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Le passeport canadien gagne du terrain dans un monde plus fragmenté
Le Henley Passport Index célèbre cette année son 20e anniversaire en dressant un constat paradoxal : jamais les passeports n'ont offert autant de liberté de voyager, alors que le contexte géopolitique mondial n'a jamais été aussi tendu.
Selon l'édition de juillet 2026 de l'indice, un passeport donne désormais accès sans visa à 108 destinations en moyenne, contre seulement 58 en 2006, illustrant l'essor de la mobilité internationale au cours des deux dernières décennies.
S'appuyant sur les données Timatic de l'Association internationale du transport aérien (IATA), le classement montre que cette ouverture se poursuit malgré la multiplication des conflits dans le monde.
Singapour conserve le passeport le plus puissant de la planète, avec un accès sans visa à 192 destinations. Les Émirats arabes unis réalisent la meilleure progression depuis janvier et rejoignent le Japon et la Corée du Sud au deuxième rang (188 destinations).
Le Canada gagne quant à lui une place et occupe désormais le 7e rang mondial, avec un accès sans visa ou avec visa à l'arrivée à 183 destinations. Le Royaume-Uni grimpe au 6e rang (184 destinations), tandis que les États-Unis demeurent en 10e position avec 180 destinations.
Des écarts qui se creusent
En vingt ans, la liberté de voyager s'est largement améliorée, mais les écarts entre les pays se sont accentués. Alors que le meilleur passeport permet aujourd'hui d'accéder à 192 destinations, l'Afghanistan demeure en dernière position, creusant un écart record de 170 destinations avec le premier du classement.
Les Émirats arabes unis affichent la plus forte progression sur cette période, avec 153 nouvelles destinations accessibles sans visa.
Un lien entre paix et mobilité
Le rapport met également en parallèle le Henley Passport Index et l'Indice mondial de la paix, publié par l'Institute for Economics & Peace. L'analyse révèle une forte corrélation entre le niveau de paix d'un pays et la puissance de son passeport.
Les auteurs soulignent toutefois plusieurs exceptions, notamment les États-Unis, Israël, la France, les Émirats arabes unis et la Corée du Sud, dont les passeports offrent une mobilité bien supérieure à ce que leur classement en matière de paix laisserait présager.
Selon Christian H. Kaelin, président de Henley & Partners et créateur de l'indice, « la puissance d'un passeport est l'une des expressions les plus évidentes du capital géopolitique d'un pays » et reflète autant son influence diplomatique que ses relations économiques et stratégiques.