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Dimanche,  19 avril 2026   8:28
SkyGreece a bien cessé ses activités

La compagnie aérienne SkyGreece vient de sortir de son mutisme après deux jours de silence. Dans un communiqué, elle confirme ce que nous avions évoqué dans nos lignes en exclusivité, à savoir l’arrêt de ses vols.

Refusant de parler de cessation totale, SkyGreece assure que l’interruption est temporaire et que les vols reprendront bientôt.

Le transporteur justifie cette décision car « peu de temps après le lancement de son service international régulier entre le Canada et la Grèce, SkyGreece a subi des revers financiers en raison de la crise économique grecque. En dépit de la réduction spectaculaire des ventes de billets, les fondateurs de la société ont travaillé sans relâche pour maintenir un service régulier. Malheureusement, en raison de problèmes techniques récents, SkyGreece doit maintenant faire face à un retard de plusieurs jours et d'importantes dépenses supplémentaires »

La compagnie conseille aux  passagers de contacter leur agent de voyages pour organiser les opérations de retour  et / ou d'hébergement.

Cette déclaration est la première manifestation de SkyGreece depuis que des dizaines de passagers bloqués aient pris d’assaut les médias sociaux afin de diffuser leurs frustrations face aux annulations répétées des vols allant jusqu’à spéculer sur l'avenir de la société.

Depuis le 26 août, les comptes Facebook et Twitter officiels de SkyGreece avaient alors disparu, tandis que les passagers appelant les bureaux canadiens de la compagnie aérienne étaient accueillis par un message téléphonique sans possibilité de laisser le moindre message.

Des centaines de passagers bloqués

Peu de temps après les déboires rencontrés par les passagers de SkyGreece, ces derniers avaient regroupé toutes les doléances et les appels à l’aide dans un groupe Facebook intitulé SkyGreece Trouble.

D’un centaine de membres à ses débuts, le rassemblement virtuel a vite passé la barre des 400 membres.

De très nombreux passagers se trouvent en effet bloqués des deux côtés de l’Atlantique, livrés à eux-mêmes pour rejoindre leurs destinations respectives.

Une plainte déposée ce matin par l’activiste Gabor Lukacs, spécialisé dans la défense des voyageurs, demande une aide d'urgence pour les passagers de SkyGreece à l'Office des transports du Canada demandant une ordonnance d'urgence pour protéger et indemniser les passagers bloqués de SkyGreece Airlines.

Gabor Lukacs a déclaré que l'agence fédérale disposait d’assez larges pouvoirs pour les utiliser afin de protéger environ 1.000 passagers touchés par les récentes annulations de vols par SkyGreece Airlines.

Il demande à l'OTC d’obliger SkyGreece à réserver les passagers bloqués sur d'autres compagnies sans délai, dans les prochaines 24 heures.

Il suggère aussi à l’agence fédérale d’obliger SkyGreece à bloquer 8,7 M $ pour couvrir les réclamations de passagers.

Gabor Lukacs poursuit en insistant sur le fait que le principal actif de SkyGreece est son seul avion, stationné à l'aéroport international Pearson de Toronto, et que les passagers seraient laissés sans aucun recours si la compagnie aérienne est autorisée à disposer de l'avion.

Gabor Lukacs s'était déjà illustré en attaquant Air Canada et Porter Airlines par le passé.

Le gouvernement se tient informé

Préalablement à cette plainte déposée, Mark Bonokoski, porte-parole de la ministre des transports Lisa Raitt, avait assuré que le cabinet suivait la situation assurant qu’Ottawa avait pris «conscience des longs retards subis" par les passagers suite aux vols annulés.

"Soyez assuré que notre gouvernement attend que les consommateurs soient traités équitablement par les transporteurs aériens, et un processus est en place pour diligenter une enquête impartiale pour faire la lumière sur cette affaire», a déclaré Mark Bonokoski dans un communiqué.

Il conseille aux voyageurs de communiquer directement avec SkyGreece pour présenter leurs préoccupations, et s’ils ne sont pas satisfaits par la réponse du transporteur aérien, ils peuvent communiquer avec l’OPC (office de protection des consommateurs) au 514-253-6556.

Sur le site de l’Office des transports du Canada, on peut lire les renseignements suivants à la disposition des passagers qui détiennent des billets pour voyager avec le transporteur SkyGreece.

  • Si vous avez acheté un billet que vous n'avez pas encore utilisé ou que vous êtes en déplacement et que votre transporteur aérien cesse ses activités, vous devez dès que possible communiquer avec votre agent de voyage ou tout autre fournisseur de transport pour prendre des dispositions de rechange.
  • Si vous avez souscrit une assurance voyage, vous devriez communiquer avec la compagnie d'assurance pour vérifier si vous êtes couvert.
  • Si vous avez un billet inutilisé, vous pourriez avoir droit à un remboursement auprès de votre agence de voyage, de votre compagnie émettrice de carte de crédit ou de certaines autorités gouvernementales provinciales responsables du voyage. Pour les passagers dont l'agent de voyage détient un permis du Québec, de l'Ontario ou de la Colombie-Britannique, vous pouvez également communiquer avec les autorités provinciales suivantes qui pourront vous conseiller quant à d'éventuelles demandes de remboursement.

Une agence commente

Jimmy Georgiadis, président de Voyages FunRex AlcyonVoyages FunRex Alcyon, l’une des plus grandes agences ethniques pour la communauté grecque de la région de Montréal (basée à Laval), a accepté de répondre à nos questions. L’avis de cette agence compte d’autant plus que deux des fondateurs de SkyGreece ont investi chez Voyages FunRex.

Jimmy Georgiadis, président du point de vente de la Rive nord, nous a confirmé être un des très gros vendeurs de SkyGreece.

« Si l’on parlait ici de deux voyageurs, je vous assure que je n’aurais pas été aussi stressé en arrivant au bureau ce matin. Les bons prix de SkyGreece ont attiré de nombreux clients à la recherche des meilleurs tarifs et nous en avons capté un grand nombre », nous a-t-il confié sans plus de précision.

Jimmy nous a expliqué avoir des passagers bloqués à Montréal mais aussi en Grèce.

Pour les passagers à Montréal ayant payé par carte de crédit, la procédure la plus simple est d’appeler son institution financière pour faire opposition au paiement pour service non rendu.

À destination, l’agence nous assure faire le maximum pour protéger ses clients via d’autres transporteurs. Mais cela n’est pas si facile pour de nombreux passagers car il faut d’abord acheter le billet pour une fois rendu au Québec, demander un dédommagement auprès de l’OPC.

« Or en ce moment, beaucoup de voyageurs en Grèce ne peuvent tout simplement pas retirer d’argent car les banques ont limité les retraits en ces temps de crise, voire bloquer les cartes de crédit », a expliqué Jimmy.

En contact permanent avec l’OPC, le président de Voyages FunRex nous a expliqué qu’un administrateur de la société Raymond Chabot Grant Thornton sera désigné cet après-midi.

De son côté, Jimmy Georgiadis compte plaider auprès de l’OPC pour l’obtention d’un budget pour le rapatriement de ses clients.

Contacté par nos soins, l'OPC nous a signifié être au courant de la situation et  sur la préparation d'un communiqué de presse qui sera envoyé dans l'après-midi.

 

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