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Mardi,  9 décembre 2025   9:05
Frontière : les Canadiens jugent les nouvelles exigences américaines «intrusives»


« La relation autrefois fiable entre le Canada et les États-Unis semble être entrée dans une nouvelle phase de tensions accrues », estime l’Institut Angus Reid, qui publie aujourd’hui (7 novembre) les résultats d’un sondage sur la question.

L’enquête révèle en effet une forte baisse du nombre de Canadiens se rendant fréquemment aux États-Unis.

« Alors que les différends tarifaires persistent et que le président Donald Trump ne cherche guère à apaiser les choses, les Américains pourraient essuyer un camouflet de la part des snowbirds cet hiver », avance l’Institut Angus Reid.

Déjà, la proportion de ceux ayant effectué plus d’un voyage au sud de la frontière au cours des 12 derniers mois a chuté de moitié depuis 2017. Environ un Canadien sur dix (10 %) affirme avoir visité les États-Unis plus d’une fois dans la dernière année, comparativement à 19 % en 2023 et 21 % en 2017.


Malaise face aux nouvelles règles

Selon l’étude, pas moins de 70 % des répondants se disent mal à l’aise à l’idée de voyager aux États-Unis cet hiver.

Deux tiers (65 %) qualifient les nouvelles exigences frontalières – notamment la collecte d’empreintes digitales et les frais d’enregistrement imposés aux visiteurs de longue durée – d’« intrusives ».

Pour plusieurs Canadiens, ces mesures s’ajoutent à un climat général d’inquiétude. Les préoccupations liées à la sécurité, aux tensions politiques et au traitement à la frontière dépassent désormais les considérations de coût ou de taux de change parmi les raisons invoquées pour réduire les séjours aux États-Unis.

Notons que les Canadiens qui ne sont pas allés aux États-Unis au cours de la dernière année se montrent particulièrement inquiets à l’idée de traverser la frontière.

Une majorité d’entre eux craint que leurs renseignements personnels soient collectés (71 %), que leur téléphone soit fouillé (70 %), qu’ils soient soumis à un interrogatoire plus poussé que d’habitude (69 %) ou même qu’on leur refuse l’entrée (63 %).

À l’inverse, ceux qui ont visité les États-Unis plus de deux fois au cours des 12 derniers mois se montrent beaucoup moins préoccupés par ces enjeux.


Un choix perçu comme un geste patriotique

Près de sept répondants sur dix (69 %) déclarent avoir réduit leurs voyages aux États-Unis pour « défendre le Canada ».

Malgré cette tendance, l’expérience frontalière demeure globalement stable : 85 % des voyageurs récents estiment que le passage à la frontière s’est bien déroulé, un taux inchangé depuis les sondages de 2017 et de 2023.


Une image en déclin comme destination touristique

L’étude montre que 77 % des Canadiens perçoivent désormais les États-Unis plus négativement comme destination de voyage qu’auparavant. Ce sentiment est partagé par 71 % des voyageurs les plus fréquents.

Deux Canadiens sur cinq qui boudent les États-Unis affirment avoir voyagé – ou prévoir voyager – à l’intérieur du Canada (42 %) ou à l’extérieur de l’Amérique du Nord (42 %) à la place.

Un sur cinq (21 %) dit avoir remplacé ses voyages aux États-Unis par des séjours au Mexique. Les Canadiens de moins de 35 ans sont les plus susceptibles d’indiquer qu’ils renoncent complètement à voyager (16 %).


Et si la Canada imposait des mesures similaires ?

Quant à la possibilité pour le Canada d’imposer des mesures similaires aux visiteurs américains de longue durée – incluant la prise d’empreintes digitales –, les opinions sont divisées : 42 % des répondants jugent la mesure appropriée, tandis que 39 % la jugent inutile.

Pour plus d’info (en anglais) : angusreid.org



Méthodologie

L’Institut Angus Reid a mené un sondage en ligne du 24 au 27 octobre 2025 auprès d’un échantillon aléatoire de 1 607 adultes canadiens membres du Forum Angus Reid. L’échantillon a été pondéré afin d’être représentatif de la population adulte à l’échelle nationale selon la région, le sexe, l’âge, le revenu du ménage et le niveau de scolarité, conformément aux données du recensement canadien. À titre comparatif, un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de +/- 1,5 point de pourcentage, 19 fois sur 20. Les écarts dans les totaux sont attribuables à l’arrondissement.

 

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