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Vendredi,  16 octobre 2026   20:19
Carburant, Cuba et concurrence mettent Transat sous pression: perte de 106 M$ au 3e trimestre
Annick Guérard, présidente et cheffe de la direction de Transat.


Transat A.T. a enregistré une perte nette de 106,6 M$ au troisième trimestre de son exercice 2026, alors que la hausse persistante du prix du carburant, la suspension des vols vers Cuba et la concurrence ont pesé sur ses résultats.

Les revenus de l’entreprise ont néanmoins augmenté de 3 % pour atteindre 792,7 M$, comparativement à 766,3 M$ au même trimestre l’an dernier. Cette progression s’explique notamment par une hausse de 6 % du trafic et de la capacité offerte.


Le carburant, principal facteur

Selon Annick Guérard, présidente et cheffe de la direction de Transat, la hausse du carburant constitue la principale cause de la détérioration des résultats.

« Les résultats du troisième trimestre ont été fortement affectés par la hausse soutenue des prix du carburant, qui sont demeurés élevés bien au-delà de nos prévisions et ont représenté le principal facteur à l’origine de la baisse de notre rentabilité », affirme-t-elle.

Sur une base brute, les dépenses de carburant ont augmenté de 105 M$ par rapport au même trimestre de 2025, en raison d’une hausse de 56 % des prix. Transat évalue à environ 175 M$ l’incidence cumulative de cette augmentation depuis le début de la crise du carburant.

« Malgré la croissance des revenus découlant de l’ajout de capacité, les conditions concurrentielles du marché ont limité notre capacité à transférer aux clients la hausse des coûts de carburant », poursuit Mme Guérard.

Selon elle, cette situation a entraîné une baisse du coefficient d’occupation – établi à 84,7 %, contre 85 % un an plus tôt – ainsi que des revenus aériens unitaires.


Un indicateur en recul...

Le BAIIA ajusté – un indicateur servant à mesurer la rentabilité des activités courantes – s’est établi à -0,9 M$ au troisième trimestre de 2026. Il avait atteint 81,2 M$ au T3 2025.

Transat attribue principalement cet écart au carburant, à la hausse des salaires découlant de la nouvelle convention collective des pilotes et aux répercussions de la suspension des vols vers Cuba.

La comparaison avec le résultat net de 2025 doit toutefois tenir compte d’un élément exceptionnel. Transat avait alors affiché un bénéfice net de 399,8 M$, comprenant un gain non récurrent de 345,1 M$ lié à l’extinction d’une dette à long terme.


L'effet de la suspension de Cuba

La suspension des vols vers Cuba a réduit les revenus trimestriels de Transat de 35 M$. Sur les neuf premiers mois de l’exercice, son incidence atteint 116 M$.

Transat évoque également des inefficiences découlant du redéploiement d’une partie de la capacité initialement destinée à Cuba. Les difficultés persistantes liées aux moteurs GTF de Pratt & Whitney, la concurrence et la conjoncture économique ont aussi freiné ses résultats.

Sur les neuf premiers mois de l’exercice, les revenus de Transat ont atteint 2,69 G$, en hausse de 2 %, tandis que son BAIIA ajusté a reculé de 199,6 M$ à 11,9 M$.


400 M$ en mécanismes de financement

Pour renforcer ses liquidités, Transat a entièrement utilisé le Mécanisme de liquidités pour la résilience du secteur aérien (MLRSA), d’une valeur de 150 M$. L’entreprise a également obtenu, après la fin du trimestre, un financement additionnel de 250 M$ auprès de la Corporation de financement d’urgence d’entreprises du Canada (CFUEC), dans le cadre de son entente existante de Crédit d’urgence pour les grands employeurs (CUGE).

« Nous sommes reconnaissants du soutien fourni par la CFUEC, qui nous procure des liquidités et une souplesse financière additionnelles pour composer avec cette conjoncture difficile », souligne Annick Guérard.

Au 31 juillet, Transat disposait de 243 M$ en trésorerie et équivalents de trésorerie. Les dépôts versés par les clients pour des voyages à venir atteignaient pour leur part 847,4 M$.


Programme de récompenses et cabines modernisées

Malgré ce contexte, Transat maintient ses deux principales initiatives stratégiques.

« Nous demeurons concentrés sur le rétablissement de la rentabilité de Transat. Nous continuons de prendre des mesures concrètes pour réduire nos coûts et améliorer notre productivité », indique Mme Guérard.

La dirigeante confirme ainsi le lancement du programme de récompenses de Transat d’ici la fin de 2026. La modernisation des cabines, qui doit permettre d’accroître substantiellement l’offre Premium, demeure prévue à compter du second semestre de 2027.

Pour le quatrième trimestre, Transat prévoit augmenter sa capacité de 2 % par rapport à 2025. À ce jour, le coefficient d’occupation prévu est supérieur de 0,6 point à celui observé à la même période l’an dernier, tandis que les revenus aériens unitaires demeurent globalement comparables.



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