Politique en matière de cookies

Afin de vous offrir une service optimal, ce site utilise des cookies.
En utilisant notre site, vous acceptez notre utilisation des cookies. En savoir plus

Vendredi,  16 octobre 2026   20:40
Europe méditerranéenne: la canicule transforme la perception des voyageurs
Portofino, Italie [Uguette Chiasson]


Ce n’est pas qu’une impression : les vagues de chaleur répétées et inhabituellement précoces commencent à influencer l'image idyllique que les voyageurs se font du sud de l’Europe en été, selon une nouvelle analyse de l’indice de perception climatique réalisée par The Data Appeal Company. Ces constats touchent notamment la France et l’Italie, où les signes d’un changement ont été bien visibles cet été.

Parler météo n’a rien d’anodin en 2026. Après un été marqué par des vagues de chaleur successives et des températures dépassant les 40 °C dans certaines régions d’Europe, la chaleur extrême est devenue un sujet incontournable dans les discussions sur les voyages. L’ analyse effectuée par The Data Appeal Company / Almaviva Group démontre que, si les destinations méditerranéennes restent fortement associées à des climats estivaux favorables, les canicules à répétition commencent à remettre en question ces perceptions sur certains marchés.

S'appuyant sur l'écosystème d'intelligence touristique de Data Appeal Mabrian, l’étude suit l'évolution de l'indice de perception du climat (PCI)* dans cinq destinations du sud de la Méditerranée, soit l'Espagne, le Portugal, la France, l'Italie et la Grèce depuis 2023.

Sicile, Italie [Marie-Julie Gagnon|


Les conclusions de l’analyse

Bien que la chaleur continue de provoquer principalement des chocs de perception à court terme, on observe cette année les premiers signes d’un changement. Dans l’ensemble des destinations méditerranéennes, l’indice PCI baisse généralement pendant les vagues de chaleur et rebondit dès que les températures reviennent à la normale. Toutefois, les épisodes répétés, précoces et prolongés de cette année sont de plus en plus susceptibles d’aller au-delà d’un simple inconfort temporaire et d’influencer la perception générale des conditions climatiques estivales.

La France en est le signal d’alerte le plus évident. L’Hexagone a enregistré un PCI moyen de 77,2 entre mai et juillet 2026, bien en deçà du Portugal (93,5), de l’Italie (91,6), de l’Espagne (90,4) et de la Grèce (89,9). Les canicules répétées et atypiques du début de la saison semblent constituer les signes les plus forts à ce jour d’une détérioration potentielle de l’attrait climatique.

L’Italie n’échappe pas au même phénomène. Après avoir atteint une moyenne élevée de 92,2 pour l’indice PCI durant l’été 2025, l’indice PCI de l’Italie pour la période mai-juillet 2026 est inférieur de 0,9 point à celui de la même période l’année dernière. Il reste à un niveau élevé, mais revient globalement dans la fourchette observée les années précédentes.

Touristes posant dans l'escalier de la Place d'Espagne, à Rome [Marie-Julie Gagnon]


L'Espagne et la Grèce moins touchées?

Bien que la chaleur ait défrayé les manchettes à maintes reprises en Espagne et en Grèce, notamment lors de la fermetures de sites archéologiques populaires à cause de la chaleur, ces deux destinations semblent plus résilientes.

Cela met en évidence une conclusion majeure de l’analyse : les attentes des voyageurs ont presque autant d’importance que les températures elles-mêmes.

Placa del Sol, Barcelone [Marie-Julie Gagnon]


Le jeu des perceptions

L’analyse révèle également des différences significatives entre les marchés émetteurs. Les voyageurs français, ainsi que les voyageurs nationaux des deux marchés analysés — l’Espagne et la France —, ont tendance à être plus sensibles à la chaleur extrême. En revanche, les voyageurs britanniques manifestent généralement des réactions négatives à court terme, suivies d’un retour à la normale relativement rapide. Les voyageurs américains apparaissent plus tolérants à la chaleur estivale méditerranéenne, conservant une perception toujours positive du climat, même pendant les périodes de températures élevées.

Ces résultats suggèrent que l’impact du changement climatique sur le tourisme ne peut être mesuré uniquement à l’aune de la température. Ce qui importe pour les destinations, c’est le caractère inhabituel, prolongé et inattendu des conditions extrêmes et la mesure dans laquelle celles-ci remettent en cause les attentes bien ancrées des voyageurs quant à ce que devraient être des vacances d’été.

« On ne peut pas contrôler les vagues de chaleur, mais on peut gérer les attentes et les expériences des voyageurs », explique Carlos Cendra, directeur du marketing et de la communication chez The Data Appeal Company. Dans un communiqué de presse, ce dernier souligne que les phénomènes météorologiques extrêmes occupent une place de plus en plus importante dans l’expérience de voyage. « Les destinations doivent passer d’une simple réaction aux conditions climatiques à une véritable anticipation de celles-ci », croit-il.

« Comprendre où se situent les seuils de confort selon les marchés peut aider les destinations à adapter ce qu’elles mettent en avant, le moment où elles le proposent et la manière dont elles offrent des expériences tout au long de la saison », conclut-il.



Pour toute l’actualité du voyage : abonnez-vous à PAX.



Indicateur