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Et si TUI rachetait Transat France?
Et si le groupe allemand TUI, actionnaire de Sunwing à 49%, rachetait Transat France, qui remplirait les vols du voyagiste canadien de l’autre côté de l’Atlantique?
Selon le quotidien économique français Les Échos, TUI, numéro 1 mondial du voyage, serait le principal candidat en lice pour l’acquisition des voyagistes européens de Transat, à savoir Look Voyages, Transat France et Tours Greece. Si la transaction se concrétisait, le t.o. allemand se ferait-il concurrence à lui-même (non seulement, il est actionnaire de Sunwing, mais aussi propriétaire de Corsair) en revendant les sièges que Transat commercialise sur ses routes Europe/Canada?
On peut se poser la question.
Au début de l’année, Transat annonçait la mise en vente de ses filiales européennes, pour recentrer ses activités sur l’Amérique du Nord. La banque d’affaires Rothschild a été mandatée pour trouver des acheteurs et cornaquer la vente.
Dans un article publié le 20 avril, Les Échos recense trois candidats potentiels, soit TUI, DER Touristik et Alpitour, principal grossiste italien. Le numéro deux allemand du voyage, DER Touristik a racheté les activités voyagistes du géant suisse Kuoni, l’an dernier, mais la transaction n’incluait pas la filiale française.
Or, la France échappe encore à son rayon d’action, alors qu’il est présent dans 14 autres pays européens. Il réalise un chiffre d’affaires de 7,7 milliards d’euros et fait voyager annuellement 7,7 millions de clients.
Quant à Alpitour, premier t.o. italien avec 3,1 millions de clients par an, son porte-parole aurait refusé de commenter l’éventualité d’un rachat de Transat France (on n’a donc rien démenti).
Filiale du holding IFIL-FIAT, contrôlé par la famille Agnelli (principal groupe industriel italien, notamment avec le constructeur automobile FIAT-Chrysler), ce voyagiste aurait largement les moyens de racheter Transat France, si ses dirigeants jugeaient pertinente une expansion dans l’Hexagone.
TUI, premier en lice
Mais actuellement, les observateurs identifient TUI comme principal candidat au rachat.
Contrairement à ce qui se passe dans les autres pays européens, le marché français est très fragmenté. TUI est le premier joueur, avec des marques comme Nouvelles Frontières, Marmara et le transporteur Corsair, mais il ne contrôle que 12% du gâteau du voyage.
Le rachat de Transat France lui permettrait d’élargir ses parts de marché à 21%. On peut raisonnablement présumer que Transat n’accepterait de vendre ses filiales européennes que contre des garanties solides : l’acheteur devrait s’engager à continuer à vendre les vols d’Air Transat au départ de France et des autres pays européens, puisque les consommateurs d’outre-Atlantique achètent (selon les années et la conjoncture) entre 40% et 60% des sièges mis en marché.
On voit mal TUI s’engager à soutenir le principal concurrent de son grand allié et partenaire, Sunwing et, partant, de phagocyter les opérations de sa filiale aérienne Corsair.
Bien sûr, l’exploitation des routes France/Canada ne constituent qu’une opération marginale pour Corsair (sept vols par semaine trois mois par année, seulement), mais reste la lutte féroce que se livrent Transat et Sunwing, dont TUI détient quand même 49% du capital-actions.
Look Voyages, filiale de Transat France, est un opérateur important sur la zone Caraïbe. La direction de Transat verrait-elle d’un œil serein que les nouveaux dirigeants de Look viennent remplir les hôtels de Sunwing (Memories, Royalton, Starfish, Chic) dans les destinations soleil?<
D’autant plus que les Européens désertent actuellement leurs destinations primaires (Tunisie, Égypte, Turquie…) pour se replier sur les Caraïbes. Et d’autant plus encore que Transat a décidé de céder ses filiales européennes pour se constituer un portefeuille hôtelier (un axe de l’intégration verticale où la compagnie dirigée par Jean-Marc Eustache a pris du retard sur son concurrent)!
La vente de Transat France rapporterait, selon les observateurs, entre 40 et 70 millions d’Euros et le chiffre actuellement le plus plausible semble être 60 millions d’euros, soit au taux actuel, près de 90 millions $. Une mise de départ qui n’est pas faramineuse, mais néanmoins non négligeable pour se constituer un portefeuille hôtelier dans le Sud!
On a beau manipuler l’équation dans tous les sens, on voit mal comment TUI pourrait concilier un rachat de Transat France et son alliance avec Sunwing.
Les autres candidats en piste
Parmi les autres acteurs susceptibles d’être intéressés par l’occasion, on peut mentionner FTI Touristik, de Munich, classé sixième t.o. européen pour le nombre de clients et le chiffre d’affaires (3,4 milliards d’euros et 5000 employés). Ou encore le Français Promovacances-FRAM, qui appartient au holding d’investissement LBO.
Promovacances est la principale agence de voyages en ligne, dans l’Hexagone et FRAM, un des grands joueurs français dans le tour-operating et dans la distribution (200 points de ventes). Ensemble, les deux entreprises réalisent un chiffre d’affaires de 370 millions d’euros.
Pour sa part, Transat France alignait un volume de ventes de 441 millions d’euros, pour l’exercice 2014/2015, avec des résultats plutôt bons (une perte de 190 000 euros, mais des profits de 5,9 millions d’euros l’année précédente).
On devrait connaître l’identité de l’acheteur ces prochains jours (probablement dans le cours de la première semaine de mai).