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Golfe Persique et Occident : la guerre du ciel
Depuis le début du mois de mars, on assiste à une véritable guerre des déclarations entre d’un côté, les compagnies aériennes américaines, American Airlines, Delta Air Lines et United Airlines, et les transporteurs du Golfe Persique, Emirates Airlines, Etihad Airlines et Qatar Airways.
Les premières accusent les compagnies du Golfe de recevoir des subventions de la part de leurs états respectifs, aboutissant à une situation de concurrence déloyale.
Selon les trois transporteurs américains, qui ont mené une étude de leur côté, Emirates Airlines, Etihad Airlines et Qatar Airways auraient reçu pas moins de 42 milliards de dollars de subventions de la part de leurs pays entre 2004 et 2013. Les détails de cette enquête ont été publiés le 5 mars dernier. Selon ce rapport, sans ces aides, les compagnies du Golfe n’auraient tout simplement pas pu survivre.
American Airlines, Delta Air Lines et United Airlines ont donc formulé au gouvernement américain une demande pour l’ouverture d’une consultation afin de réduire la capacité de transport de ces pays vers les USA et d’interdire tout simplement l’ouverture de nouvelles routes.
L’Europe, qui voit également ses compagnies aériennes perdre du terrain face aux avions du Golfe, va aussi dans sens parlant de concurrence déloyale et souhaitant la mise en place de nouvelles mesures.
Dans un communiqué de presse émis le 13 mars dernier par le ministère des transports et du développement durable de la France, le pays demande, de concert avec l’Allemagne, à ce que la Commission européenne agisse.
Il y est notamment dit que « dans une intervention conjointe, les Ministres français et allemand ont constaté que les compagnies aériennes européennes perdent des parts de marché face aux compagnies du Golfe, en raison de leurs pratiques concurrentielles déloyales, notamment du fait des subventions et garanties publiques importantes dont elles bénéficient. »
Les Ministres ont proposé à leurs homologues et à la Commission d’adopter une stratégie commune pour mettre un terme à ces pratiques. Ils ont notamment suggéré que l’extension des droits de trafic donnés aux compagnies aériennes étrangères en Europe soit assortie d’un véritable contrôle du mode de fonctionnement de ces compagnies.
Les Pays-Bas, la Belgique, la Suède et l’Autriche ont d’ores et déjà apporté leur soutien à l’initiative franco-allemande.
La réponse du Golfe
Évidemment, la réponse des transporteurs attaqués n’a pas tardé à arriver.
Emirates, de son côté, a mis en avant le bienfait de la compagnie sur l’économie européenne. En commandant une étude, le transporteur avance avoir crée entre 2013 et 2014 plus de 85 000 emplois sur le Vieux-Continent, plus 40 000 autres avec ses achats de gros porteurs Airbus A380.
Menée par le cabinet d’audit Frontier Economics, publiée le 3 mars 2015, l'étude souligne qu’Emirates, à elle-seule, a généré 6,8 milliards d’euros en termes de PIB en Europe grâce aux « 220 routes sans concurrence qu’elle offre » dans 28 villes et s6 pays retenus pour l’audit.
De son côté, Qatar Airways a réagit ce matin par la voie de son PDG Akbar al-Baker, en niant recevoir des subventions de la part du pays et a accusé Delta Airlines de faire voler des avions « pourris » âgés de 35 ans, mettant en avant la flotte moderne de Qatar Airways et ses performances sur l’environnement inégalées.
Voilà qui ne devrait pas apaiser les tensions.