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Samedi,  6 juin 2026   10:29
Agences ou voyagistes: qui a le mieux tiré son épingle du jeu l’an dernier?
[Pexels : Jahra Tasfia Reza]

Chaque automne, Statistique Canada publie son enquête sur les « services de préparation de voyages », un vaste groupe qui regroupe les agences de voyages, les voyagistes et d’autres services liés à la planification et à la réservation de voyages.

Autrement dit : vous, les pros du voyage !


La croissance post-COVID se poursuit... mais à un rythme plus lent !

En 2024, les Canadiens ont effectué 52 millions de voyages internationaux, un nombre demeurant toutefois sous les niveaux prépandémie.

Néanmoins, les revenus d’exploitation du groupe des « services de préparation de voyages » ont progressé de 7,1 % en 2024, pour atteindre 16,5 G$ – un sommet inégalé !

Cela dit, même si les revenus de votre groupe ont dépassé de 12,7 % en 2024 ceux de 2019, ce taux de croissance de 7,1 % était le premier sous la barre des 10 % depuis l'après-COVID, note StatCan.

« Ce rythme plus lent en 2024 laisse supposer un retour à des conditions plus habituelles et la fin de la phase de reprise à la suite de la pandémie de COVID-19 », observe l'agence fédérale.


Le Québec et le Canada comparés

Comme chaque année, le rapport de StatCan permet de comparer la performance des « services de préparation de voyages » du Canada à ceux du Québec.

À l’échelle du Canada, les revenus combinés des agences de voyages et des voyagistes ont atteint 12,5 G$ en 2024. Au Québec, ces deux segments ont généré ensemble 3,61 G$ en revenus d’exploitation.

La province représente ainsi un peu plus du quart de ce marché combiné agences-voyagistes au Canada (alors que sa population représente environ 22 % de celle du Canada).


Voyagistes et agences comparés

Le rapport de StatCan sur les « services de préparation de voyages » permet aussi de mettre en parallèle la performance des agences de voyages et celle des voyagistes.

Qui affiche la plus forte croissance ? Qui dégage les meilleures marges bénéficiaires ? Qui dépend le plus des ventes en ligne, des forfaits ou du transport aérien ?


Au chapitre des revenus : net avantage aux voyagistes

Au Canada, les voyagistes ont généré 9,6 G$ de revenus d’exploitation en 2024 (+6,3 % en variation annuelle), contre 2,9 G$ pour les agences de voyages (+3,9 %).

Au Québec, l’écart est comparable, avec 2,86 G$ pour les voyagistes et 754,1 M$ pour les agences.

Dans les deux marchés, les voyagistes dominent donc nettement du côté des revenus.


Mais au chapitre de la rentabilité : avantage aux agences !

Au Canada, la marge bénéficiaire d’exploitation des agences de voyages s’est établie à 14 % en 2024, contre 2,6 % pour les voyagistes.

Au Québec, l’écart est encore plus prononcé, avec une marge de 14,9 % pour les agences, comparativement à 1 % pour les voyagistes.

Sur le plan strict de la rentabilité, les agences mènent largement dans les deux marchés !


Au chapitre de la structure des dépenses

En 2024, les dépenses d’exploitation des agences de voyages ont totalisé 2,5 G$ au Canada, dont 642 M$ au Québec.

Chez les voyagistes, elles ont atteint 9,4 G$ à l’échelle canadienne, incluant 2,83 G$ au Québec.

Les deux modèles d’affaires reposent toutefois sur des structures de coûts très différentes.

Chez les voyagistes, le coût des biens vendus a représenté de très loin la principale dépense, à hauteur de 85 % du total. Les salaires, traitements, commissions et avantages sociaux ont constitué  6,1 % des dépenses d’exploitation – soit 575,1 M$ au Canada et à 123,8 M$ au Québec en 2024.

