La nouvelle «Alliance» d’Air Transat et de Porter Airlines: ça changera quoi exactement, pour qui?


La nouvelle «Alliance» d’Air Transat et de Porter Airlines: ça changera quoi exactement, pour qui?

Air Transat et Porter Airlines ont annoncé mardi (le 28 novembre) un important renforcement de leur partenariat : la création d’une coentreprise (joint venture) qu’ils désignent sous le nom de l’« Alliance ».

Jusqu’ici, l’entente de Transat et Porter était basée sur le partage de codes. Avec la création de cette Alliance (qu’ils présentent comme « une évolution naturelle »), les partenaires entendent combiner leurs réseaux.

Ce faisant, Transat et Porter prévoient d’accélérer leur expansion; de transformer le paysage concurrentiel du secteur aérien au Canada; et de s’imposer en tant qu’« alternative robuste » aux deux acteurs dominants actuels du marché : Air Canada et WestJet.

Qu’est-ce que tout cela va changer exactement pour Transat, pour Porter, pour les consommateurs… et pour les conseillers en voyages ? PAX en a discuté avec Sebastian Ponce, vice-président Programme et Alliances, chez Transat.


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Sebastian Ponce, vice-président Programme et Alliances, chez Transat.


Depuis octobre 2022, Air Transat et Porter partageaient leurs codes. Ils créent maintenant une coentreprise combinant leurs réseaux. Quels sont les avantages d’une joint venture par rapport à une entente de partage de codes ?

Une joint venture [NDLR : une collaboration commerciale entre deux entreprises qui maintiennent leur indépendance juridique et économique] est un type de contrat très différent. C’est un engagement sur le long terme qui implique une collaboration plus approfondie que celle d’une simple entente de partage de code.

La joint venture nous permet donc de coordonner nos réseaux – qui sont extrêmement complémentaires. Elle nous permet aussi de nous coordonner au niveau tarifaire, dans l’optique de proposer les meilleurs prix. Un certain nombre d'autres éléments peuvent aussi être coordonnés…


Vous parlez d’une coentreprise « transformatrice ». En quoi l’Alliance transforme-t-elle le paysage concurrentiel du secteur aérien ?

En combinant nos réseaux, nous croyons que l’Alliance créera une troisième alternative – robuste – à l’avantage des voyageurs canadiens. Nous prévoyons de pouvoir leur offrir plus d’options, avec de meilleurs prix, des temps de connexion raccourcis, une expérience client améliorée...

L’Alliance permettra à Transat d'étendre son réseau transatlantique en exploitant et en pénétrant de nouveaux marchés domestiques et transfrontaliers desservis par Porter. Les vols de Porter viendront alimenter ceux de Transat, via les aéroports de Toronto Pearson et de Montréal-Trudeau.

La beauté de cette Alliance, c’est aussi qu’en mettant nos ressources ensemble, nous ne miserons pas que sur le marché canadien pour alimenter nos vols. Alors que de plus en plus d’acteurs se disputent le marché canadien, nous miserons également sur le marché américain : celui des connexions entre les États-Unis et l’Amérique latine, et celui des connexions entre les États-Unis et le Transatlantique – via nos hubs de Montréal et de Toronto.


L’Alliance aura-t-elle un effet sur les tarifs ?

En nous positionnant comme une seule entité, nous considérons que l’Alliance nous permettra d’être beaucoup plus compétitifs sur le marché – particulièrement le marché transatlantique.


Quels seront les avantages de l’Alliance pour les agents de voyages ?

Les agents de voyages apprécieront certainement l'amélioration de l'offre qui découlera de la combinaison de nos réseaux. Ça leur permettra de proposer à leurs clients plus d'options, avec de meilleurs prix.


L’Alliance des compagnies aériennes concerne-t-elle aussi leurs voyagistes, Vacances Transat et Vacances Porter ? Et y a-t-il quelque chose de prévu quant aux programmes de fidélité ?

Oui. À terme, il est prévu de collaborer sur le niveau voyagiste – en proposant par exemple des forfaits de Vacances Transat sur des vols de Porter.

En ce qui concerne les programmes de fidélité, l’entente prévoit effectivement que les clients de VIPorter pourront utiliser leurs points sur les vols de Transat. Et on pourra faire la réciproque le jour où Transat aura son programme de fidélité – ce qui fait partie de notre plan d’affaires au cours des années à venir.


Quelles sont les différentes étapes de la mise en oeuvre de l’Alliance ?

Grosso modo, il faut d’abord mettre en place un élargissement commercial permettant de proposer l’ensemble du réseau de Porter dans les canaux de distribution de Transat, et vice versa.

Il y a aussi une partie plus technique, back-end, pour ce qui est de la facturation associée à la joint venture. On parle également de la collaboration des différentes équipes. Éventuellement, on parle aussi de la collaboration des voyagistes et du programme de loyauté.

Nous prévoyons de déployer progressivement la joint venture en 2024. Toutefois, le calendrier ne dépend pas entièrement de nous, car une partie des collaborations demeure assujettie à l’approbation des instances réglementaires.


On se souvient que des instances s’étaient montrées réticentes vis-à-vis du projet d’acquisition de Transat par Air Canada. Êtes-vous confiants d’obtenir tous les feux verts dans le cas de la coentreprise entre Air Transat et Porter ?

Oui, nous sommes confiants. La création d’une joint venture, c’est très différent d’un projet d’acquisition. Les entreprises impliquées sont également différentes. Et il n’y a pas d’overlaps dans la joint venture Transat-Porter, contrairement au projet Air Canada-Transat.

De plus, ce n’est pas tous les mécanismes de la joint venture qui sont soumis à des approbations réglementaires. Par exemple, la coordination entre les deux transporteurs sur le marché américain doit être approuvée, oui. Mais ce n’est pas la partie la plus importante du projet ni celle où il y a le plus de synergie entre Air Transat et Porter. Quant à la coordination du trafic entre le Canada et l’Europe, beaucoup plus importante, elle peut commencer dès le premier jour.


L’Alliance entre  Air Transat et Porter pourrait-elle se développer encore plus, au-delà de la coentreprise ?

Pour l’instant, la joint venture, à nos yeux, c’est la bonne réponse.

C’est la bonne réponse compte tenu, justement, des forces très complémentaires de nos deux compagnies. Chacune peut continuer à se concentrer sur ce qu'elle sait faire de mieux – c'est-à-dire, pour Transat, sur le réseau international, et pour Porter, sur le marché domestique et moyen-courrier.

Et c’est la bonne réponse, aussi, quand on considère que les synergies qu’on veut aller chercher avec cette Alliance sont basées sur les revenus, et non pas sur les coûts.

Une joint venture permet d’obtenir tout ça… sans s’exposer à la complexité d’aller plus loin !


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