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Dimanche,  15 mars 2026   16:49
#JeudiRétro : Serge nous rejoue le Titanic

Pour la première fois de sa vie, Serge Lamarre, représentant de diverses destinations au Québec pour VoX International, remportait une croisière sur le fleuve Amazone. C’était un beau jour au tout début des années 90 et le voyage devait s’étaler sur 17 jours.

Ce qu’il ne savait pas, c’est qu’il allait nous rejouer une scène du Titanic, avec une fin moins tragique, je vous l’accorde.

Lui et sa compagne ont été déposés à l’aéroport Trudeau par leurs enfants. Chacun partait avec trois valises pour ce voyage, histoire de caser tous les complets et tailleurs pour les bals du soir.

Le séjour commence par une visite en règle de Salvador de Bahia. Première capitale du Brésil en son temps, elle regorge de curiosités pour les touristes. Surtout, Serge et sa conjointe ont pu profiter du carnaval qui se tenait à ce moment-là. Mais après tout, ils étaient venus pour faire une croisière sur l’Amazone, qui se dispute le titre du plus grand fleuve au monde avec le Nil.

 Cap sur Belém, la première escale prévue à l’itinéraire. La musique qui se joue à ce moment dans la ville vient faire écho aux sons qui résonnent dans l’estomac de Serge.

Ce concert venu des entrailles tombait bien, c’était justement le moment du repas sur le navire. Serge a donc rejoint la chaloupe (350 passagers tout de même) pour se sustenter. Tout se passe à merveille jusqu’à 14 heures, l’heure idéale pour aller piquer un peu du nez dans sa cabine.

C’était le moment également où le commandant pris la barre pour sortir du port et filer vers la prochaine étape. « Larguez les amarres ! »

 Une demi-heure après avoir été se coucher Serge et madame sont réveillés par l’alarme qui retentit sur tout le navire.

« Rassemblez-vous au point de contrôle » fut le premier message qui a envahi les couloirs étroits du navire. Puis, le capitaine a finalement lancé un retentissant « le bateau coule ! ».

En effet, dans sa manœuvre, le capitaine n’a pu éviter une épave charriée sur son chemin par les crues récentes du fleuve. L’eau a commencé à remplir le navire, d’abord par la salle de cinéma. Non, ce n’était pas encore le célèbre film de James Cameron qui se jouait à ce moment-là puisqu’il n’est sorti qu’en 1997 ! Mais les péripéties de Serge nous en rappellent quelques passages.

« Ne prenez rien et montez sur le pont supérieur », lance l’équipage. Oui, Serge et sa dulcinée était dans les premières catégories de cabines et seuls les riches passagers avaient eu le droit d’aller prendre quelques effets personnels. L’évacuation pouvait commencer sur une barge qui assurait la navette jusque Belém.

En fait, si le capitaine avait crié : « Larguez Serge Lamarre », le résultat aurait été le même…

Le lendemain, un Boeing 767 nolisé avait été affrété vers Miami pour rapatrier les clients qui ne voulaient pas continuer le voyage.

Oui, car à la table qui lui avait été affectée pour les repas, Serge avait rencontré la cousine de la richissime Patricia Hearst qui avait décidé de louer un bateau avec d’autres compagnons de fortune (c’est le cas de le dire) pour poursuivre le séjour.

Invité à se joindre à la Jet set, Serge décline ne se sentant pas dans son élément. Voilà donc nos deux comparses embarquant vers Miami. La compagnie de croisières avait fourni un jogging rouge à tous les passagers puisque leurs valises se trouvaient au fond de l’eau, si bien que le vol pour la Floride ressemblait plus à un transfert de malfrats vers une prison fédérale. Une taille et une couleur pour tous, peu importe si vous faisiez 5 pieds ou 6,3 pieds.

De Miami, Serge doit encore faire une escale à Pittsburgh avant de rejoindre Trudeau. Autant un simple jogging passait en hiver à Miami, mais plus au nord, les gens se demandaient si un couple de gens du voyage n’essayait pas simplement de traverser la frontière. Il faut les comprendre aussi, Serge avait les manches trop courtes et les jambes du pantalon rendues presque qu’aux genoux.

Ils arrivent à Montréal. Les enfants laissés là une semaine plus tôt étaient à nouveau au rendez-vous.

« Mais ils ont été incapables de se rendre jusqu’à nous tellement ils riaient. On part avec trois valises chacun pour 17 jours et on revient une semaine après en jogging rouge trop court et avec une simple brosse à dent. C’était comique », nous raconte Serge, en s’esclaffant encore.

À bien y réfléchir, c’était plus un épisode de « La Croisière s’amuse » qu’un antépisode à Titanic !

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