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À l’approche du vote du 10 mars, Transat conteste les accusations de PKP et remet son plan de l’avant
À quelques semaines de son assemblée annuelle et extraordinaire prévue le 10 mars à Montréal, Transat A.T. hausse le ton dans la contestation qui l’oppose à son deuxième actionnaire en importance, Financière Outremont, contrôlée par Pierre Karl Péladeau.
Les critiques formulées par PKP : « Transat prise en otage »
Dans une lettre datée du 16 février, M. Péladeau affirme que Transat affiche « la pire performance financière de l’industrie » et que le titre a subi une chute marquée en Bourse.
Il remet aussi en cause l’entente conclue avec le gouvernement fédéral en 2025. PKP qualifie cette entente de situation où Transat serait « prise en otage », puisque l’État y jouerait à la fois le rôle de créancier majeur et d’autorité réglementaire.
« Transat devrait nous revenir, nous appartenir, à toutes et à tous. Les Québécoises et les Québécois ont le droit d’avoir leur entreprise aérienne, d’être respectés et satisfaits de la qualité de ses produits et de ses services », plaide-t-il.
M. Péladeau soutient également que le conseil d’administration et la direction ont conduit la société au « pire bilan de l’industrie », à des « relations de travail ardues » et à une absence d’investissements au bénéfice des clients.
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Transat répond point par point
En réponse, Transat a transmis une lettre aux actionnaires et aux médias, un document visant à assurer qu'ils « disposent d’un contexte clair et factuel » et à réfuter, point par point, ce qu’elle qualifie de déclarations « trompeuses, inexactes et incomplètes ».
● Performance financière et évolution du titre
Transat soutient que la performance récente de son action a surpassé celle d’Air Canada et de l’indice composé S&P/TSX au cours de la dernière année. La société estime par ailleurs que l’utilisation de 2020 comme point de départ pour mesurer la performance sur cinq ans crée une comparaison biaisée, en raison de la fermeture prolongée des frontières canadiennes et de l’impact majeur de la pandémie sur les voyages de loisirs.
La direction rappelle aussi que la restructuration de la dette conclue avec le gouvernement fédéral en juillet 2025 a été suivie d’une hausse d’environ 70 % du cours de l’action dans la semaine suivant l’annonce du refinancement.
● Entente fédérale et dette
Concernant l’entente de financement avec le gouvernement fédéral, Transat indique que la dette a été réduite de moitié en 2025, ce qui aurait permis de diminuer les charges d’intérêt de 45 M$ par année.
La société reconnaît qu’il est exact de dire que 0,50 $ investi sert au remboursement de la dette fédérale, mais précise que les montants ainsi remboursés redeviennent disponibles sous forme de crédit en vertu d’une marge de crédit et n’affectent donc pas la trésorerie.
Transat rappelle que la Cour supérieure a rejeté en juillet 2025 la requête de M. Péladeau visant notamment la question d’un vote des actionnaires sur cette entente.
● Gouvernance et siège offert
Alors que M. Péladeau soutient que le conseil d’administration actuel a failli à sa responsabilité, Transat affirme pour sa part qu’un renouvellement ordonné du conseil est en cours depuis 2022, avec un taux de renouvellement d’environ 70 % entre 2022 et 2026.
La proposition soumise aux actionnaires prévoit de réduire la taille du conseil de 11 à 8 membres et d’y intégrer quatre nouveaux administrateurs indépendants, dont certains possèdent une expertise opérationnelle au sein de compagnies aériennes internationales.
Transat indique également avoir offert un siège au conseil à Financière Outremont. Selon la société, les conditions associées à cette offre correspondaient à des dispositions standards exigées d’un actionnaire activiste, incluant un engagement de soutien au vote et une période de calme visant à éviter une nouvelle contestation par procuration. Financière Outremont aurait décliné cette proposition.
● Offres d’achat et création de valeur
Transat mentionne par ailleurs que M. Péladeau a déposé plusieurs offres d’achat qui sous-évaluaient lourdement les actions de la société, certaines évaluant l’action à 1 $ et proposant un processus de restructuration supervisé par le tribunal. De telles propositions auraient, selon la direction, détruit ou éliminé la valeur des actions.
La société affirme qu’aucun plan stratégique ou opérationnel détaillé n’a été présenté par Financière Outremont concernant la stratégie de flotte, le financement, les partenariats, les relations de travail ou la création de valeur pour l’ensemble des actionnaires.
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Le plan de redressement « porte ses fruits »
Transat met de nouveau de l’avant son plan de redressement déjà en cours d’exécution, qui, selon elle, « porte ses fruits », comme en témoigneraient les résultats de l’exercice financier 2025.
Parmi les jalons évoqués figurent l’exécution du programme Élévation, qui vise environ 100 millions de dollars d’amélioration du résultat opérationnel ajusté d’ici le milieu de 2026, l’ajout de nouvelles destinations afin de réduire la saisonnalité, ainsi que l’accroissement de la capacité en Afrique, en Europe et en Amérique du Sud.
La société mentionne également l’amélioration de la disponibilité de ses appareils après un enjeu mondial touchant certains types de moteurs Pratt & Whitney, l’expansion de la coentreprise avec Porter et l’élargissement de ses accords de partage de codes et d’interligne, de même que le lancement d’un programme de fidélité en collaboration avec Desjardins.
Les actionnaires sont appelés à se prononcer lors de l’assemblée du 10 mars, le vote devant être exercé avant le 6 mars à 9 h, heure de Montréal.
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