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Une première journée bien remplie en Martinique
Notre journaliste participe à un voyage de familiarisation en Martinique organisé par le Réseau Ensemble en collaboration avec le Comité Martiniquais du Tourisme. Au terme de leur première journée de découverte, les huit agents de voyages participants avaient cinq visites d’hôtels à leur actif et ils avaient fait connaissance avec une des figures les plus marquantes de l’île : Gilbert Larose, fondateur de la Savane des esclaves, un site-musée consacré à l’histoire et au mode de vie – et de mort – de ceux qui ont versé tant de sueur et de sang dans les plantations de canne-à-sucre de l’île. Compte-rendu d’une journée bien remplie.
N’importe quel agent de voyages le moindrement informé sait qu’on n’aborde pas la Martinique de la même façon que les destinations du «triangle». Alors qu’un voyage à Cuba, à Punta Cana ou sur la Riviera Maya est essentiellement constitué d’un séjour dans un tout-inclus pimenté par une ou deux excursions (et plus souvent une que deux), on va d’abord en Martinique pour découvrir le patrimoine culturel et naturel de l’île. La propriété où l’on dépose ses valises n’a qu’une importance secondaire dans le cadre d’un séjour qui sera surtout consacré à explorer les multiples facettes d’une destination où l’on circule en toute sécurité.
Ici, on est en France, le réseau routier est superbement entretenu, il n’y a pas de pauvreté extrême (donc d’insécurité) et chaque repas est une fête.
Ceci dit, même si les touristes ne passent pas 90% de leur temps à faire la navette entre la plage ou la piscine et les restaurants du complexe hôtelier où ils se prélassent, ils y séjournent quand même. À peine arrivés (c’était dimanche soir), la première activité inscrite au programme du petit groupe d’agents de voyages auxquels je m’étais joint, était… une visite d’hôtel. En l’occurrence, le Bambou, un «deux étoiles», sans prétention bien connu des Québécois habitués de l’île.
Nous y avons mangé une délicieuse langouste grillée. Le lendemain matin, nous avons successivement visité les hôtels Carayou et Bakoua, tous deux situés sur la Pointe-du-Bout (comme d’ailleurs le Bambou) qui fait face à Fort-de-France, de l’autre côté de la baie éponyme. Après avoir pris l’apéritif au Coco Bar, le bar de l’hôtel Bakoua qui trempe ses pilotis dans la baie de Fort-de-France, nous nous sommes dirigés vers Ste-Luce, où nous avons visité (et lunché au complexe Pierre & Vacances).
L’après-midi, Gilbert Larose nous attendait à la Savane des esclaves, le site à la fois musée et jardins qu’il a imaginé, conçu et aménagée sur les flancs d’un petit morne (autrement dit «colline») de la commune des Trois-Ilets).
«Dans ma famille, j’appartiens à la première génération qui a été à l’école», nous a-t-il expliqué en nous accueillant. «Cela m’a permis de lire et de découvrir l’histoire de mon peuple, celui des esclaves africains importés sur cette île pour cultiver la canne-à-sucre. Je me sens mieux dans ma peau depuis que je connais leur histoire.»
En fait, c’est surtout une dignité qu’il a l’impression d’avoir reconquis en découvrant que ses ancêtres, esclaves, avaient appris à vivre ingénieusement en symbiose avec la nature, lorsqu’ils ont été affranchis (mais jamais dédommagés) en 1848. «Ils n’avaient besoin que d’une seule chose pour survivre au milieu de la nature : une machette», fait-il observer.
Sur les deux hectares du petit territoire qu’ils ont défrichés, Gilbert Larose et ses complices ont reconstruit quelques cases, un petit musée de statuaires et surtout un grand jardin de plantes nourricières et médicinales («Mon jardin est une pharmacie en plein air», dit-il) dont l’animateur des lieux décrit et commente les vertus.
Au terme de cette visite qui a duré deux heures, nous sommes repartis conquis par ce personnage qui sait brosser un portrait tragique du destin de ses ancêtres, en dosant subtilement humour et gravité.
L’hôtel du jour : Pierre & Vacances, à Ste-Luce
Ce fut la plus belle surprise de cette première journée durant laquelle nous avons visité quatre journées. J’entends parler de Pierre & Vacances depuis plus de 20 ans, mais je n’avais jamais eu l’occasion de visiter un de ces grands complexes d’appartements. Vendu par Vacances Transat et par Vacances Air Canada, celui de Ste-Luce, se compose de 337 studio et appartements. Les Studios, équipés d’un divan-lit, peuvent loger trois personnes et les appartements en accueillent de trois à six, selon qu’ils sont dotés de deux ou trois chambres. Les cuisinettes sont toutes situées sur les balcons, qui servent également de salle-à-manger. Les hôtes ont accès à trois restaurants sur place: le restaurant principal (L’Habitation), où nous avons lunché, qui propose une formule buffet, vin inclus (en fait, on se sert à une fontaine qui débite du rouge ou du rosé), la Case Mahi Mahi, où l’on commande à la carte, et le Ti-Case, qui sert des snacks.
«Nous offrons la demi-pension ou la pension complète, notamment pour les clients des t.o. québécois, mais la plupart de nos résidents séjournent ici en plan européen et s’approvisionnent à la supérette que nous exploitons sur le site ou au supermarché de Ste-Luce», explique Odile Delor, directrice commerciale pour les Antilles, qui nous fait visiter le complexe.
Elle insiste sur le fait qu’une partie de plus en plus importante de la clientèle (dont un fort contingent de Québécois) réside ici en «longs séjours» (soit trois ou quatre semaines) ou encore en «longue durée» (soit deux ou trois mois). «Dans les deux cas, nous offrons des tarifs très intéressants, dit-elle. Les agences n’ont qu’à nous contacter pour obtenir les conditions.» Une agence de location de voiture exploite une concession sur place en proposant des tarifs préférentiels aux résidents.
Mais ce qui nous a impressionnés, c’est l’harmonie de l’aménagement, tant paysager qu’intérieur, de cette grande propriété qui déploie ses ramifications sur quatre hectares de terrains vallonnés, aux jardins soigneusement entretenus. Elle est classée «trois étoiles», mais, au coup d’œil, elle en vaut largement quatre. «Les grossistes québécois, qui établissement leur propre classification nous en accordent trois et demie», indiquait Odile Delor. Le complexe est festonné par un littoral de six plages étalées sur quatre kilomètres. Assez curieusement, les vacanciers présents lors de notre passage s’agglutinaient autour des deux grandes piscines, alors que les deux belles plages situées à 200 mètres de là étaient quasi désertes. L’étendue du site est telle que les amateurs de solitude y trouvent autant leur compte que ceux qui préfèrent s’immerger dans la foule.
La propriété est fermée chaque année pendant six semaines (du début septembre à la mi-octobre) pour des travaux de «remise à niveau», ce qui se reflète dans l’état impeccable des lieux.
Demain, je vous parlerai plus longuement de l’hôtel Carayou, devenu un Club Lookea.




