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Jeudi,  16 juillet 2026   10:28
L’UE promet d’agir face aux retards causés par son nouveau système de contrôle aux frontières
[Ivan Marc : Shutterstock]


L’Union européenne (UE) entend intensifier ses efforts pour résoudre les problèmes liés à son nouveau système de contrôle frontalier. Dans une lettre obtenue par l’AFP, le commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration, Magnus Brunner, réagit aux inquiétudes exprimées par les aéroports et les compagnies aériennes, qui dénoncent d’importants retards pour les voyageurs depuis son déploiement.

Selon l’industrie, le nouveau système d’entrée/sortie (Entry/Exit System – EES) a provoqué des temps d’attente pouvant atteindre cinq heures dans certains points de passage frontaliers, faisant craindre d’importantes perturbations pendant la saison estivale.

Dans sa lettre datée du 3 juillet, Magnus Brunner indique que la Commission européenne « déploiera des efforts supplémentaires pour aider les États membres qui rencontrent encore des difficultés ».


Un système biométrique désormais en vigueur

L’UE a achevé plus tôt cette année le déploiement du système EES. Celui-ci oblige les voyageurs non européens à fournir des données biométriques lors de leur entrée dans la plupart des pays européens, lesquelles sont ensuite vérifiées à leur départ.

Le système remplace l’estampillage manuel des passeports par un processus numérique qui recueille des renseignements personnels et biométriques afin de détecter les dépassements de séjour autorisé et d’enregistrer les refus d’entrée.

L’EES est mis en œuvre dans tous les États membres de l’UE, à l’exception de l’Irlande et de Chypre, ainsi que dans certains pays non membres de l’UE participant à l’espace Schengen, notamment la Suisse, la Norvège et l’Islande.


L’industrie réclame une intervention rapide

La lettre du commissaire répond à un appel conjoint lancé par ACI Europe, l’association des compagnies aériennes européennes A4E et l’Association du transport aérien international (IATA), qui représente plus de 360 transporteurs à travers le monde.

Dans leur démarche, ces organisations demandaient à la Commission européenne d’intervenir « immédiatement avant que la situation ne se détériore davantage pendant la haute saison estivale » et réclamaient que les États membres puissent suspendre temporairement certains contrôles lors des périodes de fort achalandage.

Magnus Brunner a rappelé que le cadre réglementaire du système EES prévoit déjà certaines mesures de souplesse jusqu’au début de septembre 2026, notamment la possibilité pour les pays de suspendre temporairement la collecte de données biométriques lorsque la situation l’exige.

Il a également souligné que les retards pourraient être liés à d’autres facteurs, comme le manque de personnel ou des infrastructures frontalières inadéquates.


« Beaucoup de travail reste à faire »

Lors d’une conférence de presse tenue à Cork, en Irlande, le 3 juillet, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a reconnu que le déploiement du système ne s’était pas déroulé sans difficulté.

« Nous travaillons avec les États membres afin que les problèmes techniques soient résolus », a-t-elle déclaré, ajoutant qu’il restait « encore beaucoup de travail » pour régler ces enjeux techniques en collaboration avec les pays concernés.

Ces propos marquent un changement de ton de la part de la Commission européenne, qui avait jusqu’ici minimisé l’ampleur des perturbations.

Selon la Commission, l’enregistrement d’un voyageur dans le système EES prend généralement environ 70 secondes. L’industrie aérienne affirme toutefois que, dans certains cas, les files d’attente ont atteint jusqu’à cinq heures depuis l’entrée en vigueur du système.


Des répercussions potentielles sur le tourisme

Une récente étude du World Travel & Tourism Council (WTTC) indique que les délais prolongés aux frontières pourraient avoir un impact important sur le tourisme international.

Basée sur un sondage mené auprès de plus de 2 500 voyageurs au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Canada et en Australie, l’étude révèle qu’un tiers des voyageurs seraient beaucoup moins enclins à visiter l’espace Schengen si les délais d’attente atteignaient régulièrement trois à quatre heures.

Appliqué aux prévisions de fréquentation pour 2026, ce scénario pourrait mettre en péril jusqu’à 41 millions d’arrivées touristiques et 45,4 milliards de dollars de dépenses touristiques.

« L’introduction de l’EES constitue une étape importante dans la modernisation des frontières européennes et le renforcement de la sécurité », a déclaré Gloria Guevara, présidente-directrice générale du WTTC.

« Notre étude montre clairement que les voyageurs soutiennent les systèmes frontaliers numériques et biométriques et qu’ils comprennent les avantages à long terme qu’ils peuvent offrir. »

Elle reconnaît toutefois que, comme toute transformation majeure, la mise en œuvre s’accompagne inévitablement de « problèmes de rodage ».


Une stabilisation pas avant deux ans?

Certains responsables estiment que le système pourrait mettre encore plusieurs années avant de fonctionner de manière optimale.

Uku Särekanno, directeur au sein de l’agence européenne de garde-frontières Frontex, a indiqué que plusieurs États membres éprouvaient encore des difficultés à adopter le système.

« Nous nous attendons à ce que la situation se stabilise dans un ou deux ans », a-t-il déclaré lors d’un événement organisé récemment par l’association britannique du voyage Abta.

Selon lui, la phase la plus complexe demeure la première inscription des voyageurs, qui nécessite la prise d’empreintes digitales et d’une photo faciale.

« Lorsqu’une personne reviendra dans l’Union européenne, elle n’aura pas à répéter tout le processus et pourra ainsi bénéficier d’une entrée beaucoup plus rapide », a-t-il expliqué.

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