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Les croisières restent la principale source de revenus des agences, mais…
Sans surprise, les revenus provenant de la vente de billet d’avions pèsent de moins en moins lourd sur le chiffre d’affaires des agences de voyages nord-américaines, mais – et là, c’est une surprise! – ceux provenant de la vente de croisières aussi. C’est ce que révèle la dernière Enquête sur l’industrie du voyage (Travel Industry Survey 2017) publiée voici quelques jours par le magazine spécialisé Travel Weekly.
Ce sondage annuel nous apprend notamment que les recettes provenant de la vente de billets d’avions ne constituaient plus que 19% des revenus des agences, en 2016 soit presque la moitié moins qu’en 2003 (36% des revenus). Il y a eu une petite remontée par rapport à 2015 (17%), mais sur le long terme, la réduction de la contribution de l’activité «aérien» au chiffre d’affaires des agences se poursuit.
C’est aussi le cas de l’apport des ventes de croisières océaniques, quoique dans ce cas, le glissement soit plus modéré et que, croisières océaniques et fluviales combinées, les escapades nautiques restent, de loin, la plus importante source de revenu pour les détaillants en voyages. En 2016, les croisières océaniques comptaient pour 27% des ventes des agences contre 29% en 2015. Dans ce cas, par contre, on peut facilement conclure que cette perte de revenu est largement compensée par l’augmentation des ventes des croisières fluviales. Voici quelques années, celles-ci ne pesaient pas lourd sur les marges de profits des détaillants en voyages, alors qu’aujourd’hui, elles interviennent pour 7% de leurs ventes.
Quoiqu’il en soit, le fait que l’importance des croisières stagne ou diminue, alors que les agences de voyages consacrent de plus en plus d’efforts à leur mise en marché, amène à se poser des questions. D’autant plus que le nombre de croisiéristes augmente chaque année! Faudrait-il en déduire que de plus en plus de clients réservent en direct, d’une part parce qu’ils deviennent plus familiers avec ce type de produit et, d’autre part, parce que les compagnies multiplient les efforts pour les inviter à réserver en ligne?
En posant la question, on n’est pas loin de la réponse.
L’aérien pour les gros joueurs!
Pour les grandes agences, « l’aérien » demeure la source de revenus la plus importante. Ainsi, le tiers du chiffre d’affaires (33%) des détaillants qui réalisent un chiffre d’affaires de 10 millions $ et plus porte sur l’émissions de billets d’avions (4% de plus qu’en 2015). Pour ces gros joueurs, les croisières océaniques n’alimentent que le cinquième de leurs revenus (21%) ou le quart, si on y ajoute la part des croisières fluviales (6%).
On ne s’étonnera pas qu’elles raflent l’essentiel des primes allouées par les compagnies aériennes en « sur-commissions ». Plus de la moitié d’entre elles (54%) signalent qu’elles ont perçu des bonifications, alors que ce pourcentage baisse à 24%, tous types d’agences et d’agents confondus.
À l’autre bout du spectre, les croisières représentent 40% des ventes des agents externes (home based agents) à faibles revenus (des ventes annuelles inférieures à 500 000 $), soit 31% pour les croisières océaniques et 9% pour les croisières fluviales.
Pour ces petits joueurs, la vente de billets d’avion est presque une source de revenus marginale (14%).
Les frais de services
Parmi les points saillants de l’enquête annuelle sur l’état de l’industrie nord-américaine du voyage, on notera encore que les frais de services interviennent pour 22% de la marge bénéficiaire moyenne des agences, les 78% restant provenant, bien sûr, des commissions.
On constate aussi que les agents de voyages américains vendent de plus en plus «d’international». En fait, la proportion à cet égard s’est carrément inversée. Ainsi, en 2003, ce sont principalement les déplacements domestiques qui constituaient leur pain et leur beurre, avec 60% de leurs revenus. En 2016, les voyages internationaux pesaient pour 59% de leurs ventes.
Plus des trois-quarts (77%) des agences traditionnelles et des agents à domicile sont affiliés directement ou indirectement à un regroupement. Travel Leaders Network est le regroupement qui compte le plus d’adhérents (29% des répondants). Il faut dire que ce consortium déploie plusieurs bannières, parmi lesquelles Nexion, qui est une des principales centrales pour agents à domiciles. Suivent, dans l’ordre, le regroupement pour agences spécialisées en voyages de luxe Virtuoso (11% des affiliations), Signature Travel Network (8%), Ensemble (7%) et Travel Savers (6%). Quelques 995 directeurs d’agences, conseillers et agents externes ont répondu au questionnaire élaboré par Travel Weekly pour les besoins de cette enquête, en juillet et août dernier. Les répondants canadiens ne constituaient que 2% du total. La marge d’erreur est évaluée à une fourchette de l’ordre de 5% à 7%.
Un peu moins du quart des répondants (22%) était principalement actif dans le secteur des voyages d’affaires, contre 70% qui s’identifiaient comme spécialisés en « loisirs ».