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Les parcs italiens ciblent le Canada
L’Italie n’est pas seulement une destination culturelle ou gastronomique, c’est aussi une destination «nature», mais les Nord-Américains ne le savent pas.
«Entre les parcs nationaux et régionaux et les aires marines protégées, nous avons plus de 200 zones naturelles protégées, dont la majorité se trouvent à proximité des grandes villes touristiques», observait Domenico Mauriello, directeur du Centre d’études des Chambres de commerce italiennes. M. Mauriello était de passage à Montréal, en compagnie de deux dirigeants de la Fédération italienne des parcs naturels (Federparchi), invités par la Chambre de commerce italienne au Canada. L’objectif était de sensibiliser les voyagistes locaux et les médias spécialisés à l’intérêt présenté par le produit «nature» made in Italy.
À l’instar du bourgeois gentilhomme, qui faisait de la prose sans le savoir, vos clients visitent probablement les parcs nationaux ou régionaux italiens sans en avoir conscience. C’est que, contrairement aux nôtres, les parcs de la péninsule italienne ne sont pas clôturés et les visiteurs n’ont pas de droits d’entrées à acquitter. Et contrairement à la plupart des nôtres, ils sont habités. On y trouve des villages et on y produit de l’huile, du vin, du fromage et bien d’autres aliments qui se retrouvent, sinon sur nos tables, du moins sur celles des bons restaurants du pays du «slow food».
«A part les Cinque Terre, la majorité des touristes ne savent pas qu’ils traversent nos parcs nationaux, car nous avons un problème de branding», déplorait Giampiero Sammuri, président de Federparchi, la fédération qui regroupe les parcs nationaux et régionaux d’Italie. «Les Nord-Américains qui viennent chez nous sont surtout attirés par le style de vie, la gastronomie, les vins et la culture, mais l’Italie est une des principales destinations «nature» du monde.»
À l’appui de cette assertion, Domenico Mauriello indiquait que la variété climatique est beaucoup plus large en Italie. Alors qu’au Canada, le spectre bioclimatique va de la toundra à la forêt boréale, l’Italie présente lui aussi des zones de toundra (dans les Alpes et sur les hauteurs des Apennins), mais également des zones subtropicales où le palmier est omniprésent.
Alors qu’on retrouve 58 000 espèces animales, dont 30% endémiques (qu’on trouve seulement en Italie), dans la botte italienne, il n’y en a que 32 572 sur le territoire canadien pourtant 30 fois plus étendu.
À proximité
Les parcs nationaux italiens sont généralement situés à proximité des sites touristiques les plus populaires. Le parc du Vésuve est contigu à Pompéi et à quelques minutes de route, seulement, de Naples. On trouve plusieurs parcs nationaux ou régionaux à une cinquantaine de kilomètres de Florence. Celui des Dolomites est à 100 kilomètres de Venise. Le Gran Sasso et le Parc national des Abruzzes sont à une centaine de kilomètres de Rome. En Sicile, le Parc de l’Etna est voisin de Catane et à une cinquantaine de kilomètre de Syracuse.
«Les Européens savent que nos parcs figurent parmi les plus intéressants d’Europe et 39,6% d’entre eux viennent en Italie pour une raison liée à la nature, alors que c’est seulement le cas pour 19% des Nord-américains», soulignait Domenico Mauriello.
Le problème réside certainement dans la richesse de l’offre touristique italienne.
Dans les statistiques présentées par M. Mauriello, on notait que 67,2% des Nord-américains visitant l’Italie déclarent être attirés par la cuisine, 58,6% par la culture, 54,3% par l’histoire et 44% par le lifestyle.
On trouve en Italie 23 parcs nationaux, 156 parcs régionaux, 27 aires marines protégées et un sanctuaire de mammifères marins.
La Chambre de commerce italienne au Canada a orchestré un sondage auprès de 40 voyagistes du Québec, de l’Ontario, de la Colombie britannique et de l’Alberta. 60% des t.o. interrogés ont déclaré détenir quelques connaissances portant sur les parcs italiens. Ainsi, la plupart connaissaient au moins ceux des Cinque Terre, du Vésuve et des Dolomites. Et 30% avaient entendu parler des zones marines protégées. Ils estiment que les parcs nationaux sont susceptibles d’intéresser les baby boomers et quelques jeunes professionnels de la génération Y. Comme activités commercialisables dans le cadre de forfaits, ils mentionnent la randonnée pédestre, le vélo de montagne, l’escalade et la voile, ou encore des ballades en nature agrémentées de dégustations chez les producteurs de vins ou de produits du terroir.
La délégation de Federparci était de passage à Montréal dans le cadre d’une mission exploratoire destinée à identifier les moyens de publiciser l’image de marque des parcs italiens, en Amérique du Nord. «Il s’agit de la première initiative de ce type et nous avons choisi le Canada, parce que les Canadiens savent ce qu’est un parc national et sont sensibilisés à l’importance des territoires protégés», expliquait Giampiero Sammuri.
Photo: Inga Lavallée, de la Chambre de commerce italienne au Canada, pose en compagnie de Domenico Mauriello, directeur du Centre d’études des Chambres de commerce italiennes, Francesco Carlucci, directeur général de Federparchi et Giampiero Sammuri, président de Federparchi.