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PAX à destination: le Mékong vietnamien
Deuxième partie d’un double récit sur la croisière fluviale Classique Mékong avec Pandaw River Expeditions via GLP Worldwide, notre journaliste relate la portion vietnamienne de son aventure dans la péninsule indochinoise.
La première partie est à lire ici !
Le jour tombait tout doucement alors que le navire Tonle s’avançait dans les eaux foisonnantes du Mékong vietnamien. Nous quittions à peine le Cambodge et déjà, le contraste était renversant. Nous voulant rien manquer de cet impromptu spectacle, je me rend sur le pont supérieur afin d’admirer la chorégraphie qui se déroule sous mes yeux, saluant au passage les nerfs d’acier du capitaine.
Les scènes bucoliques cambodgiennes ponctuées de barques solitaires faisaient maintenant place au chaos typique des voies navigables au delta du Mékong. Bacs à câbles, bateaux à pêche, navires de dragage, embarcations privées… tout le monde s’arrache ici son petit bout de Mékong même à l’heure où le soleil rejoint à nouveau l’horizon.
Le passage de la douane maritime entre le Cambodge et le Vietnam s’étant fait sans anicroche -- rien que quelques généreux dollars ne peuvent régler de toute façon -- nous arrivons à Chau Doc fin prêts pour l’expédition du lendemain.
Les villages du Mékong
Chau Doc est un village pour le moins particulier avec sa population musulmane et sa mosquée et jouit d’une diversité culturelle étonnante pour un endroit de cette taille. Je quitte la barge de bois antique pour traverser, via un pont en bambou, des canaux recouverts d’épais tapis de plantes aquatiques avant d’arriver aux maisons à pilotis. Perchées sur les berges de la rivière Bassac, ces maisons me permettent d’observer comment les villageois vivent au quotidien en jetant un coup d’œil à l’intérieur de leurs demeures rudimentaires.

Mes pas me mènent tranquillement à la rue principale où se trouve un minuscule marché ambulant, bruyant et pour le moins aromatique. C’est ici que je me dois d’émettre un avertissement pour les cœurs sensibles : si le moindre code de salubrité existe au Vietnam, il n’est visiblement pas renforcé par quelconque autorité. Les poissons gigotent dans des bassins de fortune (au Vietnam, la coutume est décapiter le poisson à la demande du client afin de conserver sa fraicheur) et la viande chauffe au soleil cuisant dans un panier d’osier posé sur une motocyclette.
Les camions et autobus passent à vive allure à seulement quelques mètres de là et pourtant, ainsi vont les affaires, sans que personne ne les remette en question. À défaut de m’y ravitailler -- je ne suis pas certaine que mon estomac me le pardonnerait -- j’y prend de jolis clichés, étonnée par la spontanéité des vietnamiens à se faire photographier par de purs étrangers.

Durant les nombreuses excursions, j’aurai aussi l’occasion de visiter un marché flottant, une ferme poissonnière rudimentaire et même une communauté vivant des produits dérivés du riz. Pour la première fois depuis le début du séjour, la météo se gâte et le déluge m’oblige à me réfugier dans les bâtiments abritant la production. C’est tant mieux, puisque j’ai maintenant tout le temps nécessaire pour saluer les locaux et admirer le travail délicat des ouvriers, dont celle assignée au papier de riz et celui en charge du riz soufflé. Un vrai spectacle!
J’ai aussi pu me rendre à Sa Dec. Avec une population frôlant les 150 000 habitants, cet endroit a l’allure et le rythme effréné que j’attendais d’une ville d’Asie du sud-est, d’autant plus qu’il s’agissait de la capitale officieuse du delta du Mékong au 19e siècle. Les touristes européens se dirigent vers la maison sino-française dépeinte dans le roman L’Amant de Marguerite Duras, récit de son enfance et de son adolescence en Indochine. Il s’agit en fait d’une jolie pagode urbaine datant de 1895, la maison où le protagoniste Huynh Thuy Le résidait alors.
Ceux n’ayant pas lu le livre ou vu le film seront plutôt attirés vers l’immense marché public qui se déploie sur plusieurs rues; viande, fleurs, fruits, légumes, poisson, riz… les étals s’entassent et se dédoublent sans pour autant dérougir de clients. Ici, je me sens au cœur de l’action, et cette énergie me fait redoubler d’excitation pour mon escale du lendemain sur la capitale vietnamienne.
Ho Chi Minh City
Ai-je voyagé vers un monde parallèle? L’ancienne Saigon me prend par surprise malgré les nombreux conseils que l’on m’avait prodigués avant mon arrivée. Je pensais m’être préparée mentalement au branlebas sans queue ni tête de la capitale.
Quelle naïveté! Ici, traverser un carrefour relève carrément de la bravoure : sans feux prioritaires, les huit millions de motocyclettes foncent sans délai vers leur destination. Il faut donc repérer un ralentissement et saisir le moment sans hésiter, franchissant la rue avec l’intime conviction que le trafic nous laissera indemne. Je ne sais plus si je transpire parce que j’ai chaud ou parce que je crains pour ma vie, mais l’adrénaline me fait hurler de rire et bien vite j’oublie tout… jusqu’à ce que le procédé recommence à la prochaine intersection. Et ce sera ainsi pour le reste de mon séjour à Ho Chi Minh City!

Vivre Saigon, c’est aussi visiter ses attractions historiques s’étalant de la colonisation française à la guerre américaine. Des allées où le temps semble s’être arrêté aux temples infusés d’encens en passant par la très européenne cathédrale Notre-Dame et le dissonant Palais de la réunification, sans oublier une excursion aux tunnels de guerre de Cu Chi, il y a certainement de quoi occuper plusieurs jours au sein de la capitale vietnamienne. En fait, j’aurais eu besoin d’une semaine entière simplement que pour échantillonner la gastronomie locale -- soupes pho, grillades, nouilles aux herbes, rouleaux de printemps, alouette! Il va sans dire, personne ne reste sur sa faim dans cette ville.
L’audace et l’histoire complexe du Vietnam en font un pays riche en contrastes qu’il visiter plusieurs fois pour vraiment comprendre. Impossible, évidemment, de tout accomplir en seulement deux jours. Je n’ai qu’effleuré la surface mais je ne m’en contrarie pas, puisque je sais déjà que je reviendrai.
À très bientôt, cher Vietnam!