Afin de vous offrir une service optimal, ce site utilise des cookies.
En utilisant notre site, vous acceptez notre utilisation des cookies. En savoir plus
Manon Hubert : une peine d’emprisonnement de 2 ans moins 1 jour… à la maison!
On connaît désormais la peine imposée à la fraudeuse Manon Hubert, reconnue coupable dans une affaire qui fait la manchette depuis 13 ans.
Rappelons que cette ancienne agente de voyages avait élaboré un stratagème s’apparentant à une fraude à la Ponzi, touchant des centaines de consommateurs. L’affaire avait entraîné une ponction de 735 000 $ dans le FICAV – et forcé Christian Guillet, propriétaire de Club Voyages Langelier, à vendre son agence pour éviter la faillite. Après de nombreux délais et revirements, la fraudeuse s’est finalement reconnue coupable le 14 octobre 2022.
Une peine avec sursis assortie d’une « ordonnance de dédommagement »
La sentence a été prononcée mardi (15 avril) au Palais de justice de Montréal. Manon Hubert écope d’une peine d’emprisonnement de deux ans moins un jour avec sursis, ce qui signifie qu’elle pourra purger sa peine « dans la collectivité » (à son domicile).
Elle devra toutefois respecter plusieurs conditions strictes, sans quoi elle pourrait perdre son sursis, être arrêtée et incarcérée pour purger le reste de sa peine.
Le juge a aussi rendu une « ordonnance de dédommagement » imposant à Mme Hubert de verser 30 000 $ à sa victime, Christian Guillet. Ce dernier devrait recevoir une première tranche de 4600 $ sous peu, suivie de 25 400 $ étalés sur huit ans.
Soulagé de voir l’affaire enfin aboutir
En entrevue avec PAX, Christian Guillet se dit soulagé de voir l’affaire enfin aboutir. Rappelons qu’il avait déposé sa plainte au SPVM le 5 janvier 2012…
« Les années qui ont suivi ont été un cauchemar », relate l’ancien proprio de Club Voyages Langelier. Graduellement, il a toutefois réussi à mettre cette épreuve derrière lui pour se reconstruire. « J’ai pu refaire ma vie dans l’industrie du voyage », témoigne celui qui occupe aujourd’hui le poste de directeur général chez Voyage Louise Drouin.
Même si le dédommagement de 30 000 $ que devra lui verser Mme Hubert ne couvre qu’une fraction des pertes qu’il a subies, Christian Guillet ne semble pas trop s’en formaliser. Il n’a jamais vraiment nourri l’espoir de récupérer la totalité des sommes perdues.
« Ce qui compte avant tout, pour moi, c’est que Mme Hubert ait été déclarée criminellement responsable de ses actes et qu’elle porte un casier judiciaire. Je suis heureux que le travail accompli par le SPVM et les procureurs au cours de ces 13 dernières années aboutisse enfin à une conclusion », déclare-t-il, en félicitant tous ceux qui se sont impliqués dans le dossier.
Dans le même élan, Christian Guillet exprime également sa gratitude envers toutes les personnes de l’industrie du voyage qui l’ont soutenu tout au long de cette longue et difficile épreuve.
Une saga marquée par de nombreux rebondissements
Considérée comme l’une des plus grandes fraudes de l’industrie du voyage, cette affaire a été marquée par de nombreux rebondissements. « À un moment, mardi, le juge St-Onge s’est retiré pour consulter le plumitif [NDLR : le registre officiel retraçant l’historique des procédures judiciaires dans un dossier]. À son retour, il a expliqué que cela lui avait pris du temps, car le document technique compte pas moins de 39 pages ! » relate M. Guillet.
Rappelons notamment que Manon Hubert avait d'abord admis sa culpabilité en 2018, avant de réussir à retirer son plaidoyer en 2021, pour finalement se reconnaître de nouveau coupable l'année suivante, dans un énième coup de théâtre. En 2012, la fraudeuse avait également intenté, sans succès, une poursuite civile à l’encontre de sa victime !
La prudence toujours de mise face à des fraudeurs plus retors que jamais
Si Christian Guillet tire une leçon de cette expérience, c’est qu’il faut toujours, toujours, être très prudent face à la fraude.
« C’est plus important que jamais, surtout aujourd’hui, alors que les tentatives de fraude se multiplient, particulièrement dans le secteur du voyage, et que les fraudeurs sont de plus en plus habiles à tromper. »
« Faut pas lâcher ! »
Par ailleurs, si on est victime de fraude, il ne faut pas hésiter à porter plainte, insiste M. Guillet.
« Il faut le faire, même si cela marque peut-être le début d’un processus long et parfois pénible. Dès le départ, mon avocat dans ce dossier, Me Daniel Guay, n’a cessé de me répéter de faire preuve de patience et de persévérance, et de faire confiance à la justice. »
« Il avait raison : faut pas lâcher ! », conclut Christian Guillet.
LIRE PLUS
● La fraudeuse Manon Hubert derrière les barreaux !
● Manon Hubert coupable de fraude… dans une tout autre affaire !
● La fraudeuse Manon Hubert change d’avis et re-plaide coupable !
● Manon Hubert : un coup de théâtre… encore !
● Manon Hubert, Christian Guillet et le supplice de la goutte d’eau
● Affaire Manon Hubert : on étire encore un peu l’élastique
● Manon Hubert plaide coupable : un dénouement pour la plus grosse fraude de l’industrie
● Manon Hubert est condamnée, mais…