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Une évacuation à Denver relance le débat sur le travail non rémunéré des agents de bord
Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente 20 000 agents de bord au pays, affirme que la récente évacuation d’urgence d’un avion d’Air Canada à Denver démontre une fois de plus que le travail essentiel de sécurité effectué par les agents de bord reste non rémunéré.
Une odeur de brûlé électrique détectée à bord…
L’incident, qui s’est produit le 31 août dernier, impliquait un Airbus A220 transportant 117 passagers et 5 membres d’équipage.
L’appareil qui devait assurer le vol Denver-Toronto a dû rebrousser chemin peu après son décollage en raison d’une odeur de brûlé d’origine potentiellement électrique détectée dans la cuisine de bord.
Une évacuation préventive par glissades d’urgence a été menée par l’équipage. Le SCFP souligne que cet équipage « proactif et dédié » n’a pas été rémunéré pour cette tâche essentielle.
Le SCFP critique les compagnies aériennes et le gouvernement
« Les compagnies aériennes du pays montrent qu’elles ne prennent pas réellement au sérieux la sécurité du public en ne rémunérant pas leurs agent(e)s de bord durant les situations les plus critiques, au moment même où leur vie est en jeu », dénonce Wesley Lesosky, président de la Division du transport aérien du SCFP.
« Pour couronner le tout, le gouvernement fédéral leur permet depuis toujours de s’en tirer sans conséquences », ajoute-t-il.
Le SCFP rappelle qu’au Canada, les agents de bord ne sont généralement pas payés pour le travail au sol – y compris lors d’interventions d’urgence comme celle de dimanche dernier à Denver.
À titre d’exemple, le SCFP évoque également , une alerte à la bombe à Delhi en 2024 et un incendie sur le tarmac à Montréal en 2023.
Une réforme législative réclamée
« Le travail non payé est un problème systémique qui nécessite une solution systémique. Le gouvernement libéral doit modifier la loi », plaide Wesley Lesosky.
« Les agent(e)s de bord ne devraient pas avoir à négocier pour avoir le droit d’être payé(e)s au travail, surtout lorsque celui-ci consiste à sauver des vies. », insiste-t-il.
Depuis avril 2023, le SCFP presse Ottawa d’apporter des correctifs au Code canadien du travail pour éliminer cette faille. Le 18 août dernier, la ministre de l’Emploi, Patty Hajdu, a annoncé l’intention de son ministère de lancer un examen sur le travail non rémunéré dans le secteur aérien. Cependant, le syndicat qui représente les agents de bord de 11 transporteurs aériens canadiens (dont Air Canada, Air Transat, Porter, WestJet…) affirme n’avoir reçu aucun suivi ou information supplémentaire à ce sujet.
Rappelons que la question du travail non payé figure parmi les principaux objets de litige entre Air Canada et ses agents de bord. Le vote de ces derniers sur l’entente de principe conclue avec le SCFP se poursuit jusqu’au 6 septembre.
Advenant un rejet de l’entente, il ne devrait y avoir ni grève ni lock-out, mais le syndicat a déjà annoncé la poursuite de sa lutte contre le travail non payé.