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Vincent Bolduc : qu’est-ce que bien connaître un pays?


Vincent Bolduc : qu’est-ce que bien connaître un pays?

«Je ne peux pas promettre à un client que je vais lui assurer un service de qualité s’il me demande de lui organiser un voyage dans un pays que je ne connais pas», remarque Vincent Bolduc, propriétaire de l’agence Espace Sélect, à Montréal. Pour lui, «bien connaître un pays», ce n’est pas en avoir arpenté les principaux points d’intérêts touristique pendant huit jours à la faveur d’un voyage de familiarisation. C’est y avoir séjourné plusieurs semaines et y être retourné plusieurs fois.

Ainsi, Vincent Bolduc calcule qu’en cumulant ses voyages au Bostwana, en Namibie, en Afrique du Sud, en Tanzanie, au Kenya et dans quelques autres pays d’Afrique subsaharienne, il a passé un peu plus de trois ans sur ce continent. La plupart du temps, à titre de guide pour le Club Aventure et pour Explorateur. Il a accompagné des groupes pour ces agences dites «d’aventure», sans discontinuer pendant huit ans. Après des études de sciences politiques à l’Université Laval, il a successivement lancé une maison d’édition de manuels scolaires, puis une entreprise de pavage. «Mais dans le domaine de la construction, on ne travaille que six mois par année», rappelle-t-il. «Pour meubler le reste de mon temps, je suis allé voir Roger Bérubé, propriétaire de l’agence du Club Aventure à Québec et je lui ai dit que j’aimerais accompagner des voyages. Il cherchait un guide accompagnateur pour un groupe qui devait partir en Égypte la semaine suivante et il m’a engagé.»

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C’était en 1999. Vincent, qui avait 27 ans, à l’époque, ne savait pas vraiment à quoi s’attendre. «Les gens qui accompagnent des groupes pour le Club Aventure ne sont pas seulement des accompagnateurs : il doivent aussi servir de guide, c’est-à-dire dispenser les explications d’usage», explique-t-il. «Pour ce voyage en Égypte, nous avions un guide local à Louxor, où la concentration de sites exige une somme d’explications qui n’est pas à la portée d’un amateur, mais pour le reste, c’est moi qui devais fournir les commentaires. Et je devais aussi trouver les restaurants sur place, ce qui n’a pas été une sinécure, car nous y étions pendant le Ramadan et plus de la moitié des restaurants étaient fermés pendant la journée. Alors, la nuit, je lisais jusqu’à 4h du matin pour préparer les explications du lendemain et, après, je marchais pendant deux heures pour trouver les restaurants. Sur le mont Sinaï, nous avons dû patauger dans la neige. J’avais 14 voyageurs qui, heureusement, se sont montrés très compréhensifs. Et satisfait, car ils avaient eu ce qu’ils recherchaient : sortir de leur routine quotidienne et avoir l’impression de dépasser leurs limites.»

Des voyages «sur mesure» pour individuels

Depuis, Vincent Bolduc a accompagné 54 groupes en Égypte. Outre ce pays et quelques autres du Moyen-Orient, il a développé une solide expertise sur la majorité des autres pays du continent africain, ce qui lui a donné l’idée de lancer sa propre agence : Espace Sélect.

«J’avais constaté que la clientèle était vieillissante et que, si elle appréciait l’aventure le jour, elle voulait le grand confort le soir», raconte-t-il. «J’ai donc élaboré un projet en ce sens pour le Club Aventure, mais nous ne nous sommes pas entendus. Après un séjour d’un an chez Explorateur, comme guide accompagnateur, j’ai lancé Espace Sélect en 2008, en retenant la même formule, avec des hôtels de catégorie quatre ou cinq étoiles au lieu des une ou deux étoiles de mes débuts.»

Mais l’offre avait commencé à excéder la demande. Les agences spécialisées dans le créneau «aventure» s’étaient faites plus nombreuses et chacune éprouvait de plus en plus de difficultés à compléter ses groupes. «Alors qu’un groupe n’est vraiment rentable qu’à 12 voyageurs, nous nous retrouvions avec cinq ou six inscriptions. J’ai persisté pendant trois ans et puis j’ai abandonné l’idée de commercialiser des groupes pour proposer plutôt des voyages sur mesure pour individuels.»

Depuis 2011, Espace Sélect propose des voyages individuels sur mesure essentiellement en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie. «Chaque année, nous envoyons entre 500 et 600 clients sur des safaris photos. Ce qui s’avère rentable, car le forfait moyen, qui inclut l’hébergement en lodge quatre étoile et un guide francophone coûte 5 000 $ par personne, sur la base de deux voyageurs, avion non inclus.» L’agence emploi trois personnes, dont une à temps partiel. Si Vincent Bolduc se réserve l’Afrique et le Moyen-Orient, l’autre conseiller à plein temps, Jérôme Klein, se spécialise sur les autres destinations : Asie et Pacifique Sud. «Nous vendons des produits plus traditionnels, mais seulement à nos clients habituels. Ainsi, ce matin, j’ai vendu un Club Med à un client qui m’achète pour 10 000 $ de voyages par an.» Espace Select a commencé à proposer ses services aux agences de voyages. «L’avantage que nous détenons sur d’autres voyagistes, c’est que nous offrons davantage de flexibilité», assure Vincent Bolduc. «Nous sommes en mesure de fournir un devis détaillé pour la plupart des destinations «hors des sentiers battus», en 24 heures. Sauf pour quelques pays rarement demandés comme l’Azerbaïjan! Actuellement, nous travaillons avec une demi-douzaine d’agences traditionnelles qui n’ont pas le temps de développer leurs propres produits. Nous leur proposons des prix nets très raisonnables qui leur permettent d’arriver aux mêmes tarifs que les nôtres s’ils les majorent d’un pourcentage équivalent à la commission habituelle.»

Bloqués dans la neige en Chine!

Vincent Bolduc, qui a 84 pays et une quantité impressionnante «d’accompagnements de groupes» à son actif, n’accompagne plus beaucoup. Et il en éprouve une certaine nostalgie. «J’ai eu la chance de tomber la plupart du temps sur des voyageurs sympathiques capables de s’accommoder de situations difficiles, dit-il. Ainsi, voici quelques années, je me suis retrouvé coincé avec un groupe dans un autobus près de Lijiang, dans l’Ouest de la Chine. Nous étions en montagne, il neigeait et il faisait moins deux degrés. Il y avait des travaux et la route était bloquée. Nous venions de faire 12 heures de bus depuis Dali. Nous y sommes restés deux jours. J’ai voulu affréter un hélicoptère de l’armée et les Chinois ont trouvé ça bien drôle, mais ils ont refusé. Nous devions marcher deux kilomètres dans la neige pour aller manger chez l’habitant. Mais les gens du groupe ont trouvé ça très amusant. «L’aventure», disaient-ils! La dernière nuit, nous avons dormi chez l’habitant. Tout le monde en a gardé un excellent souvenir.»

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