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La Guadeloupe en paysages et en histoire
Quand l’équipage de Christophe Colomb a aperçu la pointe sud-est de Grande-Terre, en 1492, les hommes ont cru être en présence de grands châteaux construits par l’homme. Cette péninsule aux immenses rochers, ceux qui ont trompé les marins, porte aujourd’hui le nom de Pointe des Châteaux. La géographie de la Guadeloupe doit bon nombre de ses noms à l’Histoire. Et le livre de l’ile ne manque pas certainement pas de ces pages d’histoire.
L’Aéroport International de la Guadeloupe se situe dans la capitale, Pointe-à-Pitre. Plusieurs légendes courent au sujet de ce nom de Pointe-à-Pitre. Selon mon guide, chauffeur, historien, Danielo, qui me fait faire le tour de Grande-Terre, il proviendrait de Peter, un pêcheur d’origine hollandaise qui se serait installé sur la pointe de la Grande Terre au 17e siècle et aurait développé un négoce fleurissant. Les marins allaient se ravitailler à la Pointe à Peter.
Une ile métissée
À observer la population guadeloupéenne, le premier abord me conforte sur l’idée que j’avais d’une population d’origine africaine, les descendants des esclaves que l’on a été capturer pour la culture et la récolte de la canne à sucre. Il existe cependant un mélange de diverses ethnies qui, selon l’Histoire, ont été envahisseurs, esclaves, marchands ou réfugiés. Depuis Christophe Colomb et les Espagnols, l’ile a subi les assauts des Britanniques, des Français et des Hollandais, changeant de drapeau pour quelques temps puis à nouveau prise par l’ennemi le plus acharné. Au même titre que les africains, ou parfois arrivés en tant que travailleurs rémunérés, un bon pourcentage de la population actuelle provient de l’Inde. «Les Zindiens (comme on dit en créole) ne se sont pas métissés avec le reste des habitants. On les trouve aujourd’hui dans le domaine du commerce et de l’industrie, me raconte Danielo. Et si en Inde les vaches sont sacrées, ici, la plupart des bouchers sont zindiens.»
Au chapitre des marchands et négociants, l’on trouve également des Libanais et des Syriens, installés depuis de nombreuses générations. Les derniers arrivants, au 20eme siècle, se composent de communautés allemandes et italiennes, installées depuis la deuxième guerre mondiale, de Français, bien sûr, et de Chinois. «Moi qui suis issu du mariage entre un africain et une allemande, un vrai métis, je constate que cette population de toutes origines s’entend généralement très bien, me lance encore Danielo.»
Esclavage, un devoir de mémoire
À ce point de mon périple, il m’emmène visiter le Mémorial ACTe. «L’avenir n’est rien si on ne se souvient pas», disait Aimé Césaire, qui fut maire de Fort-de-France, poète et écrivain. En mai 2015 a été inauguré le Mémorial ACTe, le Centre caribéen d’expressions de mémoire de la traite et de l’esclavage. L’héritage de la Guadeloupe a ceci d’unique que la colonie française a subi deux abolitions de l’esclavage. Une première en 1794, à la suite de la Révolution française. Mais Napoléon Bonaparte a décidé de rétablir la traite négrière et l’exploitation des esclaves en 1802. L’abolition définitive a eu lieu en 1848. Le mémorial retrace l’histoire de l’esclavage en général et aborde les particularités de ses aspects en Guadeloupe. Une visite complète se fait sur trois heures.
Tout au nord de Grande-Terre, nous nous arrêtons au Trou du Souffleur et à la Pointe de la Grande Vigie. Hormis la végétation tropicale, on se croirait sur les côtes de Normandie, sur le site des rochers d’Étretat.
Visiter la Guadeloupe, c’est aussi faire connaissance avec ses habitants. En arrivant au bourg de Petit-Canal, je tombe sur un attroupement de gendarmes et de policiers municipaux. Ils ont l’air d’avoir eu une altercation avec Dany qui réside au pied de l’église du 18e siècle et de son escalier historique. Les autorités locales ont décidé de planter des panneaux de signalisation au pied de cet escalier, gâchant ostensiblement le site. Dany, en bonne franc-tireuse et défenderesse du patrimoine, a réussi à empêcher que les panneaux soient cimentés au sol en attendant la décision de les retirer. Comme je retourne en Guadeloupe dans les prochains jours, j’irai voir si Dany a obtenu gain de cause.
À suivre.