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« S’il y avait eu des blessés ou des morts, l’assurance paierait ! » - Richard Rémy, fondateur de Karavaniers
Les agents de voyages le savent, conseiller à leurs clients de souscrire à une assurance voyage est primordial et ce quelle que soit la destination. Si un pépin arrive sur place, cela peut vite devenir l’enfer et coûter très cher. Cet outil de protection est d’autant plus important lorsque l’on part pour un voyage d’aventures où le risque fait partie du forfait et où tout ne se passe pas toujours comme prévu.
L’agence Karavaniers de Montréal avait donc fait son travail en incitant les 9 clients québécois d'un groupe de 32 personnes prenant part au voyage Népal en octobre dernier à prendre une assurance auprès de RSA Canada.
Sauf que selon Richard Rémy, fondateur de Karavaniers et guide lors de ce voyage, cette dernière refuse de payer les frais qui ont été engagés lors de l’évacuation médicale... car déclarée non-justifiée par RSA Canada. Karavaniers se trouve donc à devoir payer une note s’élevant à 53 000 dollars.
« J’imaginais plus de considération de la part cette compagnie d’assurance avec qui je suis en affaires depuis près de 10 ans. Je leur ai rapporté beaucoup d’argent car je les recommandais toujours. Et quand j’ai besoin d’eux, au final, ils me lâchent », nous a déclaré Richard Rémy.
Petit retour en arrière. Le 14 octobre dernier, une tempête a frappé les montagnes de l’Himalaya causant des avalanches où se trouvaient de nombreux randonneurs entreprenant l’ascension de cette chaîne de montagnes mythique. Le bilan de la catastrophe fait état de quelque 47 morts dont 3 Québécoises, l’un des épisodes les plus meurtriers du voyage d’aventure.
Face à l’urgence de la situation, Richard Rémy contacte la compagnie d’hélicoptères avec qui il traite pour les évacuations afin d'engager les manœuvres permettant de mettre son groupe à l’abri. Pour lui pas de doute, c’était la bonne décision :
« Il y a eu près de 50 morts dans un rayon de moins de20 km à la ronde. Nous étions le groupe de randonneurs le plus haut sur la montagne et donc le plus vulnérable. Si je n’avais pas ordonné l’évacuation, nous aurions compté 32 morts de plus », peste-il.
Le transporteur charge l’agence de voyages pour un montant de 53 000 dollars. Somme que l’assurance refuse de payer. En effet, pour l’assureur, il y a pas eu de blessés dans ce groupe donc il n’y a pas d’argent à verser.
« Cela revient à dire que si j’avais mal fait mon travail, que j’avais laissé des gens être blessés ou mourir, alors là, l’assurance aurait consenti à payer. Où est la logique là-dedans ? S’il y avait eu des problèmes avec mon groupe, RSA Canada aurait payé entre 500 000 et 1 million de dollars. Ici, on parle de 53 000 $(40 000 en réalité car tout le monde n’avait souscrit à cette assurance) et l’assureur joue sur les mots », nous a déclaré le fondateur de Karavaniers, incrédule.
Ce qui est sûr, c’est qu’au Québec, l’agence de voyages à une obligation de résultats sur la sécurité des voyageurs. Si par malheur, il y avait eu des blessés ou des morts dans le groupe de Richard Rémy, les participants ou les familles des victimes auraient pu aller en cour contre l’agence de voyages qui aurait certainement dû payer des dommages et intérêts.
Le site Internet de RSA Canada rappelle de son côté la mission de l’entreprise : « Dès le départ, en 1833, les Canadiens ont compris que nous tenions nos promesses. Que nous répondions présents lorsqu’un sinistre survient. Nous ne dormons pas tant que nos clients ne sont pas satisfaits ».
Certainement encore quelques jours d’insomnie lors de ce dossier opposant RSA Canada et Karavaniers donc…