envers les importations provenant du Moyen-Orient via le détroit d'Ormuz, rapporte Reuters.

La Commission européenne a également averti que les approvisionnements pourraient se resserrer davantage au plus fort de la saison estivale.

En juin, le commissaire européen à l'Énergie, Dan Jørgensen, avait indiqué que Bruxelles était prête à coordonner, au besoin, la libération des réserves nationales de carburant.

Avant l'intensification du conflit plus tôt cette année, environ la moitié du carburéacteur importé par l'Europe provenait du Moyen-Orient. Depuis, les fournisseurs ont diversifié leurs sources d'approvisionnement. Selon la firme d'intelligence des marchés des matières premières Kpler, l'Europe a importé un volume record de 673 000 barils de carburéacteur par jour en juin.

Les États-Unis et le Nigeria sont devenus les principaux fournisseurs du continent au cours du mois, tandis que le Canada, l'Inde, le Koweït et la Corée du Sud ont également accru leurs exportations.


Une pression accrue sur les transporteurs

Malgré ces efforts, les transporteurs aériens continuent de subir une forte pression financière.

L'Association du transport aérien international (IATA) indique que les prix du carburéacteur ont plus que doublé par rapport à l'an dernier, tandis que ceux du pétrole brut ont augmenté d'environ 43 %.

Le carburant représente généralement entre 20 % et 25 % des coûts d'exploitation d'une compagnie aérienne, de sorte qu'une hausse prolongée des prix peut rapidement réduire sa rentabilité.

Cette hausse survient également alors que les transporteurs européens se préparent à respecter les exigences du règlement ReFuelEU, qui prévoit une augmentation progressive de l'utilisation de carburants d'aviation durables (Sustainable Aviation FuelSAF).

Selon le média Simple Flying, la combinaison de la hausse des prix du carburant conventionnel et des obligations liées au SAF accentue la pression sur les marges des compagnies aériennes.

Même si les prix de gros du carburéacteur dans le nord-ouest de l'Europe ont reculé par rapport aux sommets atteints en mars, les analystes estiment que les voyageurs ne devraient pas s'attendre à une baisse des tarifs aériens.

La vigueur de la demande et la capacité limitée des transporteurs devraient maintenir les prix des billets à un niveau élevé. Les compagnies pourraient également imposer des surcharges carburant ou réduire certaines dessertes long-courriers si les conditions d'approvisionnement se détériorent.



Pour toute l’actualité du voyage : abonnez-vous à PAX.



Indicateur