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Jeudi,  16 juillet 2026   9:44
Six ans après la COVID-19, l’accord mondial sur les pandémies n’est toujours pas prêt
[OMS/Hedinn Halldorsson]

 

Plus d’un an après son adoption par les États membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’accord international visant à renforcer la prévention et la gestion des futures pandémies n’est toujours pas prêt à entrer en vigueur.

Dans une lettre commune publiée le 15 juin, le président du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva, et le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, exhortent les gouvernements à surmonter les derniers obstacles qui freinent la mise en œuvre du traité.

Selon eux, l’enjeu dépasse largement la santé publique. La pandémie de COVID-19 aurait causé jusqu’à 20 millions de décès et entraîné des pertes économiques mondiales évaluées à 13 000 milliards de dollars.


Un traité adopté, mais incomplet

L’accord sur les pandémies a été adopté le 20 mai 2025 après trois années de négociations entre les États membres de l’OMS.

Toutefois, une annexe essentielle demeure en suspens. Celle-ci concerne le mécanisme PABS. Tant que cette annexe ne sera pas finalisée, l’accord ne pourra être ouvert à la signature ni à la ratification des États. Soixante ratifications seront ensuite nécessaires pour qu’il entre officiellement en vigueur.

Le mécanisme PABS concerne les pays qui détectent et communiquent rapidement des informations sur de nouveaux virus ou agents pathogènes. Il vise à garantir que ces pays puissent obtenir un accès équitable aux vaccins, traitements et outils diagnostiques développés grâce à ces données.

Les débats actuels rappellent les tensions observées pendant la pandémie de COVID-19. De nombreux pays en développement avaient alors dénoncé les inégalités d’accès aux vaccins et autres produits médicaux.


Éviter les erreurs du passé

Les deux dirigeants cherchent également à répondre aux critiques formulées dans certains pays en soulignant que l’accord ne remet pas en question la souveraineté nationale.

Selon eux, le traité ne donnerait à l’OMS aucun pouvoir d’imposer des confinements, des campagnes de vaccination obligatoires ou d’autres mesures sanitaires. Ces décisions continueraient de relever exclusivement des autorités nationales.

Ils soutiennent par ailleurs qu’une meilleure coordination internationale permettrait de détecter plus rapidement les menaces émergentes et d’éviter qu’elles ne dégénèrent en crises mondiales.


Une nouvelle pandémie demeure possible

L’appel intervient alors que les auteurs de la lettre estiment que le risque de voir émerger une nouvelle pandémie au cours de la prochaine décennie approche les 25 %.

Ils évoquent notamment les bouleversements environnementaux, les changements sociaux et les progrès rapides des biotechnologies parmi les facteurs susceptibles d’accroître les risques sanitaires mondiaux.

Les négociateurs doivent se réunir du 6 au 17 juillet afin de tenter de conclure les discussions sur l’annexe PABS. Lula et Tedros souhaitent que cette rencontre permette de finaliser le processus.

« Dans un monde divisé, un tel résultat n’avait rien d’acquis », écrivent-ils au sujet de l’adoption du traité en 2025. « Si nous vous écrivons aujourd’hui, c’est parce que cet espoir n’est pas encore pleinement réalisé. »



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