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Le conseil de Transat hausse le ton contre PKP et appelle les actionnaires à voter bleu
À l’approche de son assemblée annuelle du 6 mars, Transat publie une lettre aux actionnaires dans laquelle le conseil hausse le ton face à Financière Outremont, société contrôlée par Pierre Karl Péladeau.
La lettre met en avant « la dynamique de relance de Transat, la solidité de son bilan, l'amélioration de ses résultats financiers et l'exécution rigoureuse de sa stratégie claire ».
L’entreprise exhorte de nouveau ses investisseurs à voter en faveur de ses huit candidats avant l’échéance du 6 mars.
Transat soutient que son assemblée annuelle et extraordinaire survient « à un moment charnière », alors que son plan de relance commence, selon elle, à produire des « résultats tangibles ».
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Selon PKP, Transat a besoin d’une réforme de la gouvernance
Cette lettre s’inscrit dans un affrontement public amorcé ces dernières semaines entre Transat et PKP.
Dans une précédente communication, l’actionnaire activiste avait soutenu que Transat était « prise en otage » et plaidé pour une réforme de la gouvernance, notamment par une représentation accrue au conseil dans le cadre d’une course aux procurations en vue de l’assemblée annuelle.
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Selon Transat, PKP veut 50 % des sièges avec moins de 10 % du capital
Dans la lettre aux actionnaires – signée par la présidente du conseil, Susan Kudzman –, Transat fait valoir que Financière Outremont, qui détient moins de 10 % des actions en circulation, cherche à obtenir le « contrôle effectif » de Transat, et ce, « sans détenir de participation proportionnelle, sans payer de prime ni offrir de plan concret et réalisable ».
Selon la lettre, Financière Outremont propose d’obtenir trois des six sièges du conseil, dont celui de président, soit 50 % des sièges, malgré sa participation inférieure à 10 % du capital.
Le conseil estime qu’il s’agit d’une tentative d’obtenir un « contrôle sans contrepartie appropriée » et sans contribution en capital ni plan opérationnel détaillé.
Un « risque opérationnel réel »
Transat affirme avoir offert à Financière Outremont une représentation correspondant à sa participation minoritaire, soit un siège au conseil, assorti d’une entente de soutien et de vote selon des conditions usuelles. Cette proposition aurait été rejetée.
La société soutient que l’introduction d’une « perturbation importante de la gouvernance » créerait un « risque opérationnel réel » en détournant l’attention de l’exécution du plan de transformation.
Transat recommande donc aux actionnaires de voter en faveur des huit candidats proposés par le conseil et d’utiliser la « procuration SUR PAPIER BLEU » avant la date limite du 6 mars.
« Il s’agit d’un moment crucial pour Transat », écrit Susan Kudzman, qui affirme que le conseil demeure concentré sur l’exécution d’un plan « qui donne des résultats mesurables » et qui vise une création de valeur durable à long terme.
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Des offres à 0,80 $ et 1 $
La lettre aux actionnaires de Susan Kudzman revient également sur les tentatives antérieures d’acquisition attribuées à M. Péladeau.
Transat indique qu’en 2024 et 2025, plusieurs offres non contraignantes et hautement conditionnelles ont été soumises, dont une évaluant l’action à 0,80 $ et une autre évaluant l’équité de Transat à 1 $.
Le conseil affirme avoir rejeté ces propositions, qu’il qualifie de sous-évaluées, au profit d’un plan de restructuration soutenu par le gouvernement fédéral.
La société rappelle qu’en juillet 2025, elle a restructuré sa dette fédérale, la faisant passer d’environ 772 millions de dollars à 334 millions de dollars, tout en réduisant les frais d’intérêt annuels d’environ 45 millions de dollars, soit environ 90 %. Transat affirme également avoir enregistré un BAIIA ajusté record en 2025 et réduit fortement son flux de trésorerie négatif.
Entreprise familiale et société cotée
Dans sa lettre, le conseil soutient que les trois candidats proposés par Financière Outremont « ne sont pas indépendants » et sont liés par des relations de longue date.
Le texte ajoute qu’une structure de gouvernance « informelle axée sur les actionnaires » ne serait pas adaptée à une société aérienne cotée en bourse.
« Ce qui peut fonctionner dans une entreprise familiale ne s’applique pas à une société aérienne cotée en bourse où l’indépendance, la diversité des points de vue et la responsabilité sont essentielles à la sécurité, au respect de la réglementation et à la création de valeur à long terme », peut-on lire.
Selon le conseil, un remaniement de la gouvernance sans stratégie claire introduirait de l’incertitude et retarderait la prise de décision.
Maintenir l’élan de la relance
Transat affirme avoir atteint un « point d’inflexion » dans sa relance après la pandémie, la transaction avortée avec Air Canada et la restructuration de son bilan.
La société soutient que le cours de son action, au cours des 12 derniers mois, a surpassé celui d’Air Canada et celui de l’indice composé S&P/TSX.
Le conseil propose de fixer le nombre minimal d’administrateurs à 8 et maximal à 15 et demande aux actionnaires de voter en faveur des huit candidats présentés par Transat.
« Cette course aux procurations offre un choix clair », écrit Mme Kudzman, en opposant le maintien du plan de relance en cours d’exécution à « un contrôle disproportionné d’un seul actionnaire sans contrepartie appropriée ».
L’issue du vote sera connue lors de l’assemblée annuelle. Entre-temps, la bataille de gouvernance entre Transat et Financière Outremont se poursuit.
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