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Turbulences des Fêtes: pourquoi décembre est le mois le plus tendu en avion
Un quart de siècle de données en aviation suggère que la période des Fêtes exerce une pression particulière sur le transport aérien et sur les nerfs des voyageurs.
Selon une analyse de CBC News portant sur plus de 340 000 incidents aéronautiques, les signalements de passagers perturbateurs culminent en décembre, ce qui en fait le mois le plus problématique de l’année en matière de mauvais comportements à bord.
Depuis l’an 2000, environ 2400 rapports de ce type ont été déposés en décembre seulement. Cette hausse ne s’explique pas uniquement par un plus grand nombre de vols, mais aussi par le fait que les comportements perturbateurs représentent une proportion plus élevée des incidents signalés durant la période des Fêtes.
Un contexte particulièrement éprouvant pour les équipages
Pour les membres d’équipage, cette tendance n’a rien de surprenant. Alia Hussain, agente de bord depuis 18 ans et présidente de la division aérienne du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente notamment les agents de bord de WestJet, affirme que le mois de décembre est particulièrement intense.
Cabines pleines, correspondances serrées et retards liés aux conditions hivernales créent un climat de stress élevé, alors même que les équipages doivent maintenir le calme en altitude.
Ce que dit Transport Canada
Transport Canada définit un passager perturbateur comme toute personne qui « perturbe ou menace le déroulement normal des opérations d’un aéronef ».
Les signalements couvrent un large éventail de comportements, allant du refus de suivre les procédures d’atterrissage au fait de fumer dans les toilettes, en passant par l’intoxication, les altercations verbales et, dans les cas les plus graves, des agressions sexuelles.
Les données montrent que l’effet des Fêtes est précisément identifiable. Le jour de Noël affiche la plus forte proportion de rapports de passagers perturbateurs de tout le mois de décembre.
Ces chiffres proviennent du Civil Aviation Daily Occurrence Reporting System, une base de données nationale qui recense les irrégularités dans l’espace aérien canadien, qu’il s’agisse de collisions avec des oiseaux ou d’erreurs de contrôle aérien. Transport Canada y publie des informations préliminaires sur les incidents impliquant des aéronefs immatriculés au Canada.
Une tendance globale en amélioration
À plus long terme, certaines données apportent toutefois un éclairage plus rassurant. Le nombre total de signalements de passagers perturbateurs a diminué par rapport au sommet atteint durant la pandémie.
En 2022, Transport Canada a enregistré 224 rapports, l’année la plus problématique jamais recensée, alimentée en partie par des confrontations liées au port du masque. Ce chiffre est tombé à 176 l’an dernier, selon CBC News.
Des tensions toujours bien présentes
Malgré cette amélioration, le climat à bord ne s’est pas entièrement apaisé.
« Nous continuons d’observer davantage de passagers présentant des niveaux de stress élevés, une tolérance réduite face aux retards ou aux limitations de service, et une plus grande propension à contester les consignes de sécurité », a indiqué Alia Hussain à CBC News.
Elle souligne également que le fait de filmer les confrontations avec un téléphone cellulaire tend à exacerber des situations déjà tendues.
WestJet a confirmé à CBC une « augmentation significative des comportements indisciplinés » par rapport aux années prépandémiques, évoquant notamment des abus verbaux, des refus de se conformer à la réglementation, des dommages matériels et même des « comportements mettant la vie en danger ».
Air Canada, pour sa part, affirme que le nombre d’incidents perturbateurs à bord de ses vols est demeuré stable, tout en rappelant que ces situations demeurent rares au regard du volume total de vols opérés chaque année.