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L’IATA critique Ottawa pour la pénurie de contrôleurs aériens et pour sa loi «mal conçue» sur les droits des passagers


L’IATA critique Ottawa pour la pénurie de contrôleurs aériens et pour sa loi «mal conçue» sur les droits des passagers
Tour de contrôle à YUL. [YUL Aéroport International Montréal-Trudeau]

L’Association du transport aérien international critique sévèrement les performances des organisations de contrôle du trafic aérien du Canada et des États-Unis.

Le directeur général de l’IATA, Willie Walsh, souligne que les compagnies aériennes ont ajouté des dizaines de milliers de nouveaux employés à leurs effectifs au cours des 12 à 18 derniers mois pour répondre à la très forte demande postpandémique.

C’est ainsi qu’aux États-Unis, le niveau d’emploi des compagnies de transport de passagers est à son point le plus élevé en deux décennies, souligne-t-il.

« Par contraste, les pénuries de personnel de contrôle aérien en Amérique du Nord continuent de causer des retards inacceptables et des perturbations affectant le public voyageur des deux côtés de la frontière », dénonce Willie Walsh.

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« NAV Canada laisse tomber les compagnies aériennes et les voyageurs »

En ce qui concerne plus précisément la situation au Canada, le DG de l’IATA évoque de récents rapports de presse révélant que NAV Canada (le fournisseur canadien de services de navigation aérienne) « laisse tomber les compagnies aériennes et le public voyageur, puisque des centaines de vols sont annulés en raison de la pénurie de contrôleurs ».

« Pendant ce temps, le gouvernement du Canada révise sa législation sur les droits des passagers, imposant aux compagnies aériennes le plein fardeau de la prise en charge et de l’indemnisation des passagers, peu importe la cause des perturbations et des retards », s’insurge Willie Walsh.

L’IATA se dit d’accord avec le gouvernement sur le fait qu’il faut une responsabilité partagée par l’ensemble de la chaîne de valeur – « ce qu’on ne peut obtenir en prenant pour seule cible les compagnies aériennes ».

Mais dans cette optique, « plutôt que de viser une loi bureaucratique et punitive, le gouvernement devrait d’urgence régler les problèmes de pénurie dans les sections de l’écosystème d’aviation sur lesquelles il a autorité », insiste M. Walsh.

À ses yeux, demander aux compagnies aériennes de négocier des ententes de performance avec les fournisseurs de services monopolistiques reflète une incompréhension des réalités de l’industrie.

« Et cela n’améliorera en rien l’expérience de voyage », tranche-t-il.

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États-Unis : contrôle médiocre du trafic aérien et problèmes de planification

Le directeur général de l’IATA n’est guère moins tendre dans ses critiques à l’égard de la situation aux États-Unis.

D’emblée, il évoque un récent rapport du bureau de l’Inspecteur général du département américain des Transports (DoT) qui révèle clairement que la Federal Aviation Administration (FAA) a permis que le nombre de contrôleurs soit réduit au point de compromettre la continuité des opérations dans les installations de contrôle aérien les plus critiques du pays.

« En fait, dans 77 % de ces installations essentielles, le nombre d’employés est inférieur au seuil de 85 % déterminé par l’agence, dit-il. La situation est extrême au centre de contrôle d'approche radar de New York et à la tour de contrôle de Miami, où les niveaux de dotation sont de 54 % et 66 % respectivement. »

Du même souffle, Willie Walsh rappelle que plus tôt cette année, les compagnies aériennes ont réduit leurs vols de 10 % aux aéroports de New York à la demande de la FAA, qui reconnaissait qu’elle ne pouvait pas accommoder le niveau d’opération avec les effectifs en place…


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« Cela n’existe qu’aux États-Unis ! »

« Les performances médiocres du contrôle du trafic aérien s’ajoutent au fait que la FAA et le DoT exigent des compagnies aériennes qu’elles dépensent plus de 630 M$ pour la mise à niveau ou le remplacement d’équipements d’avionique embarqués pleinement certifiés sur des milliers d’aéronefs, et ce, pour atténuer les risques associés au déploiement de la 5G à proximité des aéroports. Cela n’existe qu’aux États-Unis. Le déploiement de la 5G ailleurs dans le monde n’a pas occasionné de telles exigences pour les compagnies aériennes. »

Selon le DG de l’IATA, ce double problème de mauvaise planification est exceptionnellement décevant.

« Alors que l’administration a bien planifié ses nouvelles réglementations sur les droits des passagers de façon à pénaliser les compagnies aériennes pour les retards, même quand les causes échappent au contrôle de l’industrie, les solutions aux pénuries de contrôleurs aériens, qui réduiraient ces retards, tardent à venir. »

L’IATA préconise le rétablissement rapide des effectifs de contrôleurs ainsi que la nomination d’un administrateur permanent de la FAA.

« La nomination d’un administrateur permanent à la FAA serait une première étape importante vers la solution des contraintes qui affectent les infrastructures de contrôle du trafic aérien aux États-Unis, empêchant les compagnies aériennes d’offrir les services auxquels les voyageurs s’attendent », avance M. Walsh.

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Le bilan

Le directeur général exhorte donc Ottawa et Washington à s’occuper des problèmes qui relèvent directement de leur autorité et diriger les efforts pour les résoudre.

« De plus, si on évitait de mettre en place des lois coûteuses et mal conçues sur les droits des passagers, on libérerait des ressources dans l’ensemble de la chaîne de valeur, permettant d’améliorer l’expérience client », conclut-il.

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