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Grèce : solidarité ou méfiance?
Même si les dirigeants de l’Union Européenne et ceux du gouvernement grec sont parvenus ce matin à un accord qui devrait permettre à la Grèce de rester dans la zone Euro, les messages contradictoires continuent à proliférer quant à l’opportunité de voyager en Grèce.
Ainsi, Ryanair annonçait, dans le cadre d’une campagne baptisée «Keep Greece Flying», une réduction tarifaire de 30% sur tous ses vols vers la Grèce, jusqu’à la fin octobre. Mais certains responsables politiques européens mettent leurs concitoyens en garde contre les risques encourus par les voyageurs qui s’aventurent en territoire hellène.
La semaine dernière, le chancelier (ministre des Finances) britannique, George Osborne, évoquait les risques liés à la pénurie de médicaments qui se profile en Grèce, dans une déclaration alarmiste répercutée par tous les médias du Royaume Uni (qui n’est pas membre de la zone Euro) et amplifiée par les journaux à sensation. Ce qui lui a valu, ce matin, une dénonciation de l’organisme Responsible Travel.
Par voie de communiqué, cet organisme, qui fédère 400 t.o. soucieux de tourisme durable dans 190 pays, le tançait vertement et invitait les Britanniques (ils sont deux millions à visiter la Grèce, chaque année), à faire preuve de solidarité, en voyageant dans ce pays où 19% de la main d’œuvre est tributaire du tourisme. Il recommandait également de se munir de sommes importantes d’argent comptant, de manière à permettre aux commerçants et prestataires grecs d’accéder à des liquidités.
Ryanair propose, jusqu’au 26 juillet, des vols au départ d’Athènes vers La Canée (ou Chania, en Crète) et Rhodes au tarif de 4,99 euros. Le transporteur voulait également encourager les Grecs à voyager dans leur pays en leur offrant un accès gratuit aux vols intérieurs, à condition que l’aéroport d’Athènes et HCCA (la direction de l’aviation civile grecque) cessent de percevoir les frais de développement des aéroports, pendant la même période. Ce qui a été refusé.
Le magazine américain Travel Weekly rapporte que la firme Sojern, qui compile les données sur les sites de voyages, a décelé une baisse de 23% des recherches en ligne portant sur la Grèce, aux États-Unis. En Europe, un sondage en ligne effectué par le portail GoEuro.com, révèle que 72% des Allemands ayant voyagé en Grèce au cours des cinq dernières années, indique que la crise économique a affecté leur perception de ce pays de façon négative. Par contre, 93% des Espagnols on répondu qu’ils continuent à avoir une vision positive de la Grèce.
Aux États-Unis, les voyagistes font savoir que les inquiétudes de leurs clients portent essentiellement sur la possibilité de se procurer de l’argent comptant sur place et de voir leurs cartes de crédit honorées.
En France, 10,4% des agences de voyages ayant répondu à un sondage en ligne orchestré par l’Écho Touristique indiquent avoir enregistré des annulations consécutives à la crise grecque. Par contre, 68,7% des points de ventes font savoir que la demande reste stable, quoique beaucoup de clients «posent des questions».
Rappelons que ce matin, les négociateurs de l’Union Européenne et de la Grèce sont parvenus à un accord portant sur un nouveau prêt de 82 milliards d’euros qui permettrait à la Grèce d’honorer ses obligations à court terme et de refinancer ses banques. Les négociateurs ont clamé que le Grexit (la sortie de la Grèce de la zone Euro) serait ainsi évité. Par contre, l’accord doit être approuvé par les parlements de chacun des pays membres de la zone euro, d’ici vendredi. Ce qui n’est pas gagné d’avance.