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Lundi,  16 février 2026   2:42
Taxation verte et bagages cabine: l’IATA rejette deux mesures jugées nuisibles


L’IATA critique férocement deux propositions distinctes émanant d’instances politiques internationales.

D’une part, elle rejette une taxe de solidarité mondiale jugée disproportionnée, censée financer la lutte contre les changements climatiques.

D’autre part, elle dénonce une ingérence réglementaire du Parlement européen sur la question des bagages cabine.

Dans les deux cas, l’IATA alerte sur les conséquences économiques pour l’industrie et les passagers.


[IATA]


Non à la proposition de prélèvement de solidarité ciblant le transport aérien !

Ainsi, l’IATA exprime sa vive déception face à la recommandation du Groupe de travail sur les prélèvements de solidarité mondiaux (GSLTF), qui propose de cibler le transport aérien pour accroître les recettes nationales des pays en développement et soutenir la solidarité internationale, notamment en matière de climat, de pandémies et d'autres défis.

L’IATA estime que la taxe, qui pourrait rapporter jusqu’à 90 milliards de dollars par an, ce qui représenterait près de trois fois le bénéfice net mondial prévu du secteur en 2024. Selon l’Association, il s’agit d’un fardeau excessif, alors que le transport aérien doit déjà investir 4700 milliards de dollars pour atteindre la carboneutralité d’ici 2050.

L’IATA regrette par ailleurs que la proposition ignore le rôle du système CORSIA, adopté par l’OACI pour encadrer les émissions de l’aviation internationale, et qu’aucune évaluation d’impact économique n’ait été publiée.

L’IATA avertit qu’une telle taxe pourrait compromettre les investissements verts, affaiblir la connectivité et augmenter les coûts pour l’ensemble des passagers.


« L’industrie aérienne n’est pas une vache à lait ! »

« L’industrie aérienne est un catalyseur économique, pas une vache à lait. L’histoire nous montre que ces taxes finissent simplement dans les caisses générales, avec peu ou pas de retombées sur les efforts de lutte contre les changements climatiques », déclare Willie Walsh, directeur général de l’IATA.

« L’industrie fait tout ce qui est en son pouvoir pour atteindre la carboneutralité, notamment grâce aux carburants d’aviation durables, à des opérations plus efficaces et à une meilleure technologie. La dernière chose dont nous avons besoin, c’est d’un coup dur de 90 milliards de dollars », ajoute M. Walsh.


Un rejet massif des taxes par les voyageurs

L’IATA rappelle qu’une étude indépendante menée pour son compte par Savanta dans 15 pays révélait que la majorité des répondants se montrent sceptiques envers la fiscalité verte sur les vols :

  • 73 % estiment que les taxes vertes relèvent de l’écoblanchiment gouvernemental,
  • 79 % jugent qu’il y a déjà trop de taxes sur l’aviation,
  • 78 % ne croient pas que la taxation rende l’aviation plus durable,
  • 74 % ne font pas confiance aux gouvernements pour gérer efficacement les revenus fiscaux.

Seulement 9 % des répondants favorisent la taxation pour compenser les émissions du transport aérien. D’autres préférences incluent l’achat de carburants d’aviation durables (25 %), l’investissement dans de nouvelles technologies de réduction des émissions (23 %), la recherche (18 %) ou encore la compensation carbone (13 %).


Bagages cabine: non à l’ingérence du Parlement européen !

[IATA]


Par ailleurs, l’IATA a dénoncé un amendement du Parlement européen visant à rendre obligatoire l’autorisation d’un bagage cabine de 100 cm sans frais, peu importe si le passager en a besoin ou non.

Proposée par la commission des transports (TRAN) dans le cadre de la réglementation sur les droits des passagers, cette mesure forcerait les compagnies à réintégrer un service dans le tarif de base, ce que l’IATA considère comme injustifié.

Selon l’Association, cela reviendrait à faire payer tous les passagers pour un service utilisé par une minorité, au détriment de ceux qui cherchent à voyager au prix le plus bas.

« Lorsqu’un organisme de réglementation s’immisce dans des enjeux commerciaux ou opérationnels qu’il ne comprend pas, il se trompe généralement. Nos études auprès des consommateurs révèlent que la majorité des voyageurs souhaitent payer le prix le plus bas possible pour leur billet, puis acheter les services supplémentaires dont ils ont besoin », commente Willie Walsh.

« Les consommateurs seront déçus par une hausse des coûts pour tous et frustrés par le chaos opérationnel que représentera la détermination des bagages conformes ou non. Si les parlementaires européens insistent pour réglementer là où ce n’est pas nécessaire, ils devront assumer les conséquences négatives de leurs décisions », mentionne aussi le DG de l’IATA.


Les préférences des voyageurs selon l’IATA

Selon un sondage mené par l’IATA en avril, l’accessibilité du transport aérien est la deuxième priorité des voyageurs, après la sécurité.

Ainsi, 72 % des répondants ont affirmé préférer payer le prix le plus bas possible pour leur billet d’avion et régler séparément les services additionnels dont ils ont besoin.

L’enquête indique également qu’environ 30 % des passagers paient pour apporter un bagage à bord, ce qui suggère que l’adoption de l’amendement entraînerait une forme de subvention par la majorité au profit d’une minorité.




[IATA]


Hausse de 5 % du trafic passagers en mai 2025

La demande mondiale en transport aérien a progressé de 5 % en mai 2025, selon l’IATA.

La demande internationale a crû de 6,7 %, tandis que le trafic intérieur a augmenté de 2,1 %. Le coefficient d’occupation global s’est établi à 83,4 %.

Le directeur général de l’Association, Willie Walsh, note des contrastes régionaux, avec une croissance marquée en Asie-Pacifique (+9,4 %) et un recul en Amérique du Nord (-0,5 %), lequel est attribué à la baisse du marché intérieur américain.

M. Walsh a également souligné les effets de l’instabilité géopolitique et l’importance de surveiller l’évolution des prix du pétrole. Malgré cela, il observe des perspectives encourageantes.

« La confiance des consommateurs semble forte et les réservations pour l’été poussent à l’optimisme », conclut le DG de l'IATA.


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