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Les agents de bord de WestJet votent massivement en faveur d'un mandat de grève
Les agents de bord de WestJet ont voté mercredi (15 juillet) en faveur d'un mandat de grève qui pourrait mener à un arrêt de travail dès le dimanche 2 août, durant le long week-end.
À l'expiration de la période fédérale de réflexion, la compagnie aérienne pourra également choisir de décréter un lock-out.
Dans un cas comme dans l'autre, un préavis de 72 heures sera requis, ce qui signifie que les voyageurs pourraient devoir attendre la fin du mois avant de savoir si leurs vols d'août seront maintenus.
Les quelque 4600 agents de bord de WestJet, représentés par la section locale 8125 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), ont participé à un vote de grève amorcé le 9 juillet.
Le syndicat avait invité ses membres à appuyer le mandat afin de renforcer sa position à la table de négociation.
Selon les résultats, 99,4 % des membres ont voté en faveur de la grève, avec un taux de participation de 97,3 %.
« Les agents de bord de WestJet se sont exprimés haut et fort. Ces résultats extraordinaires envoient un message puissant à la direction de WestJet : nos membres sont unis, mobilisés et déterminés à obtenir la convention collective équitable qu'ils méritent », a écrit la composante WestJet du SCFP sur Facebook.
L’objectif demeure de conclure une entente négociée, mais…
Le syndicat rappelle qu'un mandat de grève n'entraîne pas automatiquement un arrêt de travail. Il permet plutôt aux membres d'autoriser une grève si elle devenait nécessaire à une étape ultérieure des négociations, tout en renforçant la position du comité de négociation.
Le SCFP 8125 affirme que son objectif demeure de conclure une entente négociée et de réduire au minimum les répercussions sur les voyageurs. Le syndicat soutient toutefois que des « négociations au point mort » ont rendu ce vote nécessaire pour faire progresser les discussions.
La présidente du SCFP 8125, Alia Hussain, a invité WestJet à revenir à la table avec une nouvelle approche.
« Les membres du SCFP 8125 sont unis et déterminés. Ils ont voté en faveur de la grève parce qu'ils appuient les priorités qu'ils ont définies à la table de négociation, notamment une rémunération pour toutes les heures de travail effectuées. WestJet devrait faire ce qu'il faut afin d'éviter des perturbations pour ses passagers. »
![[Composante WestJet du SCFP]](https://www.paxnews.com/storage/app/media/uploaded-files/748883489_1705219797383196_5783508865685273838_n_.jpg)
Salaires, rémunération et horaires
Le syndicat et la compagnie négocient notamment sur les salaires, la rémunération, les horaires, la conciliation travail-vie personnelle et d'autres conditions de travail. Le processus fédéral de conciliation s'est terminé le 11 juillet.
Les agents de bord de la ligne principale de WestJet sont sans convention collective depuis l'expiration de leur précédent contrat à la fin de 2025.
Au cours des derniers jours, le SCFP 8125 a intensifié la pression en organisant des piquets d'information à l'aéroport Toronto Pearson, puis aux aéroports de Calgary et de Winnipeg.
Les agents de bord de WestJet sont actuellement rémunérés selon un système d'heures créditées, un modèle largement utilisé par les transporteurs nord-américains. Celui-ci comprend notamment des garanties de rémunération mensuelle minimale, des dispositions sur les heures supplémentaires et d'autres protections prévues à la convention collective.
Le SCFP estime toutefois que ce modèle ne reflète plus la réalité du travail. Selon lui, les agents de bord reçoivent un seul taux de rémunération couvrant à la fois le temps passé en vol et le travail effectué au sol, plutôt qu'une rémunération distincte pour toutes les heures de service.
Le syndicat affirme que les agents de bord effectuent en moyenne 35 heures de travail non rémunérées par mois.
WestJet indique pour sa part que les agents de bord gagnent actuellement entre 28,45 $ et 53,61 $ par heure créditée, tandis que les chefs de cabine des appareils gros-porteurs touchent entre 37,54 $ et 69,69 $ par heure créditée.
Le syndicat affirme également avoir publié des calculs montrant que certains horaires de travail de mai et juin auraient produit une rémunération inférieure au salaire minimum fédéral de 18,15 $ l'heure.
WestJet rejette les accusations
Dans une entrevue accordée la semaine dernière à CTV News, le président-directeur général du groupe WestJet, Alexis von Hoensbroech, a qualifié d'« interprétation erronée » l'affirmation selon laquelle les agents de bord effectueraient environ 35 heures de travail non rémunérées chaque mois.
Selon lui, les membres du personnel de cabine sont rémunérés « pour chaque heure travaillée » et toute autre pratique serait illégale.
Il a expliqué que les agents de bord de WestJet sont rémunérés selon un système d'heures créditées depuis environ 25 ans, à la demande des employés, qui souhaitaient un modèle semblable à celui des pilotes.
Ce système prévoit notamment une hausse du taux horaire et des garanties de rémunération minimale afin d'assurer un revenu même durant les périodes où les heures de vol sont moins nombreuses.
Le dirigeant a également rejeté l'idée selon laquelle les agents de bord seraient rémunérés uniquement lorsque l'appareil est en mouvement.
« Ils sont rémunérés pour tout. Même s'ils ne volent pas une seule heure pendant un mois, ils reçoivent tout de même un salaire complet. Il y a donc un certain risque d'induire le public en erreur », a-t-il déclaré à CTV.
Dans un document publié sur son site Web, WestJet présente en détail son système d'heures créditées, qu'elle décrit comme le modèle de rémunération standard des agents de bord en Amérique du Nord.
Un contexte déjà tendu dans le secteur
Ce conflit de travail survient moins d'un an après que les quelque 10 000 agents de bord d'Air Canada, eux aussi représentés par le SCFP, eurent émis un préavis de grève qui avait amené le transporteur à commencer à suspendre progressivement ses vols.
Trois jours plus tard, Air Canada reprenait ses activités après une entente conclue sous médiation. Celle-ci prévoit notamment une rémunération des tâches effectuées au sol avant le départ à hauteur de 50 % du salaire horaire durant l'heure précédant le décollage, un taux qui atteindra 70 % à la quatrième année de la convention.
Par ailleurs, les agents de bord de WestJet Encore s'apprêtent eux aussi à négocier une nouvelle convention collective avant l'échéance de leur contrat actuel, prévue en juillet.
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