Politique en matière de cookies

Afin de vous offrir une service optimal, ce site utilise des cookies.
En utilisant notre site, vous acceptez notre utilisation des cookies. En savoir plus

Mercredi,  15 avril 2026   6:11
Haïti : les touristes sont de retour

«Pour ramener les touristes chez nous, il fallait changer la perception et l’inauguration d’un grand tout-inclus de classe internationale – le Royal Decameron Indigo – constitue une étape significative dans le cadre de cette démarche», déclarait Stéphanie Balmir-Villedrouin, ministre du Tourisme d’Haïti, à notre journaliste. Celui-ci se trouve actuellement au tout nouveau Decameron qui a ouvert ses portes sur la côte des Arcadins, voici un peu plus de deux mois. Jeudi dernier, en compagnie de quatre de ses collègues, il a rencontré la ministre qui a dressé le bilan de trois ans d’efforts pour replacer Haïti sur la carte des grandes destinations touristiques de la Caraïbe. 

Quelle signification a revêtu pour vous l’inauguration du Royal Decameron Indigo?

Royal Decameron IndigoHaïti a été bannie de la carte touristique en 1991, quand le président Aristide a été renversé par un coup d’état. Le Club Med s’est alors retiré de l’île. En s’implantant chez nous, la chaîne Decameron, qui est une marque respectée de réputation internationale, lance un signal fort aux autres grandes chaînes hôtelières et aux tours opérateurs d’Europe et des Amérique. Nous pouvons maintenant dire que nous avons un grand complexe tout-inclus et qu’il fait le plein. L’image d’Haïti était entachée. Nous passions pour une destination dangereuse où les infrastructures indispensables à l’accueil de touristes internationaux étaient absentes. Ce sont des perceptions erronées, mais elles ont la vie dure et nous nous employons depuis trois ans à les dissiper. 

Est-ce difficile de changer la perception négative qui affecte Haïti?

Oui, car nous devons défaire des images solidement ancrées et perpétuées par les réseaux sociaux. Nous devons aussi nous employer à changer le comportement des Haïtiens. Nous savons quoi faire, mais une manifestation, même si elle n’a pas l’ampleur que certains médias veulent bien lui prêter, peut suffire à nous faire perdre le terrain gagné. À l’étranger, beaucoup de gens pensent encore que c’est dangereux de venir en Haïti. Or rien n’est plus faux. Les touristes sont bien accueillis et appréciés et la destination est plus sécuritaire que la plupart des autres pays de la Caraïbe et d’Amérique latine. Les touristes peuvent non seulement séjourner en toute sécurité dans des hôtels confortables et bien équipés, mais aussi circuler sans problème et vivre des expériences que d’autres destinations ne seraient pas en mesure de leur offrir. Car nous avons des plages aussi belles que celles de Cuba et de la République dominicaine, mais nous avons en plus une histoire et des traditions culturelles qui nous permettent de proposer aux touristes des expériences inoubliables. Nous avons déjà mis sur pied, avec l’aide de Transat et d’autres opérateurs, une série d’excursions très intéressantes et nous préparons un circuit vaudou qui sera bientôt disponible. 

Comment comptez-vous vous y prendre pour renverser la perception négative?

Le restaurant Les Jardins du Mupanah, situé dans les jardins du Musée-Panthéon National, à Port-au-Prince.Bien sûr, nous faisons beaucoup d’interventions sur les réseaux sociaux et nous sommes présents dans les grandes foires touristiques internationales. Nous étions à Top-Résa, en France, ce mois-ci, nous serons à l’ANATO, la grande foire touristique qui se tient à Bogota, et le mois prochain à l’ITB Berlin, où nous assurerons une présence pour la quatrième année consécutive. Depuis trois ans, nous accueillons chaque année plus de 50 journalistes et nous avons reçu plus de 150 agents de voyages, depuis 2011. Mais le fer de lance de notre stratégie repose sur les touristes eux-mêmes. Leur nombre a doublé, en moins de trois ans, passant de 286 000, en 2012, à 515 000, en 2015. Ces visiteurs-là sont nos meilleurs propagandistes. Leur taux de satisfaction est élevé, ils en parlent autour d’eux et ils placent des commentaires positifs sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, les consommateurs nord-américains et européens sont intrigués. Le Forum Économique Mondial, qui classait Haïti au 140e rang des destinations touristiques, nous classe maintenant au 133e rang. Et nous continuerons à progresser rapidement.

 

Transat a été le premier grand t.o. à inclure la destination dans sa programmation. Quels sont les autres opérateurs qui vous envoient des touristes?

Transat a été un acteur majeur dans ce processus qui consiste à changer l’image de la destination. Outre eux, il y a bien sûr Look Voyages, qui est un joueur majeur en France et une douzaine d’autres t.o. de différentes origines. En France, nous sommes notamment programmés par Nouvelles Frontières, Pack Voyages et Adeo Confins du Monde. Au Canada par Terre d’Aventure. Aux États-Unis par Cheap Caribbean et nous menons des discussions assez avancées avec Apple Vacations, qui est le plus grand t.o. du pays. Au Royaume-Uni, cinq opérateurs vendent Haïti, parmi lesquels Exodus et Interchange Tailor Made. Dans la Caraïbe, l’agence Penchard de la Guadeloupe nous envoie des résidents des Antilles françaises et deux voyagistes dominicains, DS Voyage et Dom Rep Tours proposent également la destination. Le mois prochain, à Berlin nous rencontrons un opérateur polonais et un voyagiste tchèque pour finaliser les ententes. Ils veulent vendre le Decameron et exploiter un service de charters, l’un  au départ de Varsovie et l’autre, de Prague. Depuis un quart de siècle, les hôteliers haïtiens survivaient grâce aux ONG et aux touristes d’affaires. Mais là, les touristes internationaux sont de retour.

Quels sont vos objectifs à moyen-terme?

Nous avons deux grand projets de développement dans la pipeline : celui de l’île à Vaches, qui porte sur 900 chambres réparties entre quelques hôtels boutiques haut de gamme, et celui de la Côte de Fer, où nous détenons des lettres d’entente qui devraient se traduire par des investissements de 412 millions $ US et la construction de 2500 chambres. Notre objectif est de hausser la capacité d’accueil à 30 000 chambres et d’accueillir annuellement 2 millions de touristes, d’ici 2037.

Une centaine de Québécois chaque semaine

«Cette semaine, nous accueillons un peu plus de 80 Québécois au Decameron, et la semaine dernière, j’en ai reçu 110», indiquait Michel David, le représentant de Vacances Transat basé au Royal Decameron Indigo de la côte des Arcadins.

Nous avions croisé Michel mercredi, à l’aéroport de Port-au-Prince, où il était venu superviser les opérations d’accueil du contingent de Québécois qui avaient acheté le forfait du séjour au Decameron et nous l’avons retrouvé vendredi soir, à La casserole haïtienne, un des deux restaurants «à la carte» du complexe de 438 chambres, dont nous reparlerons cette semaine.

«Naturellement, les Québécois ne sont pas encore aussi nombreux que les Français, poursuit Michel David. Mes collègues de Look Voyages accueillent trois avions pleins chaque semaine. Mais les Québécois sont assez nombreux pour me tenir très occupés.»

D’ailleurs, une dizaine d’animateur de Look sont sur place en permanence pour assurer l’encadrement des touristes qui ont acheté le forfait «Club Lookea». Cela en plus de la quinzaine d’animateurs du Decameron. L’accent français est donc prédominant sur le complexe, mais les Québécois sont aussi omniprésents.

Indicateur