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Samedi,  17 janvier 2026   13:48
Entente incertaine chez Air Canada: les agents de bord pourraient rejeter l’offre
[Composante Air Canada du SCFP / Air Canada]

De nombreux agents de bord d’Air Canada se disent insatisfaits des hausses salariales prévues dans l’entente de principe qui a mis fin à une grève de près de quatre jours la semaine dernière.

Selon des sources bien au fait du dossier, plusieurs membres du syndicat pourraient rejeter l’entente.

Cinq agents de bord ont déclaré à l’agence Reuters qu’ils prévoyaient voter contre l’entente, déplorant notamment qu’elle ne garantisse pas un salaire décent aux recrues et qu’elle ne règle pas complètement les plaintes concernant le temps non rémunéré en attente de vols.

Le président de la composante Air Canada du SCFP, qui représente quelque 10 400 agents de bord d’Air Canada et d’Air Canada Rouge, reconnaît d’ailleurs que plusieurs membres sont déçus de l’entente.

Des frustrations similaires ont aussi été exprimées sur la page Facebook du syndicat, où des mises à jour régulières sont publiées.


Des voix critiques sur les réseaux

En fait, la majorité des commentaires laissés sur la page Facebook du SCFP sont critiques. Plusieurs agents de bord affirment qu’ils voteront « non ».

« Les gains sont difficiles à identifier », a ainsi écrit Camilo Gamez, en réaction à une publication syndicale sur le vote à venir. Il remet en question la déclaration du syndicat selon laquelle le travail non rémunéré aurait pris fin, soulignant que « de nombreuses tâches demeurent non payées ».

Ailish Callery a pour sa part affirmé que les hausses salariales chez Air Canada « ne sont pas adéquates au-delà de 8 % sur quatre ans ».


Retour à la table après la grève

La semaine dernière, les agents de bord ont résisté aux tentatives du gouvernement de stopper la grève, forçant Air Canada à revenir à la table de négociation. Cela a mené à une entente qui a mis fin à l’interruption de service, laissant quelque 500 000 passagers bloqués à destination.

L’annonce initiale de l’entente a suscité l’espoir que les équipages seraient enfin rémunérés pour certaines tâches au sol, comme l’embarquement, plutôt que seulement pour le temps passé en vol. Mais les détails rendus publics ont montré que ces améliorations étaient plus limitées que prévu.

Wesley Lesosky, président de la composante Air Canada du SCFP, a reconnu la frustration des membres, précisant que lorsque le gouvernement a menacé d’imposer un arbitrage exécutoire, le syndicat a dû trouver un équilibre entre la préservation des acquis et le droit des membres de se prononcer sur l’entente.

« Si l’entente est rejetée, la partie salariale sera tranchée en arbitrage, tandis que les autres éléments seront maintenus », a-t-il indiqué à Reuters.

Les membres auront du 27 août au 6 septembre pour voter. Le syndicat rappelle qu’en cas de rejet, une nouvelle grève ne serait pas possible légalement, mais les négociations se poursuivraient – un prolongement qui a déjà incité Air Canada à suspendre ses prévisions pour le troisième trimestre et pour l’année entière.


Les salaires sous la loupe

La quasi-totalité des éléments de l’entente provisoire ont reçu l’appui de l’équipe de négociation, à l’exception notable des hausses salariales proposées.

L’entente prévoit une augmentation salariale de 12 % en 2025 pour de nombreux agents de bord d’Air Canada et pour tous ceux d’Air Canada Rouge, suivie de hausses annuelles de 3 %, 2,5 % et 2,75 % jusqu’en 2028.

Toutefois, pour les agents de bord principaux de la ligne principale qui ont dépassé l’échelon 9 de l’échelle salariale, l’augmentation prévue en 2025 sera limitée à 8 %.

Les salaires plus élevés d’Air Transat pour ses agents de bord semblent être un facteur de comparaison. Lors d’un appel Zoom la semaine dernière, M. Lesosky a souligné qu’Air Canada devrait offrir à ses agents de bord un salaire « supérieur d’au moins quelques points » à celui de son concurrent basé à Montréal, selon le National Post.


Progrès sur le temps au sol non rémunéré

Le principal gain concerne la rémunération du « temps au sol », un enjeu clé dans les pourparlers entre le syndicat et la compagnie.

Dès maintenant, les membres d’équipage seront rémunérés à 50 % de leur taux horaire pour les 60 premières minutes de préparation avant vol sur les appareils monocouloirs, et pour 70 minutes sur les appareils gros porteurs. Ce taux grimpera progressivement à 70 % d’ici la fin de l’entente, en 2028.

Autre aspect important : les agents de bord ne feront l’objet d’aucune mesure disciplinaire pour leur participation à la grève, bien qu’elle ait été déclarée illégale par le Tribunal canadien des relations de travail.

« Si vous pensez avoir brandi une mauvaise pancarte, interrompu une conférence de presse ou posé un geste du genre, vous êtes protégés », a rassuré M. Lesosky la semaine dernière.



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