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Ebola: le Canada renforce les contrôles dans les aéroports
Les voyageurs entrant au Canada par les principaux postes frontaliers et aéroports seront désormais soumis à un dépistage comprenant des questions sur leurs récents déplacements et d’éventuels symptômes liés à Ebola, alors que l’éclosion continue de s’étendre dans plusieurs régions d’Afrique.
Lors d’un point de presse vendredi, l’administratrice en chef de la santé publique du Canada a qualifié la situation de « grave et évolutive », répondant aux préoccupations concernant l’éventuelle mise en place de restrictions de voyage pour les pays touchés par le virus.
« Il est important d’évaluer l’efficacité de mesures comme les interdictions de voyage », a déclaré la Dre Joss Reimer, interrogée sur une éventuelle interdiction d’entrée au Canada, selon CTV News.
« Nous devons examiner s’il existe des preuves que l’éclosion se propage au-delà des zones où elle est actuellement concentrée. »
La Dre Reimer a précisé que toute décision concernant des restrictions de voyage relèverait du cabinet fédéral, tandis que l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) jouerait un rôle consultatif.
En plus du renforcement des contrôles aux points d’entrée, les voyageurs revenant au Canada depuis les régions touchées sont invités à surveiller l’apparition de symptômes pendant au moins 21 jours.
Les tests seront réservés aux personnes présentant des symptômes, comme dans un récent cas en Ontario impliquant une personne revenue d’Éthiopie et présentant des symptômes pouvant être associés à différentes maladies.
Selon la Dre Reimer, cette personne a été testée « par mesure préventive » et les résultats se sont révélés négatifs.
Le risque mondial demeure faible, selon l’OMS
Vendredi, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a revu à la hausse son évaluation de l’éclosion actuelle d’Ebola en République démocratique du Congo, faisant passer le niveau de menace sanitaire de « élevé » à « très élevé ».
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué que le risque à l’échelle de l’Afrique demeurait « élevé », tout en précisant que le niveau de risque mondial était toujours considéré comme « faible ».
Il n’existe actuellement aucun vaccin approuvé contre la souche rare d’Ebola à l’origine de cette éclosion, dont le taux de mortalité est d’environ une personne infectée sur trois.
« L’un des défis au début de cette éclosion est qu’elle a été difficile à détecter et qu’elle circulait probablement depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois », soutient le Dr Rob Fowler, ancien consultant auprès de l’OMS.
Il a ajouté que cette souche particulière d’Ebola est plus difficile à détecter avec les équipements standards, ce qui signifie que l’ampleur réelle de l’éclosion en Afrique centrale pourrait ne pas être encore pleinement comprise.
Le Dr Fowler a toutefois affirmé que le risque pour les Canadiens demeurait faible.
« Franchement, il est très peu probable que cette maladie se propage dans le contexte canadien », a-t-il indiqué, rappelant qu’Ebola se transmet très différemment d’autres agents pathogènes comme la rougeole ou le SARS-CoV-2, responsable de la COVID-19.
« Il y a certainement une vigilance accrue envers ce virus et son potentiel de propagation par les voyages, mais les risques pour les régions situées à l’extérieur des zones endémiques demeurent très, très faibles. »
Suspension d’entrée de 30 jours aux États-Unis
Lundi dernier, les autorités américaines ont annoncé une suspension de 30 jours de l’entrée sur le territoire pour les non-citoyens ayant récemment visité la République démocratique du Congo, le Soudan du Sud ou l’Ouganda.
Cette politique a entraîné le déroutement vers Montréal d’un vol d’Air France à destination de Detroit après qu’un voyageur provenant de la République démocratique du Congo soit monté à bord par erreur.
À son arrivée à Montréal, le passager a été évalué par un agent de santé publique, ne présentait aucun symptôme et a été renvoyé vers son point de départ initial.