Pour les agences de voyages, la masse salariale a compté pour plus de la moitié (51,4 %) des dépenses d’exploitation en 2024, soit 1,29 G$ au Canada et 297,9 M$ au Québec.


La répartition des ventes par type de produit

Selon StatCan, en 2024, les principales sources de revenus des agences de voyages au Canada étaient les sièges d’avion, qui représentaient 35,1 % des ventes, suivis des circuits touristiques à forfait à 25,4 %. Les croisières comptaient pour 8,5 %, l’hébergement pour 6,7 % et les circuits pour groupes pour 6,5 %. Le reste des ventes était réparti entre d’autres types de produits.

Les agences de voyages tirent plus des trois cinquièmes de leurs revenus des ventes de sièges d'avion et de circuits touristiques à forfait, résume StatCan.

Chez les voyagistes, les circuits touristiques à forfait dominaient largement avec 62,8 % des ventes, suivis des circuits pour groupes à 22 %. Selon les données de StatCan, les croisières ne représentaient que 2 % des ventes des voyagistes, le solde provenant d’autres produits.

Autrement dit, les voyagistes tirent plus des quatre cinquièmes de leurs revenus des ventes de circuits touristiques à forfait et de circuits touristiques pour groupes, observe l'agence fédérale.


En ce qui concerne le type de clientèle

Chez les agences de voyages au Canada, les particuliers et les ménages représentaient 64,6 % des ventes en 2024, contre 18,1 % pour les entreprises. Les ventes à l’extérieur du Canada comptaient pour 13,2 %.

Chez les voyagistes, les particuliers et les ménages représentaient 82,1 % des ventes, contre 3,9 % pour les entreprises. Les ventes à l’extérieur du Canada totalisaient 13,5 %.

StatCan relève que les deux secteurs reposent principalement sur la clientèle de loisirs.


Le rapport au commerce électronique

En 2024, les agences de voyages ont réalisé 765,6 M$ de ventes par commerce électronique au Canada, ce qui représente 33,8 % de leurs ventes totales. Cette proportion était de 32,3 % en 2023.

Chez les voyagistes, les ventes par commerce électronique ont atteint 3,48 G$, soit 37,6 % des ventes totales, comparativement à 39,1 % en 2023.

Le numérique occupe donc une place importante dans les deux modèles d’affaires, relève StatCan.


Du côté des destinations

En 2024, les agences de voyages au Canada ont réalisé 26 % de leurs ventes dans des destinations canadiennes, tandis que les destinations américaines comptaient pour 16,3 %. Les destinations internationales autres que les États-Unis dominaient avec 57,7 % des ventes.

Chez les voyagistes, la répartition est beaucoup plus orientée vers l’international. En 2024, 13,3 % des ventes concernaient des destinations canadiennes, contre 4,6 % pour les destinations américaines. Les destinations internationales hors États-Unis concentraient l’essentiel des ventes avec 82 %.


Un regard préliminaire sur 2025

À noter que même si les données présentées dans cet article portent sur l’année 2024, elles n’ont été publiées par StatCan qu’en octobre dernier. Elles constituent donc les plus récentes disponibles.

Les résultats équivalents pour l’année 2025 ne seront diffusés que dans plusieurs mois.

Entre-temps, l’agence fédérale observe déjà que les tensions politiques ont entraîné une baisse des voyages de résidents canadiens à l’étranger – une situation qui devrait avoir des répercussions négatives sur le groupe des « services de préparation de voyages ». L’ampleur reste cependant à déterminer...

« Le recul du nombre de visiteurs étrangers (-3,2 %) et de Canadiennes et Canadiens revenant de l'étranger (-14,3 %) au cours de la première moitié de 2025 donne un aperçu de la gravité des conséquences à ce jour. Les estimations financières pour l'année de référence 2025, qui seront diffusées l'an prochain, confirmeront la mesure dans laquelle le groupe a été touché », conclut StatCan.


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