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Hawaï veut imposer une taxe aux croisiéristes; la CLIA riposte en justice
La Cruise Lines International Association (CLIA) a intenté une poursuite contre la décision de l’État d’Hawaï d’appliquer sa taxe sur l’hébergement transitoire (TAT) aux passagers de croisière.
Déposée devant la cour fédérale du district d’Hawaï, cette action judiciaire fait suite au vote des législateurs hawaïens, en mai dernier, en faveur d’une hausse de la TAT – de 10,25 % à 11 % – et de son application aux croisières à compter de janvier 2026.
Jusqu’à présent limitée à l’hébergement terrestre, cette taxe s’étendrait donc désormais aussi au transport maritime.
Des coûts en forte hausse pour les passagers
Au moment du vote, Norwegian Cruise Line Holdings avait averti que cette mesure « augmenterait les coûts pour les passagers » tout en « représentant un défi pour les exploitants de croisières ». La compagnie a précisé que ses croisières à bord du Pride of America, basé à Hawaï, s’en trouveraient particulièrement affectées.
À l’heure actuelle, les passagers du Pride of America paient environ 200 $ US par personne en taxes et frais portuaires. Avec l’application de la nouvelle TAT, ce montant pourrait grimper à quelque 350 $ US – soit environ 1400 $ pour une famille de quatre personnes.
« Un fardeau financier additionnel »
« Nous estimons que cette extension enfreint à la fois la Constitution des États-Unis et le droit fédéral, tout en imposant un fardeau financier supplémentaire aux passagers, déjà soumis à des frais importants », a affirmé la CLIA dans un communiqué publié jeudi.
L’association soutient notamment qu’Hawaï viole la disposition « Tonnage Clause » de la Constitution américaine, qui interdit aux États d’imposer des droits de tonnage pour accéder à leurs ports.
La poursuite avance également que la taxe enfreint la loi fédérale « Rivers and Harbours Appropriation Act of 1884 », qui interdit aux entités non fédérales d’imposer des taxes aux navires.
La nouvelle législation, qui a été adoptée en mai, est censée entrer en vigueur le 1er janvier 2026. Il s’agirait de la première fois que la TAT est élargie au secteur des croisières, après avoir longtemps été réservée aux hôtels et autres hébergements touristiques terrestres.
La CLIA appelle au dialogue
« Une telle politique risque de compromettre un secteur vital de l’économie hawaïenne sans réelle justification. C’est pourquoi nous avons entrepris toutes les démarches nécessaires pour empêcher qu’un tel scénario ne se produise, y compris en intentant une action en justice hier devant la cour du district fédéral d’Hawaï », a souligné la CLIA.
L’association invite les décideurs à revoir leur position quant à cette extension de la taxe, qu’elle juge « susceptible de nuire de façon disproportionnée aux communautés qui dépendent des retombées économiques du tourisme de croisière ».
Elle plaide pour une « approche équilibrée, fondée sur la coopération mutuelle », afin de « mieux servir les intérêts économiques d’Hawaï tout en préservant les moyens de subsistance de ses résidents ».
Des entreprises locales aussi impliquées
La poursuite cite également trois entreprises basées à Hawaï qui dépendent de l’industrie des croisières : Honolulu Ship Supply Co., Kauai Kilohana Partners et Aloha Anuenue Tours. Les deux dernières fournissent des services d’excursions pour les passagers, tandis que Honolulu Ship Supply Co. offre divers services aux navires, y compris aux navires de croisière.
Vers une réduction du nombre d’escales de navires de croisière à Hawaï?
Parallèlement, des discussions sont en cours à Hawaï sur une réduction progressive du nombre d’escales de navires de croisière : une diminution de 50 % d’ici 2030, puis de 75 % d’ici 2035, en particulier pour les navires transportant plus de 3000 passagers.
Ces mesures s’inscrivent dans les objectifs de réduction des gaz à effet de serre de l’État.