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Selon le WTTC, le filtrage des médias sociaux est une menace pour l’économie touristique américaine
Le WTTC (World Travel & Tourism Council) met en garde contre un projet de modification du programme électronique d’autorisation de voyage (ESTA) américain, qui imposerait des divulgations plus larges de données liées aux médias sociaux.
L’organisme a mandaté GSIQ et Oxford Economics pour mesurer les effets potentiels sur les arrivées internationales, les dépenses des visiteurs, le PIB touristique et l’emploi aux États-Unis. L’analyse s’appuie sur une enquête multi-pays auprès de voyageurs issus de marchés admissibles à l’ESTA, combinée à une modélisation économique détaillée.
Perception des voyageurs et intentions de voyage
Selon l’enquête, 66% des répondants déclarent être déjà au courant de ce projet de changement, ce qui laisse entrevoir des effets rapides sur le sentiment et le comportement des voyageurs en cas d’entrée en vigueur.
Environ 34% des personnes interrogées affirment qu’elles seraient « quelque peu » ou « beaucoup moins » enclines à visiter les États-Unis au cours des deux à trois prochaines années si la nouvelle politique est appliquée.
Seuls 12% se disent plus susceptibles de s’y rendre, ce qui se traduit par une baisse nette marquée de l’intention de voyage vers le pays.
Impact sur l’image des États-Unis et sur la sécurité perçue
Au-delà des projets de voyage, l’étude met en lumière des enjeux d’image et de perception.
Une minorité de répondants considère cette politique comme un signal de force, mais une proportion plus importante estime qu’elle rendrait les États-Unis moins accueillants et moins attractifs pour les voyages d’agrément et d’affaires.
Une majorité juge que la mesure n’améliorerait pas leur sécurité personnelle ou les ferait se sentir moins en sécurité pendant un séjour dans le pays, et davantage de répondants estiment qu’elle nuirait à la prospérité économique américaine plutôt que de la renforcer.
Pertes économiques et d’emplois envisagées
Dans un scénario d’impact élevé, la modélisation du WTTC indique que les États-Unis pourraient accueillir environ 4,7 millions d’arrivées internationales de moins en 2026, soit une baisse de 23,7% des arrivées en provenance des pays soumis à l’ESTA par rapport à un scénario de référence.
Les pertes correspondantes en dépenses des visiteurs sont estimées jusqu’à 15,7 milliards de dollars US, avec des pertes de PIB liées au voyage et au tourisme pouvant atteindre 21,5 milliards de dollars US.
Le choc sur l’emploi pourrait toucher jusqu’à 157 000 emplois américains, soit trois fois le nombre moyen de postes créés chaque mois en 2025, année où environ 50 000 emplois étaient créés en moyenne par mois.
Concurrence internationale et recul déjà observé
Comparée à d’autres grandes destinations, cette politique d’entrée américaine est perçue comme nettement plus intrusive que les dispositifs en vigueur au Royaume-Uni, au Japon, au Canada ou en Europe de l’Ouest.
Selon le WTTC, cela placerait les États-Unis en situation de désavantage dans un marché touristique mondial très concurrentiel.
L’organisme rappelle que le pays a déjà perdu 11 millions de visiteurs entre 2019 et 2025, et que ces nouvelles mesures affaibliraient davantage les perspectives de l’inbound américain et les exportations du secteur des voyages.
Appel du WTTC aux décideurs américains
Pour Gloria Guevara, présidente-directrice générale du WTTC, « la sécurité à la frontière américaine est vitale mais les projets de changement de politique vont nuire à la création d’emplois, à laquelle l’administration américaine est très attachée ».
Elle souligne que la recherche montre qu’« plus de 150 000 emplois pourraient être perdus si cette politique est mise en œuvre, soit le même nombre généralement créé chaque trimestre aux États-Unis ».
Gloria Guevara ajoute que même des modifications modestes du comportement des visiteurs, dissuadés par ces changements, entraîneraient de réelles conséquences économiques pour le voyage et le tourisme américains dans un contexte de concurrence accrue.
En conclusion, la PDG du WTTC rappelle que le voyage et le tourisme constituent un moteur essentiel de l’économie américaine, de la création d’emplois et de la connectivité internationale, « avec un emploi sur trois dans le monde créé par le secteur ».