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Les agents de bord d’Air Canada rejettent l’entente à 99,1% – mais aucune grève en vue
Les agents de bord d’Air Canada ont rejeté massivement l’entente de principe qui avait mis fin à la grève le mois dernier.
Le vote de ratification, tenu par la composante d’Air Canada du SCFP, s’est conclu le samedi 6 septembre avec un taux de rejet de 99,1 %, selon une publication du syndicat sur Facebook.
Le SCFP indique que 94,6 % des membres ont voté. L’entente visait à rehausser la rémunération des agents de bord et à établir une structure salariale pour les périodes de travail au sol.
Aucune grève ni lock-out
Air Canada a confirmé par communiqué que les négociations se poursuivraient désormais en médiation pour résoudre les enjeux restants. Les deux parties se sont entendues pour qu’aucune grève ni lock-out n’ait lieu durant ce processus.
« Cette entente a été conclue sans concessions du syndicat. Elle comportait des améliorations au niveau des salaires, des régimes de retraite et des avantages sociaux, ainsi qu’une modernisation convenue de la rémunération pour le travail effectué au sol », a affirmé Air Canada.
L’entreprise a précisé qu’elle et le syndicat avaient anticipé la possibilité d’un rejet et qu’ils s’étaient entendus pour que la question salariale soit alors soumise à la médiation, puis à l’arbitrage si aucun accord n’est trouvé.
Air Canada a ajouté qu’elle était pleinement engagée dans le processus de médiation et d’arbitrage, remerciant ses clients pour leur patience et ses employés pour leur dévouement.
Le syndicat dénonce des salaires sous le salaire minimum
Dans une déclaration publiée après l’annonce des résultats, le SCFP affirme que, même avec les augmentations proposées, les agents de bord d’Air Canada gagneraient toujours moins que le salaire minimum fédéral de 17,75 $ de l’heure (soit 2840 $ par mois pour une semaine de 40 heures).
Le SCFP souligne qu’un agent de bord à temps plein chez Air Canada Rouge gagnerait 2219 $ par mois, tandis qu’un agent à la ligne principale toucherait 2522 $ par mois.
« Les travailleurs à temps plein d’une entreprise phare et transporteur national ne devraient pas gagner moins que le salaire minimum ni avoir besoin d’aides au revenu », déclare le syndicat.
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Les hausses salariales proposées
Selon le SCFP, Air Canada proposait une hausse de 12 % la première année pour les agents de Rouge et ceux de la ligne principale comptant cinq ans de service ou moins, et une hausse de 8 % pour ceux ayant six ans ou plus. L’entente prévoyait ensuite des augmentations annuelles de 3 %, 2,5 % et 2,75 % au cours des trois années suivantes.
Des reproches envers le gouvernement fédéral
Le SCFP accuse le gouvernement fédéral d’avoir nui au processus de négociation en favorisant l’employeur.
« Il est impossible d’ignorer le rôle néfaste joué par le gouvernement fédéral dans ces négociations, a déclaré le SCFP. Plutôt que de demeurer neutre, il a penché en faveur d’Air Canada, lui donnant le levier nécessaire pour maintenir les salaires à la baisse. »
Wesley Lesosky, président de la composante d’Air Canada du SCFP, soutient qu’Air Canada n’a jamais négocié de bonne foi sur les salaires.
« Le PDG Michael Rousseau a lui-même admis que l’entreprise comptait sur l’intervention du gouvernement fédéral pour nous retirer notre seul levier : le droit de grève », a-t-il déclaré, citant une entrevue accordée à BNN Bloomberg.
« La ministre de l’Emploi, Patty Hajdu, n’a attendu que 11 heures pour donner raison à l’entreprise », dénonçait-il.
Vers une reconnaissance du rôle sécuritaire
Le SCFP affirme que le véritable enjeu demeure la reconnaissance du rôle essentiel des agents de bord en matière de sécurité, et la rémunération équitable de ce travail.
« Les agents de bord d’Air Canada ont obtenu une rémunération partielle pour certaines tâches au sol dans cette ronde de négociation, ce qui constitue un progrès important vers la fin du travail non rémunéré. Ce n’est qu’un début », conclut le syndicat.