Politique en matière de cookies

Afin de vous offrir une service optimal, ce site utilise des cookies.
En utilisant notre site, vous acceptez notre utilisation des cookies. En savoir plus

Dimanche,  9 août 2026   22:00
Possible grève des agents de bord de WestJet: le PDG conteste les allégations de travail non rémunéré
Le PDG du Groupe WestJet, Alexis von Hoensbroech, estime que les affirmations selon lesquelles les agents de bord effectuent environ 35 heures de travail non rémunéré par mois « donnent une fausse image de la réalité ». [WestJet / SCFP]

WestJet affirme que ses agents de bord sont rémunérés pour toutes les heures travaillées et conteste les allégations de travail non rémunéré formulées par leur syndicat, alors que les négociations en vue d'une nouvelle convention collective se poursuivent.

Dans une entrevue accordée à CTV News le 10 juillet, le président-directeur général de la compagnie aérienne établie à Calgary (Alberta), Alexis von Hoensbroech, a avancé que les affirmations selon lesquelles les agents de bord effectuent environ 35 heures de travail non rémunéré par mois « donnent une fausse image de la réalité ».

Il a soutenu que les membres du personnel de cabine sont rémunérés « pour chaque heure travaillée » et que toute autre pratique serait illégale.

Selon lui, les agents de bord de WestJet sont rémunérés selon un système de crédit d'heures de vol (block-hour pay) depuis environ 25 ans, à leur demande, afin d'adopter un modèle semblable à celui des pilotes.

Il a expliqué que ce système prévoit un taux horaire plus élevé ainsi qu'une rémunération minimale garantie, afin d'assurer un salaire même lorsque les heures de vol sont peu nombreuses.

Le dirigeant a également rejeté l'idée selon laquelle les agents de bord seraient rémunérés uniquement lorsque l'avion est en mouvement.

« Ils sont rémunérés pour tout. Même s'ils ne volent pas une seule heure durant un mois, ils reçoivent tout de même un salaire complet. Il y a donc un certain élément de désinformation du public », a-t-il déclaré.

WestJet a également publié sur son site Web un document expliquant son système de crédit d'heures, qu'elle présente comme le modèle de rémunération standard des agents de bord en Amérique du Nord.


Vote de grève et échéancier

Les quelque 4600 agents de bord de WestJet participent actuellement à un vote de grève, qui doit prendre fin le 15 juillet.

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), par l'entremise de sa section locale 8125, sollicite l'appui de ses membres pendant que les négociations se poursuivent dans le cadre du processus fédéral de conciliation.

La période de conciliation s'est terminée le 11 juillet et a été suivie d'une période obligatoire de réflexion de 21 jours.

À l'issue de cette période, soit le 2 août au plus tôt, une grève ou un lock-out pourrait être déclenché légalement, sous réserve d'un préavis de 72 heures.


Les principaux enjeux

Au cœur du conflit figure la rémunération des agents de bord.

Le SCFP soutient que les agents de bord assument des responsabilités liées à la sécurité des passagers dès leur prise de service, mais qu'une partie importante de ce temps n'est pas rémunérée dans le cadre du système actuel.

En avril dernier, la présidente de la section locale 8125, Alia Hussain, déclarait :

« Les agents de bord accomplissent un travail de plus en plus exigeant dans un environnement où la sécurité est primordiale, et nous figurons parmi les moins bien rémunérés au Canada. Le système qui régit notre rémunération a été conçu pour une autre époque et ne reflète plus la valeur du travail accompli aujourd'hui. »

Le syndicat affirme que les agents de bord effectuent en moyenne 35 heures de travail non rémunérées chaque mois.Il réclame également des améliorations concernant les horaires et les conditions de travail.


Ouvert à une révision du modèle de rémunération

Interrogé par CTV News, Alexis von Hoensbroech s'est dit ouvert à une révision du modèle de rémunération.

« S'ils souhaitent une autre façon de comptabiliser les heures, cela ne pose aucun problème. Nous voulons une convention collective qui convienne à nos agents de bord et nous adapterons la structure à ce qui fera le plus de sens. »


Le gouvernement et le débat sur le travail non rémunéré

Le PDG de WestJet a aussi évoqué une enquête menée plus tôt cette année par le gouvernement du Canada, qui n'aurait trouvé aucune preuve démontrant que les pratiques de rémunération des agents de bord contreviennent aux normes du travail ou au salaire minimum.

Les enquêteurs avaient toutefois indiqué que le modèle de rémunération méritait un examen plus approfondi, notamment quant à la définition du temps de travail et à la rémunération des employés à temps partiel ou en début de carrière.

Le SCFP a vivement critiqué cette enquête, estimant qu'elle permet aux compagnies aériennes de « s'autoréglementer ».

Le président de la division aérienne du SCFP, Wesley Lesosky, avait déclaré en février :

« Les agents de bord savent que le travail non rémunéré existe dans l'industrie aérienne. Même des compagnies comme Air Canada et Porter, qui ont fini par offrir une prime pour les tâches au sol correspondant à 50 % du taux horaire, reconnaissent que ce problème existe. »

Le syndicat avait également qualifié de « profondément insuffisante et décevante » la proposition du gouvernement demandant aux transporteurs de procéder eux-mêmes à des vérifications de conformité salariale.


Piquets d'information et négociations

Les agents de bord de WestJet poursuivent leur campagne de sensibilisation au moyen de piquets d'information dans plusieurs aéroports canadiens. Une journée d'action a eu lieu le 12 juillet à Toronto (YYZ) et une autre est prévue le 14 juillet à Calgary (YYC).

Ces piquets visent à sensibiliser le public aux revendications syndicales et ne constituent pas un arrêt de travail.

Les agents de bord de la ligne principale de WestJet travaillent sans nouvelle convention collective depuis l'expiration de leur précédente entente à la fin de 2025.

Les négociations ont débuté en septembre dernier. En avril, le syndicat a officiellement déclaré une impasse auprès du Conseil canadien des relations industrielles, estimant que les discussions n'avançaient pas suffisamment sur les principaux enjeux.

Si une grève devait être déclenchée, il s'agirait du deuxième conflit de travail touchant une unité syndiquée de WestJet en deux ans, après la grève des employés de la maintenance en juin 2024.

Le SCFP 8125 affirme toutefois que son objectif demeure la conclusion d'une entente négociée limitant les répercussions sur les voyageurs.



Pour toute l’actualité du voyage : abonnez-vous à PAX.



Indicateur