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«C’est vraiment stressant»: une conseillère confrontée à la nouvelle règle pour les citoyens canado-britanniques
Depuis mercredi (25 février), les Canadiens qui prévoient voyager au Royaume-Uni doivent obligatoirement obtenir une autorisation électronique de voyage (ETA) avant d’entrer dans le pays.
Le gouvernement britannique affirme que la demande peut être remplie rapidement via un système en ligne.
Toutefois, la situation est plus complexe pour les citoyens ayant la double citoyenneté. Les Canadiens qui détiennent également la citoyenneté britannique — ainsi que les conseillers en voyages qui les accompagnent — tentent désormais de comprendre et de respecter ces nouvelles exigences.
À la fin du mois dernier, Tara Stringer, directrice adjointe et conseillère en voyages senior chez Marlin Travel à Peterborough (Ontario), venait tout juste de réserver un voyage à Manchester en avril pour un couple de clients âgés de la fin soixantaine lorsqu’elle s’est heurtée à un obstacle inattendu environ une semaine plus tard.
Le problème? Toute personne considérée comme citoyen à double nationalité — par exemple quelqu’un né au Royaume-Uni, ou dans certains cas une personne dont les parents étaient citoyens britanniques au moment de sa naissance — ne peut pas demander une ETA. Les citoyens à double nationalité doivent plutôt obtenir un passeport britannique s’ils souhaitent voyager au Royaume-Uni, indique un avis publié sur le site du gouvernement britannique.
La même exigence s’applique également aux personnes qui détiennent la double citoyenneté canadienne et irlandaise.
Les clients de la directrice, nés au Royaume-Uni, vivent au Canada depuis plus de 50 ans et ont laissé expirer leur passeport britannique. À un peu plus d’un mois de leur départ, ils doivent maintenant obtenir un nouveau passeport britannique pour se conformer aux exigences mises à jour.
« Nous n’étions absolument pas au courant. Cela n’a pas été très bien publicisé — surtout auprès des Canadiens », a déclaré Tara Stringer à PAX lors d’un entretien téléphonique jeudi (26 février).
Le processus est particulièrement stressant pour ses clients, qui sont âgés et peu à l’aise avec les démarches numériques.
« C’est très stressant pour eux. Ils voyagent à Manchester pour rendre visite à leur famille. Ce sera peut-être l’un de leurs derniers voyages », a expliqué la directrice et conseillère.
Il existe d’autres options. Les Canadiens ayant la double citoyenneté sans passeport britannique ou irlandais peuvent demander un « certificate of entitlement », qui confirme leur droit de résider au Royaume-Uni.
Cependant, le gouvernement britannique prévient que le processus peut prendre plusieurs semaines et coûter près de 1 000 $ CA.
Pour l’instant, la seule façon pour les Canadiens ayant la double citoyenneté britannique de garantir leur entrée au Royaume-Uni est de présenter un passeport britannique valide.
Dans l’incertitude
Pour Tara Stringer, cela a signifié le lancement d’un long processus pour obtenir de nouveaux passeports britanniques pour ses clients.
« Tout doit être envoyé par la poste au Royaume-Uni », a-t-elle expliqué, précisant que ses clients ont dû expédier chaque page de leur passeport canadien outre-mer pour traitement.
À un moment donné, une demande a été traitée avant l’autre, ce qui a semé la confusion quant à l’approbation des deux passeports britanniques.
Elle indique que ce problème est désormais réglé, mais elle et ses clients sont toujours dans l’attente de la réception des nouveaux passeports par la poste.
« Nous ne savons pas combien de temps cela va prendre. Tout le processus a ajouté beaucoup de stress. »
Cette semaine, le gouvernement britannique a apporté de légères modifications à ses règles, précisant que les citoyens à double nationalité pourraient être autorisés à entrer au Royaume-Uni, à la discrétion de la compagnie aérienne, s’ils présentent un passeport britannique expiré accompagné d’un passeport canadien valide.
Une condition s’applique toutefois : le passeport britannique expiré doit avoir été délivré en 1989 ou après.
« C’est au transporteur de décider s’il vous autorise à voyager », indique un avis publié sur le site du gouvernement britannique.
Cette précision n’inspire toutefois pas une grande confiance aux voyageurs.
Tara Stringer reconnaît que la navigation sur le site du gouvernement britannique s’est révélée complexe et qu’elle n’a appris la nouvelle règle concernant les citoyens à double nationalité que par l’entremise d’un autre client, irlandais, qui venait de traverser une situation similaire.
« C’est stressant pour moi aussi. Je veux m’assurer que mes clients disposent de l’information la plus exacte possible », a-t-elle affirmé.
Elle prend la parole « parce que je crois que cela devrait être connu ».
« Les conseillers en voyages lisent un million d’informations chaque jour. Il est parfois difficile de tout suivre », soutient-elle.
« Je garde espoir »
Malgré ces complications, Tara Stringer demeure confiante que ses clients recevront leurs passeports britanniques à temps.
« Il nous reste encore environ cinq semaines, alors je garde espoir. L’autre option serait de déplacer leur voyage, ce qui coûterait des milliers de dollars. »
À la lumière de cette expérience, elle conseille aux Canadiens ayant des origines britanniques de vérifier s’ils détiennent la double citoyenneté, en consultant les critères établis par le gouvernement britannique.
Elle recommande également aux conseillers en voyages de faire de même avec leurs clients.
« De nombreux clients qui ont besoin d’un passeport britannique ignorent qu’ils doivent en avoir un », conclut-elle.