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Dimanche,  16 août 2026   0:56
Le syndicat des agents de bord exhorte le futur PDG d'Air Canada à «rétablir la confiance»
Des agents de bord d’Air Canada manifestent à l’aéroport Toronto Pearson le 17 août 2025 (à gauche); Anko van der Werff, futur président et chef de la direction d’Air Canada (à droite). [Pax Global Media / Air Canada]


Le syndicat représentant plus de 10 000 agents de bord d'Air Canada et d'Air Canada Rouge demande au futur président et chef de la direction de la compagnie de rebâtir la relation avec les employés de première ligne, estimant que les relations de travail sont devenues de plus en plus conflictuelles.

Dans une lettre ouverte adressée à Anko van der Werff, qui deviendra président, chef de la direction et membre du conseil d'administration d'Air Canada d'ici la fin de janvier 2027, la composante Air Canada du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) félicite le dirigeant pour sa nomination tout en l'invitant à ouvrir un nouveau chapitre axé sur la collaboration.

Actuellement président et chef de la direction de Scandinavian Airlines (SAS), Anko van der Werff succédera à Michael Rousseau, qui a annoncé son départ à la retraite après 19 ans chez Air Canada.

« Les transitions à la direction offrent une occasion de renouveau, et nous espérons que la vôtre marquera le début d'un nouveau chapitre dans la relation entre Air Canada/Air Canada Rouge et les agents de bord, chefs de cabine et responsables de bord qui représentent chaque jour le visage de cette compagnie aérienne », écrit le syndicat.


Des agents de bord d’Air Canada manifestent à l’aéroport Toronto Pearson, le 17 août 2025. [Pax Global Media : photo d’archives]


Un conflit toujours bien présent

La lettre, publiée mardi (21 juillet), survient près d'un an après l'un des conflits de travail les plus importants de l'histoire récente d'Air Canada.

En août dernier, plus de 10 000 agents de bord d'Air Canada et d'Air Canada Rouge avaient déclenché une grève afin d'obtenir de meilleurs salaires et une rémunération pour le travail effectué avant le décollage et après l'atterrissage.

Comme l'avait rapporté PAX, ce conflit avait forcé Air Canada à suspendre ses opérations sur son réseau principal et celui d'Air Canada Rouge pendant trois jours, entraînant l'annulation d'environ 700 vols par jour et perturbant les déplacements de milliers de voyageurs en pleine haute saison estivale.

Une entente de principe avait été conclue le 19 août 2025 sur la rémunération des tâches au sol et les augmentations salariales.

Les membres avaient toutefois rejeté la proposition salariale en septembre, entraînant le recours à un arbitrage exécutoire. Un arbitre avait finalement rendu sa décision au début de 2026, mettant officiellement fin au différend salarial.

La nouvelle lettre du syndicat laisse toutefois entendre que les tensions persistent.


Des relations qui se sont « détériorées »

Tout en saluant le professionnalisme de ses membres, le SCFP affirme que les relations de travail se sont considérablement détériorées au cours de la dernière année.

« Malheureusement, nous devons aussi être francs. La relation entre Air Canada et notre syndicat s'est fortement détériorée au cours de la dernière année. Les décisions touchant nos membres sont de plus en plus prises sans consultation véritable, même lorsqu'elles modifient des pratiques établies ou ont une incidence sur notre convention collective », peut-on lire dans la lettre.

Le syndicat affirme avoir dû déposer un nombre croissant de griefs de principe afin de préserver les droits négociés et les processus en place.

« Ce n'est pas un climat de relations de travail sain pour aucune des parties. »

Selon le SCFP, bon nombre de ces conflits pourraient être évités grâce à davantage de consultation et de collaboration.

« Les organisations solides reposent sur la confiance, la transparence et un dialogue respectueux. Les désaccords sont inévitables, mais ils devraient être réglés par une véritable consultation plutôt qu'après la mise en œuvre des décisions. »


Des agents de bord d’Air Canada sur une ligne de piquetage à l’aéroport Toronto Pearson, le 17 août 2025. [Pax Global Media : photo d’archives]


La question du personnel bilingue

Le syndicat cite notamment la récente décision d'Air Canada de réduire la présence de personnel de cabine bilingue sur certains vols long-courriers internationaux comme exemple d'un manque de consultation.

Selon lui, cette décision a été annoncée au syndicat en même temps qu'aux employés, sans discussion préalable malgré ses conséquences opérationnelles et les dispositions récemment négociées.

Des appareils d'Air Canada stationnés à l'aéroport de Vancouver. [Pax Global Media]

Le SCFP rappelle qu'il recommande depuis plusieurs années à Air Canada de faire du recrutement d'agents de bord maîtrisant plusieurs langues une priorité stratégique, tout en investissant davantage dans la formation linguistique de ses employés actuels.

Le syndicat estime que les défis actuels ne sont pas dus à une hausse soudaine de la demande, mais à un manque de planification à long terme.

« Nous croyons que cette situation peut être améliorée non pas par des mesures temporaires, mais grâce à une stratégie collaborative qui reconnaît les compétences linguistiques comme une force opérationnelle à long terme. »


Le travail non rémunéré demeure un enjeu

La lettre revient également sur l'un des principaux points du conflit de l'an dernier : le travail effectué en dehors des heures de vol rémunérées.

« Nos membres continuent d'effectuer une quantité importante de travail non rémunéré avant, pendant et après chaque vol. Ce problème de longue date demeure non résolu malgré des années de discussions. Les agents de bord sont des professionnels de la sécurité dont les responsabilités commencent bien avant la fermeture des portes de l'appareil, mais une grande partie de ce travail n'est toujours pas rémunérée. »

Le syndicat souligne aussi que plusieurs membres demeurent insatisfaits de la façon dont les négociations de 2025 se sont conclues.

Selon lui, l'intervention du gouvernement a mis fin prématurément aux discussions avant que les agents de bord puissent exercer pleinement leur droit à la négociation collective.


Un appel à repartir sur de nouvelles bases

Malgré la longue liste de préoccupations soulevées, le SCFP présente sa lettre comme une invitation à repartir sur de nouvelles bases avec la nouvelle direction.

« Nous croyons qu'il existe une occasion de rétablir la relation entre Air Canada et le syndicat. Notre objectif n'est pas le conflit pour le conflit, mais de contribuer au succès de la compagnie tout en veillant à ce que les employés qui rendent ce succès possible soient respectés, consultés et traités équitablement. »

Le syndicat estime que les agents de bord possèdent une expertise opérationnelle précieuse qui devrait être davantage prise en compte dans les décisions de l'entreprise.

La lettre se conclut par une invitation adressée au futur PDG.

« Une invitation à rétablir la confiance. Une invitation à établir une relation fondée sur la consultation plutôt que sur la confrontation. Une invitation à reconnaître que protéger les droits des employés et bâtir une Air Canada plus forte et plus compétitive sont deux objectifs complémentaires, et non opposés. »

Le SCFP indique enfin qu'il souhaite rencontrer prochainement Anko van der Werff et l'équipe de direction d'Air Canada afin de discuter des moyens de « tourner la page sur les défis du passé » et de construire une compagnie « plus forte pour ses employés, ses clients et le Canada ».

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