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Dimanche,  8 mars 2026   7:19
Une étude du CNLA chiffre les retombées d’une baisse des taxes aériennes


Le Conseil national des lignes aériennes du Canada (CNLA), qui représente Air Canada, Air Transat, Jazz Aviation LP et WestJet, a publié une étude évaluée par les pairs concluant qu’une réduction des taxes, redevances, charges et règlementations imposées par des tiers au transport aérien pourrait générer d’importants bénéfices économiques.

Réalisée par Oxera Consulting, l’étude est intitulée « Prêts au décollage : l’analyse économique en faveur d’une réduction des coûts de l’aviation au Canada ».

L’étude avance que le pays pourrait accroître son PIB jusqu’à 15 milliards de dollars et créer jusqu’à 150 000 emplois si ces coûts étaient réduits. Elle estime également que des gains en matière de commerce et de productivité pourraient être dégagés.


LIRE PLUS – Rapport «Prêts au décollage»: le CAC juge «simpliste» l’analyse du CNLA sur les tarifs aériens



Un secteur jugé stratégique

Selon le CNLA, l’écosystème du transport aérien canadien est soumis à une large gamme de redevances, charges et taxes imposées par des tiers.

L’étude soutient donc que leur réduction permettrait de libérer un potentiel économique et de contribuer à des objectifs nationaux, notamment la diversification du commerce.

« Dans un pays aussi vaste que le Canada, le transport aérien n’est pas un luxe. C’est un moyen de transport crucial pour les personnes et les marchandises, et les Canadiennes et Canadiens s’attendent à ce que le système de transport aérien soit abordable et soutienne la croissance économique », affirme Jeff Morrison, président et directeur général du CNLA.

« Ce rapport illustre qu’améliorer l’accessibilité des voyages aériens en réduisant les taxes, charges et redevances stimulera le marché, ce qui entrainera des bénéfices dans l’ensemble de l’économie », ajoute-t-il.


Quatre scénarios analysés

L’étude examine quatre scénarios :

  • l’annulation des récentes hausses de redevances et le réinvestissement des loyers aéroportuaires,
  • l’alignement des niveaux de redevances sur ceux de la Suède,
  • l’alignement des niveaux de redevances sur ceux des États-Unis,
  • la suppression complète des taxes, charges et redevances.

Selon l’étude, aligner les niveaux sur ceux de la Suède permettrait à une famille de quatre personnes voyageant aller-retour de Toronto à Vancouver d’économiser environ 251 dollars sur ses billets d’avion. Un aller-retour Edmonton–Montréal représenterait une économie d’environ 282 dollars.

Ce scénario pourrait générer jusqu’à 9 milliards de dollars de PIB supplémentaire et 86 000 emplois liés à l’augmentation des voyages aériens. L’étude estime aussi que la valeur du commerce pourrait croître de 106 milliards de dollars et que la productivité accrue pourrait ajouter 17 milliards de dollars au PIB.

Un alignement sur les niveaux des États-Unis se traduirait par une hausse de 11 milliards de dollars du PIB et la création de 112 000 emplois.

La suppression complète des taxes, charges et redevances générerait jusqu’à 15 milliards de dollars de PIB supplémentaire et 151 000 emplois. Selon l’étude, le commerce augmenterait de plus de 160 milliards de dollars et la productivité ajouterait 30 milliards de dollars au PIB.


Recettes fiscales et cadre règlementaire

Le rapport indique que, malgré les préoccupations liées à une possible baisse des recettes fédérales, une plus grande accessibilité du transport aérien pourrait entrainer une hausse globale des recettes fiscales de deux à dix milliards de dollars grâce à l’augmentation de l’activité économique.

Le CNLA souligne que d’autres organisations ont récemment appelé à des changements. En juin 2025, le Bureau de la concurrence du Canada a reconnu l’impact du modèle « utilisateur-payeur » et proposé des amendements au Règlement sur la protection des passagers aériens.

En novembre 2025, le Comité permanent des transports, des infrastructures et des communautés de la Chambre des communes a déposé un rapport concluant que les coûts élevés, les frais fédéraux excessifs et les obstacles règlementaires figurent parmi les principaux défis nuisant au caractère abordable et à la concurrence dans l’aviation canadienne, et a demandé un examen gouvernemental.

« Il est évident qu’un meilleur système est à portée de main. Alors que le Canada cherche à renforcer sa propre économie et à renforcer ses liens avec ses partenaires commerciaux à travers le monde, le moment d’agir sur les redevances du transport aérien est venu », conclut Jeff Morrison.

Info : Prêts au décollage : l’analyse économique en faveur d’une réduction des coûts de l’aviation au Canada



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