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Un passager qui a du mordant et des législations qui en manquent
Un émule d’Hannibal Lecter, le tueur en série du Silence des agneaux, a contraint, cette semaine, un vol de JetBlue reliant Los Angeles à New York, à effectuer un atterrissage d’urgence à Las Vegas. L’homme, dont l’identité n’a pas été dévoilée, avait mordu plusieurs passagers, dont un médecin qui tentait de venir en aide aux victimes. L’IATA en a profité pour signaler que les cas d’agressions requérant la mise sous contention de passagers turbulents étaient en hausse depuis quelques années.
En 2015, 40% des 268 transporteurs membres de l’organisation rapportait qu’un de leurs appareils avait dû être dérouté ou avait dû effectuer un atterrissage d’urgence parce qu’un passager avait fait preuve de comportement « turbulent ». Une mesure qui se traduit parfois par des coûts pouvant se chiffrer à 200 000 $!
Le nombre total de signalements impliquant des passagers turbulents ou réfractaires aux consignes a tendance à diminuer : on répertoriait 9 837 cas en 2016, soit une occurrence pour 1 424 vols, contre 10 854 en 2015, soit une pour 1 205 vols. Cependant, le pourcentage d’évènements assortis de violences physiques augmente : il constituait 11% de tous les signalements, en 2015, et avait grimpé à 12% en 2016. Ainsi, l’an dernier, 169 passagers avaient dû être maîtrisés après avoir agressé d’autres voyageurs ou des membres du personnel de bord, contre « seulement » 113 en 2015.
La majorité des cas rapportés sont considérés comme « modérés » et classés « niveau 1 », parce qu’ils restent limités à des échanges verbaux et ne dégénèrent pas en violences physiques. Il implique des voyageurs qui refusent d’obéir aux consignes (éteindre les appareils électroniques au décollage ou à l’atterrissage, refus d’attacher les ceintures, fumer à bord, etc…) ou encore de passagers qui se disputent avec des voisins de sièges. Le personnel de cabine, maintenant formé pour les « techniques de désescalade », parvient presque toujours à désamorcer le caractère explosif de la situation.
Parmi les cas plus graves, on mentionne ceux de voyageur urinant sur un voisin, d’autres tentant d’ouvrir une porte en plein vol, ou encore des bagarres. La tentative de forcer la porte du cockpit compte pour moins de 1% des cas.
L’abus d’alcool est le principal facteur de déclenchement des comportements turbulents : il est en cause dans 33% des cas signalés. L’IATA déplore que les voyageurs devenus violents ne soient pas toujours sanctionnés, une fois arrivés à destination. Actuellement, seulement 12 pays ont ratifié la clause du Protocole de Montréal prévoyant des poursuites légales pour ce type d’incidents. Une dizaine d’autres devraient leur avoir emboîté le pas, d’ici 2019.