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L’écrasement aurait été causé volontairement par le co-pilote
Tout laisse à penser que le copilote de l’Airbus A320 de la Germanwings qui a percuté les flancs d’une montagne mardi près de Digne, en France, serait responsable de la tragédie. L’avion assurait la liaison entre Barcelone, en Espagne, et Düsseldorf, en Allemagne. L’écrasement, le pire à survenir en 30 ans sur le territoire français et le premier depuis l’accident du Concorde en l’an 2000, a causé la mort de ses 144 passagers et de six membres d’équipage.
Andreas Lubitz, 28 ans, de nationalité allemande, se trouvait seul dans la cabine de pilotage au moment de l'écrasement et il a vraisemblablement eu «la volonté de détruire l’appareil aux commandes», a affirmé jeudi matin le procureur français en charge de l’enquête en présentant les premiers résultats de l'analyse de l’une des boîtes noire de l’Airbus.
Une compagnie sérieuse et fiable
La compagnie Germanwings assure le gros des vols intra-européens de la Lufthansa. Elle forme l'une des plus vieilles compagnies low-cost d'Europe puisqu’elle a été créée en 2002. Elle a la réputation d'être une compagnie "sérieuse". Le site airlineratings lui attribue la note maximale, 7/7, dans ce domaine. Le site securvol qui s'est donné pour mission de délivrer "une information fiable et indépendante sur la sécurité des compagnies aériennes» lui accorde, pour sa part, un "B" sur une échelle de A à E, soit la même évaluation qu'Air France.
En 2012, Lufthansa avait toutefois reconnu qu’un avion de la Germanwings avait frôlé l'accident à la fin 2010 en raison de problèmes d'intoxication par des vapeurs d'essence qui avait quasiment fait perdre connaissance à l'un des pilotes. Le capitaine, muni d'un masque à oxygène, avait finalement fait atterrir l'avion à l'aéroport de Cologne.
Manœuvre volontaire du co-pilote
La catastrophe de mardi résulterait cependant d’un geste volontaire du co-pilote. Le commandant de bord de l’Airbus était sorti du cockpit afin de se rendre aux toilettes, laissant seul son jeune collègue aux commandes. «Au début du vol, on entend l'équipage parler normalement, puis on entend le bruit d'un des sièges qui recule, une porte qui s'ouvre et se referme, des bruits indiquant qu'on retape à la porte, et il n'y a plus de conversation à ce moment-là jusqu'au crash», a relaté le porte-parole de l’enquête.
Quand le pilote a voulu revenir à son siège, la porte était fermée. Après les attentats du 11 septembre 2001, la protection du cockpit des avions de ligne a été renforcée. Aujourd’hui, elle ne peut être ouverte que de l’intérieur et le pilote à l’extérieur ne pouvait rien faire.
«Il n'avait aucune raison d'empêcher le commandant de bord de revenir dans la cabine de pilotage», a insisté le procureur. «On entend plusieurs appels du commandant pour demander l'accès à la cabine de pilotage, mais aucune réponse de la part du copilote».
Il aurait cogné à la porte, puis frappé de plus en plus fort, mais en vain.
«Par une abstention volontaire, le copilote a refusé d'ouvrir la porte au commandant», a ajouté le procureur. «Il a ensuite actionné le bouton commandant la perte d'altitude pour une raison que nous ignorons totalement, mais qui peut s'analyser comme une volonté de détruire cet avion».
Les passagers auraient pris conscience de ce qui se passait et du sort qui les attendait peu avant l’écrasement. Des cris sont entendus dans les dernières minutes.
L’appareil est descendu à une vitesse modérée de 3 000 pieds par minute, ce qui ne correspond ni à un avion en décrochage, ni à un avion en descente d'urgence avec une panne grave. Il s’est finalement écrasé contre le flanc d’une montagne dans les Alpes-de-Haute-Provence où il s’est désintégré lors du choc.
Pas une première
Le copilote était entré à Germanwings à la fin de 2013. Il comptait à ce jour une centaine d’heures sur l’Airbus A320.
Dans l'histoire aéronautique, des cas de pilotes qui se sont suicidés alors qu’ils étaient aux commandes d’un avion existent. La chose est notamment survenue à la fin 2013 lors du vol de Mozambique Airlines qui s'est écrasé en Namibie et avec Silk Air en 1997. Le cas resté le plus célèbre était celui d'Egyptair en 1999 dans lequel avaient péri le directeur de l’information de La Presse, Claude Masson, et son épouse.
Les enquêteurs affectés à la tragédie de l’Airbus de Germanwings vont maintenant tenter de comprendre les motifs du co-pilote qui l’auraient amené à poser ce geste ayant entraîné la mort de 149 innocents, dont plusieurs adolescents et bébés, mais pour l’instant, la thèse terroriste est écartée.