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En croisière sur la Seine de Honfleur à Paris
Invité par Transat Découvertes et CroisiEurope, notre journaliste effectue actuellement une croisière sur la Seine de Honfleur à Paris, à bord du Botticelli, un bâtiment de 110 mètres de long, d’une capacité de 156 passagers. Le matin du quatrième jour, il a visité Versailles, mais c’est surtout l’après-midi qu’il a apprécié, alors que le bateau passait d’écluse en écluse et de pont en pont, en approchant de Paris. En longeant les rives de la Seine, il a découvert des aspects de la banlieue parisienne qu’il ne soupçonnait pas.
Nous avions navigué toute la nuit, depuis Rouen et, lorsque nous nous sommes réveillés le matin, le Botticelli était amarré au quai de Mantes-la-Jolie. Même si cette petite ville du département des Yvelines est dotée d’une belle collégiale, je n’ai pas eu le temps de la découvrir. J’étais inscrit à une excursion à Versailles et nous avions à peine avalé le petit déjeuner, que nous devions monter dans l’autocar qui nous a conduits au château du roi Soleil. C’était ma troisième visite des lieux et plutôt que de l’enfilade des salons et des lustres de la galerie des glaces, je préfère vous entretenir des installations de l’artiste britannique Anish Kappor, disséminées dans les jardins du domaine royal. L’idée était, naturellement, d’intégrer art contemporain et art ancien. Le scandale faisant partie de la panoplie de moyens dont les artistes contemporains se servent pour susciter l’émotion, l’effet recherché était plutôt réussi dans le cas de cette exposition temporaire qui sera présentée jusqu’en novembre.
Si les miroirs déformants placés à quelques endroits choisis autour des bâtiments amusaient plutôt qu’ils ne heurtaient la sensibilité, il n’en allait pas de même avec l’installation monumentale baptisée «Dirty corner». Elle fait face au bassin d’Apollon, à l’entrée de la grande perspective, cette allée aménagée par Le Nôtre dans l’axe est-ouest des jardins. Elle prend la forme d’une grande trompe d’acier rouillé, de 60 mètres de long, dont les connotations sexuelles sont tellement évidentes (et d’ailleurs revendiquées par l’artiste) que les médias l’ont baptisée «le vagin de la reine». Elle a été vandalisée à la mi-juin, mais les dégâts (quelques jets de peinture jaune) ont rapidement été nettoyés.
On dénombrait déjà 221 statues dans le parc. Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette 222e (sans compter les miroirs courbes et le «Vortex», qui est un bassin d’eau tourbillonnante censée symboliser le chaos primitif) tranche sur le classicisme des lieux. Elle a au moins le mérite de contribuer à animer les conversations.
L’arrivée à Paris
Nous avons rejoint le bateau à Poissy. Il a appareillé aussitôt et entrepris de remonter le courant jusqu’à Paris. Tout au long du parcours, les berges sont agrémentées d’un liséré de péniches aménagées en résidences souvent fort coquettes.

Nous nous sommes engagés dans les écluses de Chatou et, plus loin, dans celles de Suresnes. Au fil des méandres que le cours de la Seine trace avant de s’enfoncer dans Paris, nous avons longé les rives de villes de banlieues aux noms familiers, même si l’on n’y met jamais les pieds – Asnières, Courbevoie, Levallois-Perret – et contourné plusieurs îles – l’île de Puteaux, l’île Séguin, l’île Ste-Geneviève. De toutes, je retiens le nom de celle de la Jatte. Autrefois appelée «île de la Grande-Jatte», elle a été magnifiquement illustrée par les impressionnistes et notamment Monet, Sisley et van Gogh, mais de toutes les toiles qu’ils lui ont consacrées, le tableau du pointilliste Seurat – Un dimanche après-midi dans l’île de la Grande-Jatte – est de loin la plus connue. Un sentier de quatre kilomètres, baptisé «Parcours des impressionnistes», a d’ailleurs été aménagé et serpente entre les zones résidentielles et les jardins publics. Ces derniers constituent un archipel de verdure dans cette île de deux kilomètres de long sur 200 mètres de large, intégré à la très chic banlieue de Neuilly-sur-Seine. Le long des berges, quelques résidences émergent entre deux rideaux de frondaisons et, à la pointe de l’île, la rotonde du petit temple de l’amour se dresse comme une promesse pour les croisiéristes et les plaisanciers qui font leur entrée dans Paris. Les tours du quartier de la Défense qui commencent à se profiler se chargent de nous ramener à une réalité urbaine plus prosaïque.

Quelques minutes plus tard, la statue de la Liberté brandissait sa torche sous nos yeux. Hallucination? Non, c’est une réplique quatre fois moins haute que l’originale. Elle a été placée à la pointe de l’île aux Cygnes, qui sert d’appui au pont de Grenelle. D’ailleurs, à côté de la tour Eiffel, qui se profile en fond de décor, elle a l’air minuscule. Quelques minutes plus tard, le Botticelli entamait les manœuvres d’amarrage, quai de Grenelle.
La croisière n’était pas terminée pour autant. Après le dîner, alors que la nuit tombait, nous repartions pour une navigation nocturne autour des îles de La Cité et St-Louis qui nous a fait passer sous les 37 ponts de la ville, en passant en revue ces bâtiments illuminés emblématiques: Tour Eiffel, Invalides, Louvres, Musée d’Orsay, Assemblée Nationale, Conciergerie, Notre-Dame de Paris… Pour compléter ce tour de ville nautique, il a fallu abaisser les auvents dressés sur le pont panoramique. C’est tout juste si le bateau passait sous certains ponts. C’était la canicule et, malgré l’heure tardive (minuit passé), les berges et les ponts étaient noirs de monde. Paris vibre, même la nuit.
Lisez aussi les comptes rendus de ses premier, second et troisième jours à bord du Botticelli.