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La hausse du prix du carburant pousse les transporteurs à relever leurs tarifs
Les compagnies aériennes du monde entier préviennent qu’une hausse marquée du prix du carburant, alimentée par le conflit au Moyen-Orient, devrait leur coûter des centaines de millions de dollars – ce qui pourrait entraîner une augmentation des tarifs et une réduction de certaines liaisons.
Le chef de la direction de Delta Air Lines, Ed Bastian, a indiqué mardi 17 mars que les coûts de carburant ont à eux seuls ajouté 400 millions de dollars en mars. Il précise que les transporteurs commencent déjà à compenser ces dépenses par des hausses tarifaires.
American Airlines prévoit également des coûts supplémentaires de 400 millions de dollars liés au carburant pour le premier trimestre.
Un conflit qui perturbe l’aviation mondiale
Entré dans sa troisième semaine, le conflit perturbe le transport aérien mondial, entraînant annulations, retards et détournements de vols, alors qu’une grande partie de l’espace aérien du Moyen-Orient demeure fermée pour des raisons de sécurité.
Les prix du carburant sont devenus un point de pression majeur, avec des coûts qui ont doublé en Europe et augmenté de près de 80 % en Asie depuis les frappes de la fin février.
Le carburant représente généralement entre 20 % et 25 % des dépenses d’exploitation des compagnies aériennes, juste après les coûts de main-d’œuvre. Plusieurs transporteurs ne couvrent plus leurs achats de carburant, ce qui les rend plus vulnérables aux hausses soudaines.
Le Vietnam a averti les compagnies aériennes de se préparer à d’éventuelles réductions de vols dès avril, après l’arrêt des exportations de carburant aviation par la Chine et la Thaïlande, rapporte Reuters.
Des perturbations dans l’espace aérien
Les perturbations de l’espace aérien accentuent la pression. Les Émirats arabes unis ont brièvement fermé leur espace aérien plus tôt cette semaine en raison de menaces de missiles et de drones.
L’aéroport de Francfort a indiqué que 86 000 passagers ont été touchés par des annulations au cours des deux premières semaines du conflit, avec seulement environ un tiers des liaisons vers le Moyen-Orient toujours en service, selon Reuters.
Ces développements illustrent l’ampleur des répercussions du conflit, qui dépassent largement la région et constituent le défi le plus important pour le secteur aérien depuis la pandémie de COVID-19.
Hausse des tarifs et prudence des transporteurs
Delta affirme pouvoir s’adapter en ajustant sa capacité et en récupérant une partie des coûts du carburant, mais les compagnies demeurent prudentes quant à des hausses tarifaires trop rapides, en raison d’une demande incertaine.
Air France-KLM a déjà annoncé son intention d’augmenter les prix des billets long-courriers, et certains transporteurs ont introduit des suppléments carburant.
D’autres compagnies internationales, dont Air New Zealand, Qantas Airways et SAS, ont également relevé leurs tarifs sur certains marchés.
Une demande encore présente
Malgré la hausse des coûts, certains marchés continuent de bien performer.
American Airlines prévoit notamment une croissance des revenus de plus de 10 % au premier trimestre, supérieure aux attentes, même si ses pertes devraient rester dans la fourchette basse de ses prévisions initiales.
Des effets aussi au Canada
La situation touche également les transporteurs canadiens.
Un porte-parole d’Air Canada, Peter Fitzpatrick, a récemment déclaré à La Presse canadienne que « toutes les compagnies aériennes sont soumises à la volatilité actuelle », soulignant que les prix des réservations fluctuent constamment, en partie en réaction à ces conditions de marché.
La compagnie disposerait de contrats permettant de fixer le prix d’une « petite portion » de ses achats de carburant à court terme.
Air Transat indique avoir déjà commencé à appliquer des suppléments carburant plus élevés pour les vols vers l’Europe.
« Ce que nous faisons également, c’est augmenter actuellement les tarifs sur les périodes de pointe et sur les routes où nous constatons moins de concurrence », a indiqué la présidente et cheffe de la direction de Transat A.T., Annick Guérard, lors d’une conférence téléphonique avec des analystes plus tôt ce mois-ci.
Une pression appelée à durer
Les pays du Golfe produisent habituellement environ 20 millions de barils de pétrole et de produits raffinés par jour, mais environ les trois quarts de cette production sont actuellement hors service.
Même après la fin des hostilités, la production et l’approvisionnement ne devraient pas revenir immédiatement à la normale.
À l’échelle mondiale, le prix du carburant aviation a atteint près de 4,37 $ US le gallon la semaine dernière, contre environ 2,41 $ US le gallon le 27 février.
Cette volatilité reflète étroitement l’évolution des prix du pétrole brut, qui ont augmenté de plus de 40 % depuis le début des frappes contre l’Iran.
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